2015: Tout ce qui ne s’achète pas!

bonhomme neige 2

 

Chers entrepreneurs, contributeurs et lecteurs du blogue Le Feu sacré…

Que 2015 soit pour tous fertile en petites et grandes réussites qui contribueront à « booster » votre confiance en vous, susciteront le respect de vos acolytes, confirmeront votre créativité débordante et attiseront l’audace, l’énergie et la ténacité nécessaires à la poursuite de vos rêves les plus fous!

Laissez vos passions exploser et alimenter tous les jours ce feu sacré qui vous anime!

Et, le plus important, que cette année soit remplie de tout ce qui ne s’achète pas…

MERCI

J’en profite pour remercier chaleureusement tous ceux qui suivent le blogue Le feu sacré et qui partagent leurs commentaires et suggestions. Votre contribution est très précieuse et fait prendre tout son sens au blogue.

Merci aussi aux trois entrepreneurs Andry Lant Rakoto, Frédéric René et Isabelle Moïse qui se prêtent à l’exercice d’être suivis durant 1 an, par Le feu sacré, dans les aléas du démarrage de leur entreprise et qui nous font profiter de leurs expériences sous forme de témoignages sincères et constructifs. Les interviewer est un grand plaisir pour moi, renouvelé de surcroît chaque semaine.
Je suis persuadée que le partage de vos expériences touchent la réalité de beaucoup d’entrepreneurs d’ici et d’ailleurs. 

Merci également aux collaborateurs (Catherine Beauchemin, Maxime Jobin, Solange Côté) qui ont partagé tour à tour leur avis d’expert sur les thématiques en cours. L’invitation est d’ailleurs toujours valide pour ceux qui souhaiteraient se joindre à l’équipe de commentateurs.

Au plaisir de vous retrouver tous dès le 6 janvier prochain et …  BONNE ANNÉE 2015!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

P.S.: Je vous laisse avec 10 minutes de pur bonheur musical offert par un compositeur passionné: 

 

 

 

Le love money : mariage de l’amour et de l’argent ?

L’argent. Voici sans doute la substance la plus perfide, la plus complexe à laquelle nous ayons affaire au cours de notre vie.

Douglas Kennedy auteur de Combien?

Solange Côté

Solange Côté, ASC

Les proverbes et adages sur l’argent sont aussi nombreux que ceux sur l’amour. L’association de ces deux mots réunis dans l’expression love money a quelque chose d’anachronique. Il est à noter, qu’au sud de la frontière, on parle de seed money.

Il est notoire que l’amour et l’argent font rarement bon ménage et pis encore, en cas de divorce en amour ou en affaires, l’argent est l’objet de négociations tout aussi féroces que déstabilisantes.

La notion du love money fait-elle exception à la règle?

Bien que le love money soit tout à fait indiqué pour le démarrage d’une entreprise en raison du fait que le financement institutionnel est quasiment impossible à ce stade, force est de constater qu’il n’est pas toujours requis. Notons que les trois entrepreneurs suivis par l’éditrice de ce blogue n’ont pas eu recours au love money. Question de culture d’une part (Andry) et question d’autosuffisance pour les deux autres entrepreneurs (lire les témoignages d’Isabelle et de Frédéric). Cette situation est enviable du point de vue d’un coach d’affaires.

La relation entretenue avec l’argent puise ses origines à différentes sources : culture, éducation, formation et autres. À l’instar de l’ADN, cet héritage façonne le degré de facilité d’une personne à traiter d’argent. C’est donc dire que pour se lancer en affaires, il est indispensable d’acquérir cette liberté à parler d’argent. Ceci donne entre autres du pouvoir pour évaluer ses besoins en financement, ses capacités de remboursement, ses possibilités d’expansion et son indice de rentabilité. Au royaume des affaires, l’argent est une réalité.

Définissons ce qui peut faire consensus : Le love money c’est du financement – un emprunt obtenu de proches (famille et amis) pour la phase de démarrage d’une entreprise. Qui dit emprunt, dit remboursement assorti de conditions. Combien d’argent? Difficile de mettre un montant plafond. Toutefois il est important de préciser ici que plus le montant sera substantiel plus l’entente conclue devra être formalisée. Le simple billet de reconnaissance de dette ne saurait répondre à cette exigence.

Pour ne pas connaître l’enfer, il faut éviter de danser avec le diable!

Comment faire avec le love money? Vous avez besoin de combien? Honnêteté et authenticité sont des valeurs à cultiver. Inutile de se raconter des histoires sur les perspectives de succès du projet, il faut en tout temps être objectif. Les proches qui seront sollicités doivent croire en vous et en votre projet pour « allonger les billets ».

Surprise! Ils doivent également être prêts à perdre cet argent si l’aventure tourne mal. Ce n’est guère vendeur comme argument mais c’est d’un réalisme cruel. Il faut savoir que sur l’échelle des risques, le love money se situe quelque part entre la loterie et le capital de risques, à une nuance près que les montants diffèrent. Les dons ou cadeaux en argent, même s’ils sont donnés avec amour, ne se qualifient pas comme love money.

Revenons à la notion d’emprunt ou de prêt. Les sommes du love money doivent être traitées avec toute la rigueur de ce type de transaction financière. Elles doivent faire l’objet d’une entente entre les parties, entente qui devra spécifier le montant concerné, le taux d’intérêt (fortement recommandé) correspondant à celui du marché et l’échéance en fonction de la capacité de remboursement déjà sagement planifié. Réjouissez-vous, cette discipline pave la voie à du financement institutionnel d’importance lorsque le temps sera venu, tout en faisant la démonstration d’une saine gestion. Une sorte de couronnement…

Et si?… Dans le meilleur des mondes, l’entreprise aurait dû connaître le succès, le projet était porteur et les études le démontraient. Il y avait une demande et plus encore. La réalité est que moins de 50 % des entreprises survivent aux 3 premières années et moins de 20 % réussissent à monter sur le podium. Dans cette vision dantesque, voir ses rêves réduits à néant en plus d’entrainer ses proches à des pertes financières possiblement importantes exige une force de caractère peu commune et de la résilience. Avec l’argent peuvent s’envoler également les relations!

Quelle est la valeur d’une relation dans l’univers du love money?

Il y a toujours deux côtés à une médaille et le love money répond à cette règle: il comporte autant de risques que d’avantages. Voilà pourquoi, un choix éclairé s’impose.

Être entrepreneur c’est oser, c’est être visionnaire et c’est voir plus grand que soi…

Love money: ça dépend d’où et quand!

Le love money peut faire toute la différence en période de démarrage pour les entrepreneurs qui en profitent… ou non. Le rapport à l’argent qu’entretiennent les entrepreneurs, leur culture et leurs valeurs, le montant d’argent en jeu et la « souplesse financière des prêteurs » sont autant d’éléments qui influent sur la considération du love money comme source de financement pour une jeune pme. Les articles des deux dernières semaines allaient d’ailleurs en ce sens (voir Love money: non merci? et Love money: question de moyens et d’attentes!)

Question d’entourage et de valeurs familiales

Isabelle Moïse vient d’une famille où la culture entrepreneuriale est bien implantée. En commençant par son grand-père maternel qui a fondé une pme de services d’électriciens dès sa jeune vingtaine. Cette entreprise, qui a embauché, au plus fort des activités d’affaires, près de 75 employés, fut en activité durant près 40 ans. Oncles, tantes, père, mère ont tantôt soit repris la business du grand-père maternel, ou bien ont été consultants à leur compte, ou encore leaders d’opinion publique. Autant de modèles inspirants et toujours bien présents dans sa vie.

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Lorsqu’elle est partie à son compte il y a un an, Isabelle n’a pas eu besoin d’aide financière d’aucune façon. Les contrats ont rapidement été au rendez-vous, nombreux, grâce à son background et son réseau. Elle n’a pas eu besoin de se doter d’équipement particulier puisqu’elle détenait déjà ses outils de travail. Finalement, elle pouvait compter sur ses économies, si besoin était, comme coussin de sécurité.

Il faut dire aussi qu’en comparaison aux deux autres entrepreneurs suivis dans ce blogue (voir Andry Lant Rakoto (commerce au détail de produits fins d’origine malgache)), et Frédéric René (solution de commerce électronique)), ses frais fixes inhérents à ses activités professionnelles comme consultante en communications, marketing et événementiel sont extrêmement bas. Elle n’a pas d’inventaire à gérer, n’a pas eu à débourser des sommes faramineuses en recherche et développement de produits et n’a pas d’employés pour l’instant.

Cela dit, si, dans le cadre du financement d’un projet particulier ou pour l’expansion de son entreprise, elle avait besoin d’y avoir recours, elle n’hésiterait pas, en théorie, à envisager l’option du love money. Elle sait que cette démarche ne serait pas mal vue dans la famille et qu’elle trouverait fort possiblement des prêteurs, dans la mesure des moyens respectifs de ses proches.

Elle nuance illico: «Le love money comme prêt, par contre! Pas comme don. » Ainsi, elle signerait une reconnaissance de dette et se ferait un devoir d’honorer les délais de remboursement prévus.

Ça dépend quand!

Si l’idée d’emprunter du love money était pour elle tout à fait acceptable au démarrage ou dans la mise sur pied d’un nouveau projet, elle n’envisagerait absolument pas cette dernière tactique comme bouée de secours, en période de difficultés financières dans son entreprise.

« Je me sentirais mal d’exposer d’entrée de jeu mes proches à de gros risques (si mes difficultés étaient dues à l’économie ou aux aléas du marché, à titre d’exemple). Pire encore, de solliciter des sommes suite à des erreurs de gestion, de planification de ma part. » confie-t-elle.

Pour envisager le love money, il faudrait que le cadre d’investissement soit positif au départ, que le montant prêté par ce proche soit appelé à fructifier et que ce soit un contexte porteur d’avenir pour les deux parties. » précise-t-elle.

« Time money »

Au delà de l’argent sonnant par ailleurs, Isabelle reconnaît la quantité d’innombrables conseils d’affaires dont elle jouit de la part de ses proches, et qui ont une valeur inestimable pour elle. Plusieurs des membres de sa famille oeuvrent dans des secteurs connexes au sien. Comptables, experts en relations publiques, spécialistes marketing et tutti quanti sont autant d’expertises directement à la portée d’Isabelle grâce à la grande générosité en temps de ces derniers. Pratique, c’est le moins qu’on puisse dire. Et tout aussi valable qu’un chèque, sinon plus, à ses yeux!

Sondage-éclair: Votez vous aussi, si ce n’est déjà fait! C’est fascinant de voir comment l’opinion générale varie au gré des articles publiés dans notre dossier spécial de décembre sur le love moneyLes résultats seront dévoilés dans les prochains jours.

Quoi de neuf?

Tel qu’annoncé le mois dernier, Isabelle achève présentement la mise en place son site web et l’alignement de la promotion de ce dernier.

La période des Fêtes représente aussi une période intense de réseautage, où les activités corporatives et les partys de Noël se multiplient. Elle est donc très sollicitée, mais elle y prend toujours beaucoup de plaisir et apprécie renouer le contact avec tous et chacun.

L’heure en est également au bilan de la dernière année. La question des impôts est une préoccupation. Aura-t-elle droit aux déductions fiscales prévues, aura-t-elle tout bien calculé ou envisagé?

Nous reviendrons d’ailleurs dans ce blogue sur cette question budgétaire préoccupante pour tous les entrepreneurs.

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Une mentor et passionnée d’entrepreneuriat, Mme Solange Côté, se joint à l’équipe de commentateurs du blogue Le feu sacré.

Elle nous partagera son expérience en matière de love money et commentera les propos des dernières semaines.

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

Love money: question de moyens et d’attentes!

Cette semaine, j’ai abordé la question du love money avec Frédéric René, co-fondateur de Likisoft

Andry Lant Rakoto (Les produits fins Marclan) nous confiait la semaine dernière qu’elle a écarté jusqu’à présent l’option du love money pour des raisons culturelles, entre autres. Je me demandais si Frédéric était davantage en faveur du love money. Je m’interrogeais aussi à savoir si son frère partenaire et lui avaient « doublement » eu recours à de l’aide familiale, si le fait d’en être à sa deuxième entreprise avait eu un impact dans l’équation love + money et je me questionnais sur l’évolution de sa vision de l’argent, en général. Voici donc le compte-rendu.

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Love money, en tant que prêteur

Quand j’aborde de front la délicate question avec Frédéric, ce n’est pas comme bénéficiaire de love money qu’il se positionne spontanément, mais bien comme prêteur!

Avant Likisoft, et avant Les enchères bidou inc. (sa précédente compagnie fondée en 2010), son frère et partenaire Jean-François faisait cavalier seul dans sa première startup: Planète Zoom. La compagnie visait le développement d’un réseau social (clubloisirs.com), avant l’avènement de Facebook. « Durant cette période, j’avais un emploi « stable », des sous de côté et j’ai eu envie d’aider mon frère en lui prêtant plus ou moins 15 000$.  » raconte-t-il.

« À cause de son sérieux, son intelligence, sa lecture du marché et plus que tout, sa détermination, il ne faisait aucun doute pour moi que la somme allait être utilisée à bon escient, que la période de « vaches maigres » était circonstancielle, et que mon frère allait me rembourser, tôt ou tard », poursuit-il. « Il a une drive hors du commun, je suis très impressionné, encore aujourd’hui, par son côté visionnaire. Il a toujours eu toute ma confiance! » dit-il, visiblement très fier de son frère!

The rest is history, comme on dit!

Lorsque l’opportunité de monter Les enchères bidou inc. est survenue par la suite, Jean-François a décidé de se concentrer désormais à ce nouveau projet, et c’est à ce moment que Frédéric a plongé en affaires avec lui. Maintenant que bidou.ca a été vendu à profit, que son frère et lui sont plus partenaires que jamais et que l’aventure se poursuit avec bonheur au sein de Likisoft, le remboursement de cette « vieille dette » revêt une moins grande importance. « C’est finalement comme si je m’étais prêté à moi-même, sans le savoir au départ! » ironise-t-il.

Love money: question de provenance!

La provenance du love money et les capacités financières du prêteur ont aussi grandement à voir avec le fait de solliciter ou d’accepter le financement d’un proche. Frédéric et son frère Jean-François ont été confrontés à cette notion lorsque leur petit frère, Guillaume, a voulu jadis contribué lui aussi au financement de Likisoft.

« Après réflexion, on a refusé son implication! Même si Guillaume souhaitait s’impliquer financièrement, notre côté protecteur en tant que grands frères a pris le dessus. On avait confiance en nous et en ce qu’on était en train de monter, mais les indices de croissance étaient peut-être moins flagrants à l’époque. Malgré le fait que Guillaume avait de l’argent, on savait qu’il n’était pas « à l’aise » au point de pouvoir se permettre de perdre cet argent, le cas échéant. On a voulu minimiser les risques, et privilégier la relation avant tout. » explique Frédéric.

Il enchaîne: « Après tout, c’est connu, les questions d’argent ont, de tout temps, créé de la chicane dans les meilleures familles. Et j’pense qu’aujourd’hui, maintenant que la situation de Liki est stabilisée, l’option du love money ne s’appliquerait plus. Idem pour les parents: ils nous ont déjà tellement supportés en payant nos études, entre autres… J’pense que pour faciliter l’emprunt du love money et minimiser les impacts potentiels sur les relations entre les parties,  faut que les prêteurs soient en mesure d’assumer pleinement les risques rattachés en termes de délais de remboursement, entre autres. »

Notre rapport à l’argent, ça évolue !!

Comme beaucoup de Québécois, Frédéric René est issu de la classe moyenne et vient d’une famille tissée serrée où tout le monde a travaillé dur pour arriver où il est. De par son éducation et ses valeurs, il a toujours adopté un mode de vie simple. Très économe, il a constamment soupesé l’importance de chacun de ses achats et il a sécurisé ses avoirs au maximum. Il a investi dans l’immobilier, dans des REER… En d’autres mots, il a toujours été très prudent financièrement.

À l’occasion de la vente de leur précédente entreprise, Les enchères bidou inc., son frère et lui auraient très bien pu se mettre davantage d’argent de côté, renflouer leurs réserves, ou du moins en partie! Mais non: chaque dollar récolté par la vente fut réinvesti dans Liki. Et c’est à partir de ce moment que son rapport à l’argent a changé. Qu’il a commencé à considérer l’argent d’une manière beaucoup plus détachée, moins émotive.

« L’argent, c’est devenu à mes yeux comme le charbon de la locomotive! Un simple outil pour se rendre où Liki est supposé se rendre! » confie-t-il. « Liki présente tellement de potentiel, que les « risques » en valent la peine. »

Et les risques sont partagés avec son frère Jean-François. Le fait d’être deux change aussi la dynamique et aide à mettre les choses en perspective…

Sondage love money

Et vous, qu’en pensez-vous? On continue de prendre vos votes sur le sondage-éclair en cours depuis le 2 décembre. C’est intéressant de voir comment l’opinion des lecteurs se module au gré des articles … Votez vous aussi !

La semaine prochaine: 

Isabelle Moïse, de iMoïse Conseils, nous sensibilise à sa vision du love money.

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

LOVE MONEY: non merci ?

Financer ses activités grâce à des dons ou des prêts de la part de ses proches est souvent une solution envisagée par les entrepreneurs en démarrage. Et, Noël est parfois l’occasion, le prétexte utilisé par la famille, pour signer des chèques à l’attention de ces derniers. Ainsi donc, pour le mois de décembre, le thème du LOVE MONEY me semblait tout indiqué!

Le love money n’est pas sans risque, et ne fait certainement pas l’unanimité. Des familles entières se sont déchirées depuis la nuit des temps pour des questions d’argent. Il faudra continuer de faire face à ses proches, en cas de faillite. Une malaise s’installera peut-être si nos prêteurs sont en difficulté financière et qu’il veulent ravoir leur argent. La notion de risque et de rendement entre également en ligne de compte si ces derniers s’attendent à faire fructifier l’argent du prêt et que ça ne se concrétise pas autant que souhaité. Les rapports seront altérés, nécessairement.

J’ai abordé la délicate question cette semaine avec Andry Lant Rakoto, présidente des Produits fins Marclan.

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Love money: question de culture!

Andry Lant Rakoto est d’origine malgache.

Pour elle, le love money a toujours été exclu, jusqu’à preuve du contraire, des options envisageables pour financer son entreprise. Ce serait culturellement inacceptable et honteux pour elle de demander une aide financière à son entourage.

Parmi ses amis homologues entrepreneurs, ici ou à Madagascar, personne n’a bénéficié de ce type d’aide, du moins, à sa connaissance (…).

En général, à Madagascar, la sagesse populaire tend à protéger les relations, et positionne l’argent comme étant secondaire. L’argent est une notion souvent taboue, car elle insinue un peu l’idée de quémander. Comme on dit à Madagascar: « Aleo very tsikalakalan-karena toy lzay very tsikalakalam-pihavanana. » Autrement dit, vaut mieux que ce soit la bourse qui souffre un peu, plutôt que les amitiés.

Andry l’admet, il lui aurait été beaucoup plus facile de développer sa compagnie Marclan si elle avait pu profiter d’un peu d’aide monétaire de ses proches. Elle se serait concentrée en priorité sur des aspects différents, aurait eu une plus grande tranquillité d’esprit quant à sa marge de manoeuvre, sa marge d’erreur. Les routes empruntées pour atteindre ses objectifs auraient été plus rapides aussi.

Au Québec depuis 4 ans, elle perçoit aujourd’hui que la culture du love money est plus acceptée ici, et cela la porte à réfléchir. Le sentiment de confiance entre les parties impliquées demeurera, pour elle, toujours au coeur du succès d’une relation impliquant de l’argent. Dans cette optique, elle envisagerait de changer son fusil d’épaule dans des circonstances particulièrement favorables, par exemple si via son réseau grandissant elle rencontrait quelqu’un avec qui cette confiance serait mutuelle et sincère.

Une décision de famille

Andry est mariée et a 2 jeunes enfants (5 et 9 ans).

Heureusement, elle peut compter sur l’aide de son conjoint, généreux en temps, en conseils et en support moral. Il s’y connaît en long et en large sur les normes d’empaquetage et de salubrité des installations dans le secteur alimentaire. Pratique!

« Partir en affaire a été, depuis le début, une décision familiale. Tous les membres de la famille endossent le fait que des certains efforts et sacrifices sont requis durant la période de démarrage de l’entreprise », mentionne Andry.

Les défis occasionnés par les faibles ressources financières se répercutent nécessairement sur la vie familiale. Le pacte conclu avec ses proches l’a fait se sentir appuyée. Elle est extrêmement reconnaissante de la compréhension dont ils font preuve au quotidien. Par ailleurs, la pression de la réussite, par rapport à elle-même, et par rapport à eux, est omniprésente dans son discours.

Le crowdfunding: quand le love money n’est pas une option…

Pour le financement de son entreprise, c’est plutôt vers le financement participatif (crowdfunding) qu’elle envisage plutôt de se tourner à l’occasion d’une 2e ronde de financement. Comme ses produits sont authentiques et orignaux, éthiques et éco-responsables. elle pense avoir en mains tous les éléments pour mettre sur pied une stratégie porteuse dans les canaux de « crowdfunding ». Sur ces plateformes très populaires, tout le monde (au sens propre et figuré) peut contribuer au financement d’une start-up. Ils le font en échange de cadeaux incitatifs, offerts par l’entrepreneur au prorata de leur contribution.

Andry sondera donc plus en profondeur cette option en début de l’année 2015, et nous y reviendrons dans le cadre de ce blogue!

Quoi de neuf ?

C’est le « Q4 », et les occasions de ventes des produits d’épiceries fines sont nombreuses. Les produits s’offrent bien en cadeaux à Noël, et les gens se permettent des petits luxes lors de leurs réceptions. Andry met les bouchées doubles pour rendre les produits plus accessibles que jamais.

Aussi, à l’occasion du développement de son nouveau site web tel qu’abordé dans le précédant article, c’est la stratégie de marque et par ricochet de contenu, qui sera ré-étudiée dans les prochaines semaines. Nous y reviendrons également!

D’ici là, et comme c’est maintenant la tradition, un petit sondage! Merci pour votre participation!

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Le love money du point de vue du prêteur, entre autres! Un témoignage fascinant de Frédéric René (Likisoft).

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

Pour Réussir Son Site Web et Éviter Les Faux Pas

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Maxime Jobin

L’analyse des besoins à court et moyen terme est primordial pour s’assurer d’éviter les faux pas lors de la création d’un site web.  En se questionnant adéquatement au départ sur la direction souhaitée, il sera plus facile de faire des choix éclairés sur les solutions qui pourront répondre aux besoins présents et futurs et éviter de devoir recommencer à zéro.

Le succès d’un site web est déterminé en fonction de l’atteinte des objectifs d’affaires auxquels il doit répondre.  Il est donc important de les définir et de créer un site web qui adresse ces objectifs.

La création d’un site web n’est pas un « one shot deal ». Fini le temps où on créait notre site web sans devoir y retoucher pendant un an ou deux.  De nos jours, un site web n’est jamais réellement complet et il y a toujours des éléments à ajouter ou modifier.  Il est donc important de prévoir un budget pour l’évolution ainsi que du temps à y consacrer.  Le tout s’applique à tous les sites, peu importe si vous avez investi 1000$, 10 000$ ou 100 000$.

Il faut également établir un budget web proportionnel à nos attentes.  Si le site web est le seul moyen qui permettra de réaliser des ventes et que, selon vos prévisions financières, vous anticipez de vendre pour 80 000$ de ventes par année, il n’est pas logique d’avoir un budget de 1 000$ pour y parvenir.  Votre investissement doit être à la hauteur de vos ambitions.

Avec un budget restreint, minimisez le développement personnalisé.  Allez-y pour une solution qui répond à vos objectifs d’affaires et non à vos exigences en termes de design.  Assurez-vous d’utiliser un système de gestion de contenu, comme WordPress par exemple, qui vous permettra de modifier vous-même votre contenu.  Considérez l’utilisation d’un modèle de site déjà construit que vous pourrez légèrement adapter.

Le réflexe d’Andry (tel qu’abordé dans l’article Les défis du web à (très, très) bas prix) ou celui d’Isabelle (voir Quand les réseaux sociaux ne suffisent plus) de considérer une solution toute faite est une excellente idée dans leurs cas.  Il est important de s’assurer que la plateforme choisie leur permette d’évoluer selon leurs objectifs futurs.  Certaines plateformes, telles que Wix à titre d’exemple, ne permettent même pas d’avoir accès au code.  Il est donc important de faire les validations AVANT de prendre une décision.  Une décision hâtive peut devenir catastrophique au point de devoir tout recommencer.

Je recommande également de consulter mon rapport gratuit nommé Web 15 en 15 qui identifie les 15 éléments à considérer avant de créer son site web.  Il s’agit d’un bon départ avant de consulter un professionnel.

En résumé, l’identification des besoins des entrepreneurs sera la clé de leur succès à court et moyen terme.   Cela permettra de prioriser ce qui doit être fait en fonction des objectifs d’affaires et de valider si le budget est réaliste.  Autrement, ils risquent d’être déçus par leur site web.

Les défis du web à bas prix: quand les réseaux sociaux ne suffisent plus

Un an sans site web !

Depuis qu’elle s’est lancée en affaires, Isabelle Moïse, consultante à son compte en marketing et événementiel a beaucoup tablé sur sa présence dans les médias sociaux pour maintenir le contact avec son réseau et mousser sa notoriété auprès de clients potentiels. Compte Twitter, compte Facebook, compte LinkedIn, (…), elle dénombre plus de 1000 abonnés qui la suivent quotidiennement et partagent avec elle ses réflexions diverses. Disciplinée, elle s’active tous les jours sans exception et partage toutes sortes de nouvelles adaptées selon les canaux. 

Elle aura ainsi tenu plus d’un an sans site web. L’heure du site a maintenant sonné. Ce n’était qu’une question de temps!

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Avec la multiplication de ses contrats et les réalisations à son actif, elle souhaite aujourd’hui se doter d’un site web pour maximiser sa vitrine en ligne, avoir plus d’espace pour décrire ses services, présenter des photos ou vidéos d’événements coordonnés en exemple, mettre ses clients satisfaits de l’avant, ce que les réseaux sociaux ne lui permettent pas toujours de faire dans la forme qu’elle souhaiterait actuellement. Bien sûr, son site lui permettra de rejoindre un plus grand marché. Puis, le blogue qu’elle se promet d’y intégrer lui permettra d’engager (une fois de plus) la conversation avec ses visiteurs.

Cela dit, le constat est indéniable: si l’importance d’un site web en affaires demeure incontestable, l’urgence de sa mise en ligne reste, pour sa part, encore bien relative, selon le contexte. Même en 2014… ou surtout en 2014?  Vos commentaires sont bienvenus !

Comme Andry Lant Rakoto, elle compte utiliser un gabarit pour minimiser les coûts de développement et accélérer la mise en ligne. Une panoplie de fournisseurs mondialement reconnus tels que WordPress, Wix, Weebly seront certainement évalués par Isabelle. Il lui sera crucial de bien définir ses besoins à court, moyen et long terme, pour choisir adéquatement son outil d’édition. Visera-t-elle à moyen terme un marché international l’obligeant à multiplier les versions linguistiques de son contenu en ligne? Voudra-t-elle intégrer à son site un extranet pour faciliter les communications avec ses clients? Ce ne sont que quelques exemples de questions qu’elle devra se poser chemin faisant… La définition de ses services est déjà amorcée depuis plusieurs mois.

Une pierre, deux coups

Isabelle vise concrètement la mi-décembre pour mettre en ligne son site. Ce délai de quelques semaines semble bien réaliste a priori. Stratégique, elle jouxtera l’annonce de la sortie de son nouveau site à ses voeux des Fêtes. Idem pour les résolutions de la Nouvelle Année. Elle profitera de ses différentes tribunes dans les réseaux pour mousser le trafic également.

Isabelle envisage quelques avenues publicitaires telles que Facebook pour la promotion de son futur site. Elle réfléchit aussi à une éventuelle campagne de mots clés. Elle aura un budget limité à consacrer à la promotion du site à venir.  Sa présence importante sur les réseaux sociaux lui servira certainement, encore une fois, de levier efficace. Et, pour ce qui en est du référencement organique, elle pourra compter sur l’intégration d’articles de blogue dans son propre site pour supporter sa stratégie de contenu et maximiser son SEO.

Voici à ce propos un petit sondage éclair qui aiguillera certainement Isabelle Moïse pour l’alignement de sa promo à venir. Merci pour votre participation!

Quoi de neuf ?

Ces jours-ci, Isabelle commence une collaboration plus intensive comme consultante en communications et marketing pour un gros client, à raison de 2 jours par semaine. Ce nouveau mandat lui permettra de mettre à profit son expertise comme stratège, une force qu’elle souhaite depuis toujours mettre davantage de l’avant dans la définition de ses services. Aussi, ce contrat lui permettra de retrouver cet esprit d’équipe qui lui a toujours été si cher et qu’elle avait un peu perdu dans la dernière année, en tant que travailleur autonome.

Par ailleurs, ce contrat à durée indéterminée contribue à nourrir sa réflexion sur l’équipe, et l’embauche de coordonnateurs éventuels, étant donné qu’il la mobilisera de façon importante en dehors du bureau d’iMoïse Conseil. De beaux problèmes…

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Maxime Jobin, stratège web, nous suggère des trucs pour un site web gagnant!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

Les défis du web à bas prix: la guerre des mots clés menée contre les géants du e-commerce

Frédéric René (Likisoft) est un habitué du web. Il connaît les rouages, les tactiques, les meilleures pratiques à adopter. Il est accompagné au quotidien d’une équipe ferrée de designers, intégrateurs, développeurs avec qui il assure une veille. Son produit est numérique, et il a déjà un super site web, c’est forcé!

Son défi à lui: se démarquer dans les moteurs de recherche, sortir du lot dans la marre des résultats, afin d’attirer un trafic de qualité et maximiser les chances de retombées directes.

Son budget de promotion en ligne est nettement plus élevé que celui des 2 autres entrepreneurs suivis dans ce blogue. Il demeure malgré tout bien mince en comparaison avec celui de ses compétiteurs (Shopify, Etsy, WPress et tutti quanti) ayant déjà des millions d’utilisateurs, et jouissant d’une notoriété internationale dans le même secteur d’activités (le e-commerce).

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Une joute de tous les instants avec Google 

Taper, juste pour voir, les mots « commerce » et « électronique » dans votre moteur de recherche. Pour arriver en tête de liste suite à la recherche de ces 2 mots conjugués, les compagnies peuvent dépenser plus de 10$ (par recherche d’internaute) dans les « enchères d’Adwords » . Vous l’aurez compris, se positionner sur la toile dans ce secteur n’est pas chose simple! On doit redoubler d’ingéniosité, mais surtout de rigueur à l’occasion de campagnes de mots clés. Pas question de s’asseoir sur son « steak » après avoir dressé une liste d’expressions pour Google Adwords et laisser aller la campagne.

Tous les jours, Frédéric et son équipe s’assurent que les mots ciblés au début de l’idéation de leur campagne rapportent concrètement des précieux clics, ne coûtent pas trop cher par rapport à leur efficacité (donc qu’ils entraînent des achats), et permettent réellement de se hisser dans le haut des résultats de recherche. Son petit budget (50$ par jour) demande une supervision accrue, car les dollars quotidiens pourraient s’épuiser beaucoup trop vite si on laissait des mots onéreux mener le bal.

Pour faire durer une campagne de mots clés, il faut régulièrement jouer de contorsions, faire des tests A-B, comprendre comment les clients visés effectuent leurs recherches, quels secteurs de produits sont peu représentés pour profiter du champ lexical laissé pour compte par les compétiteurs. Bref, un exercice exigeant de temps souvent minimisé par les agences, selon lui.

Frédéric se paye présentement une campagne exploratoire. A 50$ par jour, il compte donc tenir 3 mois, pour en bout de ligne vraiment savoir quels mots lui auront été les plus profitables. Ensuite, fort de sa meilleure compréhension sur les mécanismes de recherche de ses visiteurs, il établira une campagne plus élargie. Frédéric devra donc mesurer les retombées de chacun des 4500$ investis stratégiquement dans l’opération.

Un blogue: tabler sur les acquis

En plus de sa campagne de mots clés, Liki maximise son référencement organique grâce à la tenue d’un blogue spécialisé en e-commerce. Depuis le début, cette tribune permet à son frère et lui de se positionner comme experts en e-commerce, ainsi qu’en tant que leaders d’opinion. Leurs articles servent à vulgariser certains concepts en lien avec l’industrie et donnent beaucoup de crédibilité à Liki auprès de la presse, des pairs et des clients. Leur blogue faisait carrément partie de la stratégie communicationnelle au départ, et le ton adopté cadrait avec leur image de marque. Typiquement, les textes étaient publiés sur une base hebdomadaire. Le contenu généré au cours de la première année (plus de 52 articles) est donc substantiel. En pleine crise de croissance, le rythme de publication s’est ralenti, priorités obligent. Ses collègues et lui ajoutent toujours des nouveaux articles le plus souvent possible, mais quand le temps manque, ils mettent à jour des articles d’archives, leur ajoutent des nuances, des statistiques et bonifient le contenu. Les sujets abordés dans le blogue sont appelés à s’inspirer des questions les plus fréquemment posées par les clients.

À la vitesse grand V depuis 1 mois

Pas de répit pour Frédéric ces temps-ci, puisque les efforts soutenus des derniers mois portent enfin fruits. Beau problème, il s’en réjouit!

Les vendeurs sont plus « rodés », et performent bien en étant payés à la commission. Deux vendeurs additionnels viennent de se joindre à l’équipe. Les ventes augmentent de façon exponentielle. De nouvelles stratégies tarifaires sont explorées et seraient bientôt profitables pour des membres de certains regroupements.

Un acteur majeur vient de s’enquérir officiellement de sa solution en marque blanche. Plus de 60 000 clients de ce revendeur seront donc sujets à utiliser leur plateforme de commerce en ligne simplifiée. La structure technique de la solution devra irrémédiablement être à la hauteur. La marge de manoeuvre est de zéro. Si tout se passe bien, ce partenariat en attirera assurément d’autres.

Des récents contacts ont été établis en Amérique du Sud, et certains marchés émergents présentent un potentiel inouï pour Likisoft. Dans cette optique, les questions fiscales, financières et légales devront faire l’objet d’un coaching d’affaires le plus rapidement possible. Du mentorat entourant la négociation tactique sera également requis. Boursiers de la Fondation Montréal inc., les frères René pourront donc compter sur un réseau impressionnant d’experts en ce sens.

En terminant, un petit sondage éclair:

À surveiller la semaine prochaine:

Les défis du web à bas prix: Isabelle Moïse nous parle de son plan de match en ligne!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

 

 

Les défis du web à (très, très) bas prix

En 2014, la nécessité pour une entreprise en démarrage d’avoir un site web n’est pas à débattre. Les entrepreneurs suivis dans ce blogue sont tous présentement en train de travailler sur une nouvelle campagne ou une nouvelle approche en ligne. Leur niveau de familiarité avec les différentes étapes de développement d’un site ou d’une tactique promotionnelle web est très différent l’un de l’autre. Un point commun par contre: un budget infinimum, comme dirait Richard DesjardinsLe thème des défis du web à bas prix au cours du mois de novembre s’imposait de lui-même en terme de timing. Ainsi soit-il!

Nom: Andry Lant Rakoto
Niveau de confort avec le web: 3 sur 10
Budget: 1 sur 10
Démarche initiale : engager un développeur à son compte
Site: http://www.marclan.ca
Catégorie: vente en ligne de produits fins d’origine malgache

 

 

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Comme un million de gens…

Comme des millions d’autres, Andry Lant Rakoto n’est pas très familière avec les différentes étapes, les bonnes pratiques web, et peine à évaluer la pertinence des offres de services qu’on lui fait. Elle lit, se renseigne, mais clairement, ce n’est pas sa tasse de thé, elle s’en confesse. Mais elle vise comme tout le monde un site efficace, arrimé à l’image de sa gamme de produits. Elle aspire à un design axé sur ses objectifs de conversion. Elle est bien consciente que son site n’est pas parfait.

Occupée à d’autres dossiers cruciaux, elle a d’abord engagé un développeur indépendant qui lui promettait de lui programmer un beau site internet pour pas cher. C’est lui qui a réalisé toutes les étapes de développement, d’intégration et de tests. Il a géré la mise en ligne. Elle lui a fait confiance et s’est laissée guider.

Elle n’a malheureusement pas assez réservé de budget pour la maintenance du site (la mesure des résultats, la mise à jour du site, et l’évolution de l’architecture et du design en fonction de l’évolution de ses gammes de produits). La promotion du site via des campagnes de mots clés et l’optimisation de contenu en fonction des moteurs de recherche sont, toujours pour des questions d’argent, restées inadéquates.

Après désormais 8 mois en ligne, elle est déçue du site qui lui apparaît peu ergonomique, peu axé sur la vente en ligne et peu performant. Elle n’est pas capable de le mettre à jour à sa guise pour ajouter de nouvelles gammes de produits à la liste. Elle comprend mal son outil de gestion de contenu et n’est pas maître du « code source » programmé par le développeur.

Certes, le site répond à son besoin d’être présente sur le Web, lui sert bien de carte d’affaires au quotidien, et a permis à quelques milliers de visiteurs de découvrir ses produits. Mais les transactions en ligne doivent augmenter en priorité. C’est son objectif de conversion no 1. Elle ne croit pas qu’elle y parviendra avec le site actuel.

Pourtant, elle a toujours su, particulièrement dans le secteur du commerce au détail, que l’image et le design d’un site sont cruciaux. Mais la distribution des dollars pour l’ensemble de l’oeuvre a été mal répartie: trop d’argent investi sur le site comme tel, et pas assez sur les éléments qui font qu’on le consulte, qu’on le réfère, qu’on y accède, qu’on l’utilise, qu’on le partage et qu’on y revient. Comme si l’on avait construit un palais dans le désert, mais sans route pour s’y rendre.

Un diagnostique révélateur

Telle qu’elle nous en parlait il y a un mois, Andry a fait analyser le site et le référencement organique qui lui génère présentement du trafic afin de connaître l’état des lieux. Verdict, sans surprise:

  • ajustement des textes nécessaire pour améliorer la performance de mots-clés et leur référencement organique
  • changement de plate-forme d’édition pour avoir la souplesse d’ajuster l’architecture du site en fonction de l’évolution de ses gammes de produits, selon les marchés visés
  • modification des fonctionnalités et du design pour maximiser les ventes.

Par contre, le budget n’a pas changé: environ 1000$ seront disponibles pour l’année à venir. 

C’est là qu’on est rendu! Maintenant, il s’agit d’appliquer les recommandations précédentes.

Déterminée, elle envisage d’utiliser un gabarit pour faciliter l’édition, minimiser les coûts d’intégration et de développement. Elle gardera la majeure partie de son budget pour la promotion du futur site. Des firmes soumissionneront pour la mise en oeuvre des étapes subséquentes.

Qu’en pensez-vous?

 

Sinon quoi d’autres?

Bonne nouvelle: la sortie des produits de breuvages exotiques s’est déroulée comme prévu! Thé, chocolat chaud de luxe et café sont désormais offerts en ligne pour les amateurs. Des petites douceurs pour soi ou pour offrir en cadeau, c’est toujours apprécié!

Au Québec depuis seulement 4 ans, Andry est en train de bâtir son réseau de contacts, entre autres avec ses pairs entrepreneurs. Elle multiplie ses activités de réseautage. Elle tiendra d’ailleurs un kiosque au Salon des Jeunes Entrepreneurs Immigrants ce samedi 8 novembre au marché Bonsecours.  Venez la rencontrer!

Par ailleurs, Andry est actuellement à la recherche d’un mentor, car elle a besoin de parler de son entreprise, mais également de briser l’isolement. Elle cherche donc un mentor qui saura non seulement l’aiguiller dans l’orientation stratégique de Marclan, la challenger sur ses décisions, se faire l’avocat du diable et lui donner l’heure juste, mais aussi l’aider à mettre en perspective ses doutes, ses états d’esprits comme entrepreneure.

Aussi, elle mènera des recherches en ce qui a trait au support à l’exportation dans les prochaines semaines. À suivre!

A surveiller, sur le même thème, mardi prochain:

David se mesure à Goliath: le témoignage d’un habitué du web, Frédéric René de Likisoft!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

 

 

 

L’art de pivoter: de Peter Thiel à Miles Davis!

Nous en sommes désormais à l’heure de la rétrospective de la thématique du mois d’octobre, l’art de pivoter, abordée avec Andry Lant Rakoto (Marclan), Frédéric René (Likisoft), et Isabelle Moïse (iMoïse Conseil).

On l’a vu dans les dernières semaines, nos trois entrepreneurs enflammés pratiquent l’art de pivoter, à différents degrés. Ils le font pour des raisons diverses, de la survie budgétaire au feedback des clients sur leurs produits, de la nécessité d’ajuster leur stratégie communicationnelle au changement de leurs aspirations de départ.

La philosophie lean a fait couler beaucoup  d’encre depuis qu’Eric Ries a développé l’idée en 2008. Les entreprises de tous horizons ont départagé, depuis le temps, ce qu’elles pouvaient retirer de positif ou non de cette méthodologie, selon leurs secteurs d’activités, et selon leurs tailles. Elles se sont approprié le concept à leur manière.

Les principes de Peter 

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CRÉDITS PHOTOS: Forbes

Je viens de lire un livre d’exception, Zero to one, de Peter Thiel. Pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur, c’est un investisseur des débuts de Facebook. Il est aussi co-fondateur de Palantir Technologies, co-fondateur de PayPal et investisseur en série dans de nombreuses compagnies telles qu’Airb&b et  LinkedIn. Sa fortune est estimée à plus de 2.2 milliards de dollars. En matière de risque et de management, on peut sans hésitation lui accorder une certaine crédibilité ; )

Zero to one ne parle pas que de la philosophie lean, mais en fait mention à plusieurs reprises.

Selon Thiel, 4 grandes leçons ont été retenues par l’industrie suite à l’explosion de la bulle techno au début des années 2000, et ces apprentissages sont devenus un genre de dogme dans le monde de « la startup ». Ces principes, les voici (traduits du livre):

1-Faire des petits pas: c’est la seule façon d’avancer avec assurance (quand on prétend changer le monde, c’est toujours suspect, et ça manque d’humilité!)

2-Toutes les compagnies devraient rester « lean », soit flexibles, et travailler en itération. Voir l’entrepreneuriat comme une expérience agnostique, évolutive, jamais coulée dans « le béton ».

3- Au début surtout, imiter « en mieux » la compétition, en n’essayant pas de créer un nouveau marché prématurément.

4- Focaliser sur les produits, pas les ventes.

Cependant, Thiel prévient que les principes opposés à ceux-ci ont, jusqu’ici, tout aussi bien tenu la route, et sont probablement même plus adaptés à l’entreprise en démarrage aujourd’hui. Je pourrais les traduire par:

1- Quitte à prendre des risques, faites-le pour la peine, pas pour des pacotilles.

2- Un mauvais plan, c’est toujours mieux qu’aucun plan!

3- Les marchés compétitifs minimisent les marges de profits.

4- Les ventes sont tout aussi importantes que les produits.

Comme dans n’importe quoi, la vérité n’est jamais toute noire ou toute blanche. Il n’y a pas que des avantages à l’approche lean. Il y a toujours des coûts rattachés aux changements de cap en entreprise, entre autres. Les investisseurs sont parfois frileux à l’approche par itération, selon le degré d’adhérence des entreprises. Plusieurs préfèrent minimiser les déviations au plan initial pour ne pas perdre la vision fédératrice initiale. Changer de route peut aussi être épuisant pour ceux qui sont touchés, tant physiquement qu’émotivement. Dans certains cas, cela peut même contribuer à une baisse de l’intérêt des troupes.

Le caractère des entrepreneurs et le style de gestion qu’ils préconisent influent beaucoup sur leur choix d’adopter une approche « lean », de pivoter ou non en affaires, et d’appliquer la théorie avec plus ou moins de rigueur le cas échéant.

So what?

Tout réside finalement dans la capacité d’adaptation des entrepreneurs, leur capacité d’improviser. Pas dans le sens de faire n’importe quoi, sans réfléchir. Dans le sens de suivre la « musique », et même la devancer. Du moins, c’est ce que moi, ça m’inspire.

 

CRÉDITS PHOTOS: http://www.theguardian.com/music/2011/jun/17/miles-davis-improvises-soundtrack

 

A l’instar du trompettiste jazz célèbre Miles Davis, leur talent pour suivre une partition « architecturale »(non-écrite), dans laquelle seulement les accords de transitions sont prévus dans la portée est requis. Leur capacité de jouer la prochaine ligne musicale, à créer spontanément la suite de l’oeuvre avec la complicité des autres collègues musiciens tout en gardant l’attention du « public » va déterminer leurs chances de succès dans l’application des principes lean.

Cela sous-entend être à l’écoute, rester fondamentalement ouvert et perméable à son environnement.  Ne pas avoir peur des fausses notes, mettre son égo de côté, et recommencer quand il le faut, malgré ses détracteurs. Se faire suffisamment confiance que le prochain « son » qui sortira de notre « instrument » cadrera bien avec la mélodie, sera innovant, authentique, mais restera sur la charpente de base, en lien avec l’idée de départ.

Le jazz prend beaucoup de temps à maîtriser, tous les musiciens vous le confirmeront. Je parle ici en connaissance de cause. Mais le jazz, c’est d’abord et avant tout un état d’esprit. Et je crois que c’est dans cet état d’esprit que les entrepreneurs doivent être pour maîtriser l’art de pivoter… Qu’en dites-vous?

Laissez-nous vos commentaires sur la question, ça permettra d’alimenter les réflexions de tous les participants au blogue, j’en suis certaine, mais également celles des lecteurs du blogue Le feu sacré!

Je vous laisse avec une de mes pièces favorites de Miles Davis, de circonstance en cette fin d’octobre: Automn Leaves .

Bonne écoute et à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

P.-S.: J’aurais souhaité clôturer sur le sujet en vous présentant un article d’un véritable expert sur l’art de pivoter, la philosophie lean, etc., comme c’est mon intention de le faire à chaque fin de mois, pour chaque thématique. Cela n’a pas été possible pour différentes raisons, qu’à cela ne tienne!  Je réitère à tous l’invitation: chaque mois, en 4e semaine, la porte est ouverte pour l’ajout d’un article de spécialiste du thème en cours! Contactez-moi si l’exercice vous interpelle, dès que le thème est annoncé !

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A surveiller mardi prochain:

Des nouvelles d’Andry Lant Rakoto et ses expériences en lien avec la thématique de novembre: Les défis du web à bas prix!

C’est un rendez-vous!