Dossiers spéciaux pour jeunes entrepreneurs

Feu_artifice_2Vous n’êtes pas seuls à penser d’même…

Avoir l’input d’autres entrepreneurs lorsqu’on démarre son entreprise peut être bien utile!
Via les témoignages de 3 jeunes en démarrage d’entreprise suivis pendant 1 an dans les aléas de leurs démarches en affaires, découvrez les thématiques abordées sur le blogue Le feu sacré

Octobre 2014 – Dossier L’art de pivoter:

On aborde la notion de lean startup, de changements « agiles » et de capacité d’adaptation rapide dus aux aléas du marché visé.

Novembre 2014 – Dossier Les défis du web à très bas prix:
Les 3 entrepreneurs nous parlent des contorsions et astuces utilisées pour faire des miracles avec 1000$, et un stratège numérique commente à ce propos.

Décembre 2014 – Dossier Love money:
Les 3 entrepreneurs témoignent des avantages et des inconvénients de profiter (ou non!) de l’argent prêté par leurs proches pour le démarrage de leur entreprise. Une mentor chevronnée témoigne.

Janvier 2015 – Dossier Les bonnes résolutions d’affaires:
Quelles résolutions prendre lorsqu’on démarre en affaires, et quelles sont celles qu’on néglige trop souvent selon 13 experts réputés du milieu des affaires à Montréal.

Février 2015 – Dossier B2B:
Les partenariats, la vente et la négociation, les rapports de force, les tactiques… Découvrez les points de vue des 3 entrepreneurs en démarrage à ce chapitre. Des pros se prononcent également sur les meilleures pratiques de négociation à adopter dans un contexte B2B.

Bonne lecture,

Karina Brousseau, éditrice du blogue

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L’art de pivoter: de Peter Thiel à Miles Davis!

Nous en sommes désormais à l’heure de la rétrospective de la thématique du mois d’octobre, l’art de pivoter, abordée avec Andry Lant Rakoto (Marclan), Frédéric René (Likisoft), et Isabelle Moïse (iMoïse Conseil).

On l’a vu dans les dernières semaines, nos trois entrepreneurs enflammés pratiquent l’art de pivoter, à différents degrés. Ils le font pour des raisons diverses, de la survie budgétaire au feedback des clients sur leurs produits, de la nécessité d’ajuster leur stratégie communicationnelle au changement de leurs aspirations de départ.

La philosophie lean a fait couler beaucoup  d’encre depuis qu’Eric Ries a développé l’idée en 2008. Les entreprises de tous horizons ont départagé, depuis le temps, ce qu’elles pouvaient retirer de positif ou non de cette méthodologie, selon leurs secteurs d’activités, et selon leurs tailles. Elles se sont approprié le concept à leur manière.

Les principes de Peter 

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CRÉDITS PHOTOS: Forbes

Je viens de lire un livre d’exception, Zero to one, de Peter Thiel. Pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur, c’est un investisseur des débuts de Facebook. Il est aussi co-fondateur de Palantir Technologies, co-fondateur de PayPal et investisseur en série dans de nombreuses compagnies telles qu’Airb&b et  LinkedIn. Sa fortune est estimée à plus de 2.2 milliards de dollars. En matière de risque et de management, on peut sans hésitation lui accorder une certaine crédibilité ; )

Zero to one ne parle pas que de la philosophie lean, mais en fait mention à plusieurs reprises.

Selon Thiel, 4 grandes leçons ont été retenues par l’industrie suite à l’explosion de la bulle techno au début des années 2000, et ces apprentissages sont devenus un genre de dogme dans le monde de « la startup ». Ces principes, les voici (traduits du livre):

1-Faire des petits pas: c’est la seule façon d’avancer avec assurance (quand on prétend changer le monde, c’est toujours suspect, et ça manque d’humilité!)

2-Toutes les compagnies devraient rester « lean », soit flexibles, et travailler en itération. Voir l’entrepreneuriat comme une expérience agnostique, évolutive, jamais coulée dans « le béton ».

3- Au début surtout, imiter « en mieux » la compétition, en n’essayant pas de créer un nouveau marché prématurément.

4- Focaliser sur les produits, pas les ventes.

Cependant, Thiel prévient que les principes opposés à ceux-ci ont, jusqu’ici, tout aussi bien tenu la route, et sont probablement même plus adaptés à l’entreprise en démarrage aujourd’hui. Je pourrais les traduire par:

1- Quitte à prendre des risques, faites-le pour la peine, pas pour des pacotilles.

2- Un mauvais plan, c’est toujours mieux qu’aucun plan!

3- Les marchés compétitifs minimisent les marges de profits.

4- Les ventes sont tout aussi importantes que les produits.

Comme dans n’importe quoi, la vérité n’est jamais toute noire ou toute blanche. Il n’y a pas que des avantages à l’approche lean. Il y a toujours des coûts rattachés aux changements de cap en entreprise, entre autres. Les investisseurs sont parfois frileux à l’approche par itération, selon le degré d’adhérence des entreprises. Plusieurs préfèrent minimiser les déviations au plan initial pour ne pas perdre la vision fédératrice initiale. Changer de route peut aussi être épuisant pour ceux qui sont touchés, tant physiquement qu’émotivement. Dans certains cas, cela peut même contribuer à une baisse de l’intérêt des troupes.

Le caractère des entrepreneurs et le style de gestion qu’ils préconisent influent beaucoup sur leur choix d’adopter une approche « lean », de pivoter ou non en affaires, et d’appliquer la théorie avec plus ou moins de rigueur le cas échéant.

So what?

Tout réside finalement dans la capacité d’adaptation des entrepreneurs, leur capacité d’improviser. Pas dans le sens de faire n’importe quoi, sans réfléchir. Dans le sens de suivre la « musique », et même la devancer. Du moins, c’est ce que moi, ça m’inspire.

 

CRÉDITS PHOTOS: http://www.theguardian.com/music/2011/jun/17/miles-davis-improvises-soundtrack

 

A l’instar du trompettiste jazz célèbre Miles Davis, leur talent pour suivre une partition « architecturale »(non-écrite), dans laquelle seulement les accords de transitions sont prévus dans la portée est requis. Leur capacité de jouer la prochaine ligne musicale, à créer spontanément la suite de l’oeuvre avec la complicité des autres collègues musiciens tout en gardant l’attention du « public » va déterminer leurs chances de succès dans l’application des principes lean.

Cela sous-entend être à l’écoute, rester fondamentalement ouvert et perméable à son environnement.  Ne pas avoir peur des fausses notes, mettre son égo de côté, et recommencer quand il le faut, malgré ses détracteurs. Se faire suffisamment confiance que le prochain « son » qui sortira de notre « instrument » cadrera bien avec la mélodie, sera innovant, authentique, mais restera sur la charpente de base, en lien avec l’idée de départ.

Le jazz prend beaucoup de temps à maîtriser, tous les musiciens vous le confirmeront. Je parle ici en connaissance de cause. Mais le jazz, c’est d’abord et avant tout un état d’esprit. Et je crois que c’est dans cet état d’esprit que les entrepreneurs doivent être pour maîtriser l’art de pivoter… Qu’en dites-vous?

Laissez-nous vos commentaires sur la question, ça permettra d’alimenter les réflexions de tous les participants au blogue, j’en suis certaine, mais également celles des lecteurs du blogue Le feu sacré!

Je vous laisse avec une de mes pièces favorites de Miles Davis, de circonstance en cette fin d’octobre: Automn Leaves .

Bonne écoute et à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

P.-S.: J’aurais souhaité clôturer sur le sujet en vous présentant un article d’un véritable expert sur l’art de pivoter, la philosophie lean, etc., comme c’est mon intention de le faire à chaque fin de mois, pour chaque thématique. Cela n’a pas été possible pour différentes raisons, qu’à cela ne tienne!  Je réitère à tous l’invitation: chaque mois, en 4e semaine, la porte est ouverte pour l’ajout d’un article de spécialiste du thème en cours! Contactez-moi si l’exercice vous interpelle, dès que le thème est annoncé !

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A surveiller mardi prochain:

Des nouvelles d’Andry Lant Rakoto et ses expériences en lien avec la thématique de novembre: Les défis du web à bas prix!

C’est un rendez-vous!

L’art de pivoter: Le luxe de pivoter seule!

Le fantasme d’être son propre patron, de faire ses horaires, de faire ses suivis téléphoniques en pyj sur son balcon au chalet, en buvant un grand latte fait maison, tout relax, avec la barbe de trois jours ou sans maquillage si possible, habite plusieurs d’entre nous.

Même si tout le monde sait bien que la réalité d’un travailleur autonome est dans les faits tout autre, l’idéal persiste. Isabelle Moïse, à son compte depuis 1 an, vous en parlerait pendant des heures.

Cet idéal dessert bien les clients, cela dit: ils savent bien que la « shop » ne ferme jamais vraiment! Certes, l’espace temps est plus souple, mais la plage horaire où les blocs de travail s’exécutent, elle, est beaucoup plus large! Et, pour une jeune consultante en événementiel et marketing, service-clientèle et compétition obligent à être disponible en tout temps. Surtout en démarrage, tout repose sur ses épaules. Dur, dur, de prendre des vacances ou de débrancher le téléphone.

Très expérimentée et appuyée d’un réseau impressionnant à la fois de clients, de fournisseurs, de mentors, d’amis issus de nombreux secteurs et de partout dans le monde, Isabelle carbure aux nouveaux projets. Beau problème, on en conviendra tous, les contrats viennent à elle et sont nombreux, donc elle peine un peu à balancer la réalisation de ses mandats avec son développement des affaires.  Le temps requis pour réellement se pencher en profondeur sur sa stratégie de marketing et sa stratégie financière manque cruellement.

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Poussée par le vent, à la croisée des chemins

C’est dans une boîte spécialisée en organisation d’événements corporatifs de tous acabits, Opus 3, qu’elle a pris du galon. Pendant 10 ans, elle a gravi tous les échelons, d’abord comme coordonnatrice de projets, puis comme directrice de comptes, pour finalement assurer la direction générale en 2012. Mais, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel, Isabelle a eu besoin, en 2013, d’un temps de réflexion, pour se retrouver, se reconnecter avec ses envies, ses ambitions.

En prenant le pouls à gauche et à droite, plusieurs de ses amis ou ex-clients l’encourageaient à se lancer en affaires. Les gens la rassuraient sur la valeur de son nom, sa réputation, et souhaitaient continuer de faire affaire avec elle. Elle se retrouvait donc devant un choix à faire: continuer en tant qu’employée dans une (autre) entreprise, ou se lancer, et si oui, comment ?!

Un an d’étude empirique

Candidement, elle en convient, c’est sans plan réellement précis qu’elle décida de faire le saut. C’est beaucoup plus son besoin de réalisation, de découverte, et de changement à tous les niveaux qui l’a poussée dans l’arène. Elle connaissait ses forces et les a simplement mises de l’avant dans son offre de service. That’s it!

Mais, prudente, elle s’est toujours dit qu’elle observerait pendant 12 mois comment ça se passe sur le terrain, conviendrait de certaines éphémérides, vérifierait si le portefeuille est toujours minimalement garni dans les périodes plus creuses pour mieux les planifier dans le futur. Elle a donc mené une étude de marché, dont elle-même faisait l’objet, qui la questionnait dans sa propre position, et lui permettait de raffiner sa niche. Normal, elle incarne sa propre marque! Son produit (c’est elle) et son bagage de 10 ans comme directrice-conseil dans la même sphère chez son ancien employeur lui permettent de tabler sur sa connaissance du marché et de la compétition.

Cela dit, à l’écoute de ses émotions et ses envies personnelles, elle embrasse certains partenariats, choisit ses mandats et les trie subséquemment.  Que ce soit parce que le secteur d’activités de son client l’intéresse, ou que la bonne cause l’interpelle, ce n’est pas a priori pour l’argent qu’elle fait ce métier. Idéaliste? Certainement! De façon assumée de surcroît. Mais sans pour autant ne pas avoir de visées ambitieuses. Seulement, à ce stade-ci de sa vie, c’est avec le désir profond d’aider en mettant son expertise au profit des autres, d’être connectée avec ses réelles envies et ses valeurs qu’elle avance. Son offre de services et son message ont, à titre d’exemple, été ajustés au cours de l’année pour positionner plus fortement ses services comme stratège, ce qu’elle souhaite faire, pour aller au-delà des services logistiques (son étiquette naturelle de toujours).

Pivoter et gérer ses propres attentes

Quand on aborde la question du pivotement, elle hésite. «  L’art de pivoter, pour moi, c’est s’adapter et réagir au bon moment pour ré-enligner les flûtes, tout au long de son évolution. Comme je suis seule pour l’instant, que cela fait 1 an seulement que je suis enregistrée, et que mon plan d’affaires n’est pas encore à proprement dit arrêté (j’y travaille, cela dit!), mon plus grand défi d’adaptation est celui de gérer mes propres attentes, et surtout de mesurer l’importance de certains aspects dans mon bonheur professionnel. Faire des choix d’affaires conséquents à mes valeurs intrinsèques.» 

C’est automatique: c’est quand on perd quelque chose, qu’on découvre à quel point on l’appréciait. Comme Isabelle est une véritable « bibitte sociale », la cohésion avec un groupe au quotidien et le travail d’équipe, entre autres, lui manquent parfois. L’auto-discipline et le courage de ses idées, en tout temps, lui sont d’autant plus essentiels depuis qu’elle est à son compte.

« C’est toute une aventure humaine, en tout cas, je me découvre énormément…», confie-t-elle.

Qu’est-ce qui se trame?

Dans les prochaines semaines, Isabelle s’occupera de créer son site web officiel, pour complémenter ses efforts d’auto-promotion via les réseaux sociaux.

Elle poursuivra en parallèle sa réflexion sur sa structure budgétaire, les fonds de roulement disponibles, le calendrier à venir pour clarifier les secteurs d’affaires à prioriser et les « indicateurs de succès » à mesurer. 

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À ne pas manquer la semaine prochaine:

Une métaphore intéressante à l’art de pivoter et une critique du livre « Zero to one » de Peter Thiel.

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

L’art de pivoter

Certains voient des signes partout…

Puis, d’autres disent qu’il s’agit de chercher des signes pour en trouver, pertinents ou non…

Disons que, pour ma part, je suis fascinée par les timings! La chanson préférée de mon amoureux qui joue en sourdine à l’épicerie au moment-même où j’oubliais d’acheter le pain qu’il m’avait demandé. Ce genre de coïncidences rigolotes et inoffensives nous font profiter des clins d’oeil de la vie!

Pour la première thématique, celle du mois d’octobre, il me semblait évident qu’il fallait trouver un sujet qui serve à la fois à intéresser le lectorat, mais aussi lui présenter d’emblée le chemin parcouru par les entrepreneurs sous notre loupe!

Le sujet du pivotement, ou l’art de naviguer suite aux disparités entre le plan initial et la réalité concrète, me semblait idéal en ce sens. La notion des changements qui les obligèrent souvent à modifier leur trajectoire ou même parfois à faire des compromis sur leur vision avec tout ce que cela entraîne en termes de stratégie, financement, dotation, etc.

C’est forcé: les feuilles d’automne qui changent de couleurs y ont sûrement été pour quelque chose dans le choix de la thématique, non?  ; )

Cette semaine, je me suis entretenue avec Andry Lant Rakoto (Marclan et Arts&Pierres), spécialisée dans les produits fins et gourmets de Madagascar.

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Malgache elle-même, Andry a une feuille de route impressionnante. C’est avec tout un bagage d’expériences que le Québec l’a accueillie il y a déjà 4 ans. Entrepreneure dans l’âme, elle a démarré ses deux premières entreprises à l’âge de 20 ans, et a été l’instigatrice de plusieurs projets internationaux d’aide aux entrepreneurs dans près d’une dizaine de pays dans le cadre de ses fonctions au sein de deux grandes organisations internationales, la Francophonie et le Groupe de la Banque Mondiale. Son parcours académique en entrepreneuriat, en relations internationales et en comptabilité, doublé de sa passion pour le mentorat, lui ont permis d’aider d’autres entrepreneurs en démarrage au Québec. Elle savait donc pertinemment ce qui l’attendait en lançant, en janvier 2014, son entreprise Produits Fins Marclan.

À la question du mois, elle répond simplement : tout ou à peu près tout du plan de match a été re-visité depuis son démarrage d’entreprise. Heureusement, son modèle d’affaires prévoyait une marge de flexibilité dès le départ. Les prévisions financières dues à un optimisme débordant, les variations du marché des épiceries fines très lié à l’économie, et le manque d’expérience en commerce de détail, sont les principales raisons qui l’ont amenée à revoir sa stratégie de produits et sa stratégie de commercialisation.

Des prévisions de ventes trop optimistes (un classique!)

Au départ, ses ventes de produits (s’avérant surévaluées par la suite) devaient assurer le fond de roulement de l’entreprise. Elle avoue être tombée dans le piège de l’optimisme.

Après avoir fait des études de marché se révélant extrêmement positives en comparaison avec les produits similaires en termes de « packaging », de qualité des produits, et de distribution, elle croyait bien pouvoir compter sur un succès rapide de notoriété, et des ventes substantielles. Au-delà de la rétroaction positive sur ses produits, ses études de marchés ne lui ont pas permis par contre de mesurer suffisamment la résistance des gens au fait de faire affaire avec une nouvelle entreprise sans historique de succès.

En plus, sa stratégie de prix était potentiellement mal adaptée. Autrement dit, elle était tiraillée entre le prix de pénétration et le prix d’écrémage souhaité à maturité éventuelle. Elle craignait qu’un prix trop bas n’entraîne une remontée trop lente pour rattraper le prix du marché dans la catégorie de produits concernés (les épices fines de Madagascar comme la vanille, la cannelle, le poivre rose, le poivre noir et les clous de girofle).

En conséquence, premier pivotement : la consignation ! Les détaillants ont pris ses produits en consignation au lieu de procéder à des commandes fermes, et par ricochet, beaucoup de temps a été investi dans le suivi que cette distribution sous-entend pour le suivi des inventaires en étalage chez des consignataires, de façon régulière (aux 2 ou 4 semaines).

Et puis, surtout, ce sont les ventes qui n’étaient pas assez importantes.

Diversification et commercialisation en ligne

Andry a rapidement ajusté le tir et revu sa stratégie de commercialisation : deuxième pivotement ! Elle en est venue à désormais considérer deux canaux de distribution. Les épiceries fines demeuraient toujours une voie incontournable, mais le web devait désormais faire partie de l’équation. En plus de permettre une plus grande disponibilité des produits, cette stratégie sur Internet permettrait d’accéder à de nouveaux fonds.

Ainsi, elle a reçu de nouvelles sommes d’argent des programmes d’aide au développement du commerce électronique, et les a investies dans l’élargissement de sa gamme de produits, et dans la mise sur pied de sa plate-forme de boutique en ligne.

En plus des épices, elle ajoute rapidement des produits corporatifs pour bonifier son offre. Coffrets de thé de Madagascar, sirop d’érable à la vanille de Madagascar, et chocolats fins au poivre rose sont désormais disponibles aux internautes. Une autre gamme de produits est en train de voir le jour en ce moment-même, celle des breuvages. Le café grand cru (depuis le mois d’août 2014) et bientôt le thé noir, ainsi qu’un mélange de chocolat chaud de luxe aux effluves de l’île-vedette verront le jour sous peu. Tout s’enchaîne à vive allure. C’est en moyenne un nouveau produit par mois qui s’additionne à la gamme de produits.

Un financement en multiples phases

Elle résume ses démarches en disant : «J’avais les moyens de démarrer, mais pas tous les moyens pour pivoter». Sa recherche de financement en différentes étapes était la conséquence de son besoin d’ajuster son modèle daffaires. Elle admet que cest difficile de trouver les justificatifs de financement supplémentaire, quand les ventes ne sont pas encore au rendez-vous. 

Les premiers mois en affaires au Québec d’Andry lui ont donc permis de pratiquer « l’art de pivoter ». C’est par ailleurs toujours en gardant sa vision initiale qu’elle a jazzé son plan d’action. 

Le mot de la fin:

Conseil d’Andry:  » Toujours partir dun modèle daffaires comportant plusieurs scénarios, et avoir les moyens minimum pour les réaliser sans que le financement de ces derniers ne  dépende des ventes ! ».    

Qu’est-ce qui se trame?

Pour Andry, le prochain mois sera focalisé sur ses défis de commercialisation en ligne. Elle devra faire soumissionner différentes agences spécialisées en web pour dresser un portrait détaillé de la situation et maximiser l’efficacité de son site.

Plusieurs actions seront nécessaires pour maximiser son référencement et booster son trafic, mais surtout, augmenter ses ventes en ligne (son taux de conversion).

Bien consciente de ses limites en la matière, elle prévoit déjà se renseigner davantage sur les meilleures pratiques à suivre, et démystifier le jargon utilisé dans le milieu. Le SEO, les campagnes Adwords, le PPC, le UX autant d’acronymes à décortiquer, pour être mieux outillée et négocier avec les soumissionnaires, et juger de leurs offres de services.  Elle poursuivra également ses réflexions entourant la pertinence d’avoir pignon sur rue.

(À noter: Une éventuelle thématique du blogue Le feu sacré portera d’ailleurs sur les meilleurs pratiques web. À suivre!)

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À surveiller la semaine prochaine, sous le même thème:

Frédéric René (Likisoft) sera sous les feux de la rampe. On abordera entre autres les défis du développement d’une solution de commerce en ligne, et les délais dus aux imprévus de programmation dans le calendrier de commercialisation .

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue