Dans l’ascenseur émotionnel d’une jeune entrepreneure

Mélanie Heyberger

Mélanie Heyberger

Lorsqu’on dit qu’on se lance en affaires, la réaction des gens est souvent admirative et suivie d’un « tu es tellement courageuse, moi je n’oserai pas! ». Quitter sa zone de confort n’est certes pas inné pour tout le monde et quand on fait le grand saut, il est important de réaliser à quel point il faudra s’accrocher. Il y a maintenant 8 mois, je me suis lancée et je suis devenue entrepreneure. J’ai démarré Le coffret de Rachel, qui a pour mission de remettre de la vie dans la garde-robe des femmes grâce à un accessoire indispensable : le collant! Je vous partage aujourd’hui mes impressions sur cet « ascenseur émotionnel » dans lequel je me suis embarquée avec mes deux précieuses associées.

Incertitude, impatience, excitation : Le pré-démarrage

Lorsque l’idée est née, les émotions les plus difficiles à canaliser étaient l’impatience et l’excitation. Je voulais absolument que ça aille vite sans être totalement consciente à quel point il faut du temps et à quel point l’étape de la validation de marché est cruciale! En effet, si personne ne voulait de notre produit, c’était du temps, de l’énergie et de l’argent gaspillés!

Durant cette période, il m’est aussi souvent arrivé d’être gênée ou insécure. Ça m’arrivait surtout lorsque je savais que j’allais être confrontée au jugement d’experts, à leurs critiques. Tant que la validation de marché n’était pas complétée, je vivais constamment ce sentiment d’incertitude et je manquais de confiance en mon idée.

Le lancement

Juste avant le Jour J du lancement de notre entreprise, je me suis familiarisée avec les insomnies. N’étant pas stressée de nature, cette anxiété, cette fébrilité nouvelle m’a fait réaliser à quel point j’avais ce projet à cœur et combien je voulais qu’il fonctionne. C’était un stress positif, stimulant et motivant. Le tout était de savoir le gérer!

Mon conseil à tous les nouveaux entrepreneurs lorsqu’ils dévoilent leur nouveau concept sur le marché: ne pas se laisser emporter par l’effet du « buzz médiatique ». Même s’il est très encourageant, il faut savoir vite redescendre sur terre et… livrer ses promesses!

En ce qui nous concerne, notre lancement a connu un très beau succès, mais la plus grosse partie du travail reste à venir. Il faut maintenant mettre les bouchés doubles et être à la hauteur des attentes. Le tout sans oublier de faire des pauses de temps en temps, accessoirement!

Et depuis?

…beaucoup d’interrogations! On observe ce qui va et ce qui ne va pas, on parle au monde et on s’adapte. J’ai appris qu’être flexible et ouverte sont des qualités indispensables pendant le développement des affaires. Même si on n’en a pas toujours envie, c’est important d’écouter les critiques et de les voir comme constructives. Il faut garder en tête que c’est en faisant des erreurs qu’on apprend et qu’on s’améliore!

Depuis les débuts officiels, mes partenaires et moi nous sommes ajustées et avons « pivoté » plusieurs fois. On a pris, entre autres, l’importante décision de changer notre site web et d’adapter notre offre. C’est vraiment satisfaisant de recevoir désormais des commentaires positifs et de se rendre compte du chemin qu’on a parcouru en si peu de temps.

Il nous est souvent arrivé de rentrer le soir, découragées, avec le sentiment de pas avoir avancé. On s’est demandé chaque fois comment le temps avait fait pour passer aussi vite! On a encore parfois du mal à quantifier l’impact de notre travail au jour le jour, parce que les résultats ne se voient pas toujours immédiatement.

Je suis en train de comprendre qu’il est important de valoriser nos progrès. Chaque accomplissement, qu’il soit petit ou plus important, mérite d’être mis de l’avant. Quoi de plus motivant pour nous pousser à faire encore mieux?

Les commentaires pertinents, les encouragements et les félicitations provenant de l’extérieur de l’entreprise ont toujours des impacts très positifs sur notre état d’esprit. On a parfois (souvent) besoin d’être rassuré. Les bons mots nous permettent d’acquérir plus de confiance et d’aller plus loin.

Aujourd’hui, je suis encore plus stimulée et excitée par mon entreprise qu’au premier jour. Il m’arrive encore de me réveiller en pleine nuit (j’ai d’ailleurs opté pour le cahier et le stylo à côté du lit pour ne pas perdre mes bonnes idées!). J’apprends petit à petit à gérer mes émotions, à ne pas m’emballer trop rapidement, à ne pas être trop impatiente ou à m’éparpiller.

L’importance de mon équipe

J’ai la chance d’avoir deux associées extraordinaires avec qui je peux tout partager. Elles ont pris une place très importante dans mon épanouissement professionnel et personnel.

Nos trois caractères et nos façons de réagir très complémentaires font clairement notre force. À titre d’exemple, le côté plus terre à terre de l’une va me permettre de me recadrer, me tempérer. Puis, le caractère plus émotif de l’autre va rendre l’aventure encore plus humaine et me motiver chaque jour. Mais, au delà des traits de caractères, les émotions vécues par chacune au quotidien déteignent très rapidement sur celles des autres. Elles ont des répercussions sur notre façon de travailler ensembles et sur notre plaisir à faire équipe. Nous apprenons chaque jour à conjuguer nos élans émotionnels respectifs et à s’en servir comme levier.  C’est sans aucun doute un des apprentissages les plus indispensables pour un entrepreneur!


Vous pourriez aussi aimer:

Un démarrage haut en émotions: mon entrevue avec Andry Lant Rakoto, généreuse et transparente. Elle se confie sur les hauts et les bas vécus lors du lancement de son entreprise Marclan, les émotions qui l’ont le plus étonnée, l’importance du discours intérieur qu’elle entretient et son « cercle affectif ».

Le corps, ce partenaire d’affaires capricieux: Mon entrevue avec Frédéric René, co-fondateur de LikiSoft, avec qui j’aborde la question du contrôle du stress et des émotions en démarrage d’entreprise. Il nous sensibilisera, entre autres, à la notion de somatisation.

Des émotions qui propulsent les affaires: Isabelle Moïse, consultante en marketing événementiel, est en quelque sorte son propre produit. Seule à la barre, il est d’autant plus crucial pour elle de se connecter en tout temps avec ses émotions et d’être outillée à faire face à toute éventualité, notamment lors des échecs. Un témoignage fort utile pour tous les entrepreneurs, ces « marathoniens » sur la route des affaires!

À ne pas manquer ce jeudi:

Solange Côté, ASC une mentor d’expériences nous donne son point de vue sur les émotions à l’heure du démarrage d’entreprise.

Donc c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice du blogue Le feu sacré 

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St-Valentin: rien pour acquis!

« La meilleure façon d’aimer, c’est de ne jamais oublier qu’on pourrait perdre l’autre à tout moment… ».

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Je ne sais pas qui l’a sortie, celle-là, mais c’est bien vrai! Ne prenons jamais les autres pour acquis: amours, famille, amis, mais aussi partenaires, clients, fournisseurs, mentors, lecteurs (…) et entretenons la flamme, coûte que coûte!

Le blogue Le feu sacré a maintenant (déjà!) 4 mois et demie: il marche, il explore, il parle, il prend du poids ; )
Je ne vous le dirai jamais trop: MERCI sincère à tous les lecteurs, tous les entrepreneurs, ainsi que tous les commentateurs pour votre participation, semaine après semaines, selon les thématiques!

Bisous, et bonne St-Valentin tout le monde!!

Karina Brousseau xx

 

 

 

 

2015: Tout ce qui ne s’achète pas!

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Chers entrepreneurs, contributeurs et lecteurs du blogue Le Feu sacré…

Que 2015 soit pour tous fertile en petites et grandes réussites qui contribueront à « booster » votre confiance en vous, susciteront le respect de vos acolytes, confirmeront votre créativité débordante et attiseront l’audace, l’énergie et la ténacité nécessaires à la poursuite de vos rêves les plus fous!

Laissez vos passions exploser et alimenter tous les jours ce feu sacré qui vous anime!

Et, le plus important, que cette année soit remplie de tout ce qui ne s’achète pas…

MERCI

J’en profite pour remercier chaleureusement tous ceux qui suivent le blogue Le feu sacré et qui partagent leurs commentaires et suggestions. Votre contribution est très précieuse et fait prendre tout son sens au blogue.

Merci aussi aux trois entrepreneurs Andry Lant Rakoto, Frédéric René et Isabelle Moïse qui se prêtent à l’exercice d’être suivis durant 1 an, par Le feu sacré, dans les aléas du démarrage de leur entreprise et qui nous font profiter de leurs expériences sous forme de témoignages sincères et constructifs. Les interviewer est un grand plaisir pour moi, renouvelé de surcroît chaque semaine.
Je suis persuadée que le partage de vos expériences touchent la réalité de beaucoup d’entrepreneurs d’ici et d’ailleurs. 

Merci également aux collaborateurs (Catherine Beauchemin, Maxime Jobin, Solange Côté) qui ont partagé tour à tour leur avis d’expert sur les thématiques en cours. L’invitation est d’ailleurs toujours valide pour ceux qui souhaiteraient se joindre à l’équipe de commentateurs.

Au plaisir de vous retrouver tous dès le 6 janvier prochain et …  BONNE ANNÉE 2015!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

P.S.: Je vous laisse avec 10 minutes de pur bonheur musical offert par un compositeur passionné: 

 

 

 

L’art de pivoter: Le luxe de pivoter seule!

Le fantasme d’être son propre patron, de faire ses horaires, de faire ses suivis téléphoniques en pyj sur son balcon au chalet, en buvant un grand latte fait maison, tout relax, avec la barbe de trois jours ou sans maquillage si possible, habite plusieurs d’entre nous.

Même si tout le monde sait bien que la réalité d’un travailleur autonome est dans les faits tout autre, l’idéal persiste. Isabelle Moïse, à son compte depuis 1 an, vous en parlerait pendant des heures.

Cet idéal dessert bien les clients, cela dit: ils savent bien que la « shop » ne ferme jamais vraiment! Certes, l’espace temps est plus souple, mais la plage horaire où les blocs de travail s’exécutent, elle, est beaucoup plus large! Et, pour une jeune consultante en événementiel et marketing, service-clientèle et compétition obligent à être disponible en tout temps. Surtout en démarrage, tout repose sur ses épaules. Dur, dur, de prendre des vacances ou de débrancher le téléphone.

Très expérimentée et appuyée d’un réseau impressionnant à la fois de clients, de fournisseurs, de mentors, d’amis issus de nombreux secteurs et de partout dans le monde, Isabelle carbure aux nouveaux projets. Beau problème, on en conviendra tous, les contrats viennent à elle et sont nombreux, donc elle peine un peu à balancer la réalisation de ses mandats avec son développement des affaires.  Le temps requis pour réellement se pencher en profondeur sur sa stratégie de marketing et sa stratégie financière manque cruellement.

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Poussée par le vent, à la croisée des chemins

C’est dans une boîte spécialisée en organisation d’événements corporatifs de tous acabits, Opus 3, qu’elle a pris du galon. Pendant 10 ans, elle a gravi tous les échelons, d’abord comme coordonnatrice de projets, puis comme directrice de comptes, pour finalement assurer la direction générale en 2012. Mais, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel, Isabelle a eu besoin, en 2013, d’un temps de réflexion, pour se retrouver, se reconnecter avec ses envies, ses ambitions.

En prenant le pouls à gauche et à droite, plusieurs de ses amis ou ex-clients l’encourageaient à se lancer en affaires. Les gens la rassuraient sur la valeur de son nom, sa réputation, et souhaitaient continuer de faire affaire avec elle. Elle se retrouvait donc devant un choix à faire: continuer en tant qu’employée dans une (autre) entreprise, ou se lancer, et si oui, comment ?!

Un an d’étude empirique

Candidement, elle en convient, c’est sans plan réellement précis qu’elle décida de faire le saut. C’est beaucoup plus son besoin de réalisation, de découverte, et de changement à tous les niveaux qui l’a poussée dans l’arène. Elle connaissait ses forces et les a simplement mises de l’avant dans son offre de service. That’s it!

Mais, prudente, elle s’est toujours dit qu’elle observerait pendant 12 mois comment ça se passe sur le terrain, conviendrait de certaines éphémérides, vérifierait si le portefeuille est toujours minimalement garni dans les périodes plus creuses pour mieux les planifier dans le futur. Elle a donc mené une étude de marché, dont elle-même faisait l’objet, qui la questionnait dans sa propre position, et lui permettait de raffiner sa niche. Normal, elle incarne sa propre marque! Son produit (c’est elle) et son bagage de 10 ans comme directrice-conseil dans la même sphère chez son ancien employeur lui permettent de tabler sur sa connaissance du marché et de la compétition.

Cela dit, à l’écoute de ses émotions et ses envies personnelles, elle embrasse certains partenariats, choisit ses mandats et les trie subséquemment.  Que ce soit parce que le secteur d’activités de son client l’intéresse, ou que la bonne cause l’interpelle, ce n’est pas a priori pour l’argent qu’elle fait ce métier. Idéaliste? Certainement! De façon assumée de surcroît. Mais sans pour autant ne pas avoir de visées ambitieuses. Seulement, à ce stade-ci de sa vie, c’est avec le désir profond d’aider en mettant son expertise au profit des autres, d’être connectée avec ses réelles envies et ses valeurs qu’elle avance. Son offre de services et son message ont, à titre d’exemple, été ajustés au cours de l’année pour positionner plus fortement ses services comme stratège, ce qu’elle souhaite faire, pour aller au-delà des services logistiques (son étiquette naturelle de toujours).

Pivoter et gérer ses propres attentes

Quand on aborde la question du pivotement, elle hésite. «  L’art de pivoter, pour moi, c’est s’adapter et réagir au bon moment pour ré-enligner les flûtes, tout au long de son évolution. Comme je suis seule pour l’instant, que cela fait 1 an seulement que je suis enregistrée, et que mon plan d’affaires n’est pas encore à proprement dit arrêté (j’y travaille, cela dit!), mon plus grand défi d’adaptation est celui de gérer mes propres attentes, et surtout de mesurer l’importance de certains aspects dans mon bonheur professionnel. Faire des choix d’affaires conséquents à mes valeurs intrinsèques.» 

C’est automatique: c’est quand on perd quelque chose, qu’on découvre à quel point on l’appréciait. Comme Isabelle est une véritable « bibitte sociale », la cohésion avec un groupe au quotidien et le travail d’équipe, entre autres, lui manquent parfois. L’auto-discipline et le courage de ses idées, en tout temps, lui sont d’autant plus essentiels depuis qu’elle est à son compte.

« C’est toute une aventure humaine, en tout cas, je me découvre énormément…», confie-t-elle.

Qu’est-ce qui se trame?

Dans les prochaines semaines, Isabelle s’occupera de créer son site web officiel, pour complémenter ses efforts d’auto-promotion via les réseaux sociaux.

Elle poursuivra en parallèle sa réflexion sur sa structure budgétaire, les fonds de roulement disponibles, le calendrier à venir pour clarifier les secteurs d’affaires à prioriser et les « indicateurs de succès » à mesurer. 

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À ne pas manquer la semaine prochaine:

Une métaphore intéressante à l’art de pivoter et une critique du livre « Zero to one » de Peter Thiel.

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue