Les défis du web à bas prix: quand les réseaux sociaux ne suffisent plus

Un an sans site web !

Depuis qu’elle s’est lancée en affaires, Isabelle Moïse, consultante à son compte en marketing et événementiel a beaucoup tablé sur sa présence dans les médias sociaux pour maintenir le contact avec son réseau et mousser sa notoriété auprès de clients potentiels. Compte Twitter, compte Facebook, compte LinkedIn, (…), elle dénombre plus de 1000 abonnés qui la suivent quotidiennement et partagent avec elle ses réflexions diverses. Disciplinée, elle s’active tous les jours sans exception et partage toutes sortes de nouvelles adaptées selon les canaux. 

Elle aura ainsi tenu plus d’un an sans site web. L’heure du site a maintenant sonné. Ce n’était qu’une question de temps!

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Avec la multiplication de ses contrats et les réalisations à son actif, elle souhaite aujourd’hui se doter d’un site web pour maximiser sa vitrine en ligne, avoir plus d’espace pour décrire ses services, présenter des photos ou vidéos d’événements coordonnés en exemple, mettre ses clients satisfaits de l’avant, ce que les réseaux sociaux ne lui permettent pas toujours de faire dans la forme qu’elle souhaiterait actuellement. Bien sûr, son site lui permettra de rejoindre un plus grand marché. Puis, le blogue qu’elle se promet d’y intégrer lui permettra d’engager (une fois de plus) la conversation avec ses visiteurs.

Cela dit, le constat est indéniable: si l’importance d’un site web en affaires demeure incontestable, l’urgence de sa mise en ligne reste, pour sa part, encore bien relative, selon le contexte. Même en 2014… ou surtout en 2014?  Vos commentaires sont bienvenus !

Comme Andry Lant Rakoto, elle compte utiliser un gabarit pour minimiser les coûts de développement et accélérer la mise en ligne. Une panoplie de fournisseurs mondialement reconnus tels que WordPress, Wix, Weebly seront certainement évalués par Isabelle. Il lui sera crucial de bien définir ses besoins à court, moyen et long terme, pour choisir adéquatement son outil d’édition. Visera-t-elle à moyen terme un marché international l’obligeant à multiplier les versions linguistiques de son contenu en ligne? Voudra-t-elle intégrer à son site un extranet pour faciliter les communications avec ses clients? Ce ne sont que quelques exemples de questions qu’elle devra se poser chemin faisant… La définition de ses services est déjà amorcée depuis plusieurs mois.

Une pierre, deux coups

Isabelle vise concrètement la mi-décembre pour mettre en ligne son site. Ce délai de quelques semaines semble bien réaliste a priori. Stratégique, elle jouxtera l’annonce de la sortie de son nouveau site à ses voeux des Fêtes. Idem pour les résolutions de la Nouvelle Année. Elle profitera de ses différentes tribunes dans les réseaux pour mousser le trafic également.

Isabelle envisage quelques avenues publicitaires telles que Facebook pour la promotion de son futur site. Elle réfléchit aussi à une éventuelle campagne de mots clés. Elle aura un budget limité à consacrer à la promotion du site à venir.  Sa présence importante sur les réseaux sociaux lui servira certainement, encore une fois, de levier efficace. Et, pour ce qui en est du référencement organique, elle pourra compter sur l’intégration d’articles de blogue dans son propre site pour supporter sa stratégie de contenu et maximiser son SEO.

Voici à ce propos un petit sondage éclair qui aiguillera certainement Isabelle Moïse pour l’alignement de sa promo à venir. Merci pour votre participation!

Quoi de neuf ?

Ces jours-ci, Isabelle commence une collaboration plus intensive comme consultante en communications et marketing pour un gros client, à raison de 2 jours par semaine. Ce nouveau mandat lui permettra de mettre à profit son expertise comme stratège, une force qu’elle souhaite depuis toujours mettre davantage de l’avant dans la définition de ses services. Aussi, ce contrat lui permettra de retrouver cet esprit d’équipe qui lui a toujours été si cher et qu’elle avait un peu perdu dans la dernière année, en tant que travailleur autonome.

Par ailleurs, ce contrat à durée indéterminée contribue à nourrir sa réflexion sur l’équipe, et l’embauche de coordonnateurs éventuels, étant donné qu’il la mobilisera de façon importante en dehors du bureau d’iMoïse Conseil. De beaux problèmes…

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Maxime Jobin, stratège web, nous suggère des trucs pour un site web gagnant!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

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Les défis du web à bas prix: la guerre des mots clés menée contre les géants du e-commerce

Frédéric René (Likisoft) est un habitué du web. Il connaît les rouages, les tactiques, les meilleures pratiques à adopter. Il est accompagné au quotidien d’une équipe ferrée de designers, intégrateurs, développeurs avec qui il assure une veille. Son produit est numérique, et il a déjà un super site web, c’est forcé!

Son défi à lui: se démarquer dans les moteurs de recherche, sortir du lot dans la marre des résultats, afin d’attirer un trafic de qualité et maximiser les chances de retombées directes.

Son budget de promotion en ligne est nettement plus élevé que celui des 2 autres entrepreneurs suivis dans ce blogue. Il demeure malgré tout bien mince en comparaison avec celui de ses compétiteurs (Shopify, Etsy, WPress et tutti quanti) ayant déjà des millions d’utilisateurs, et jouissant d’une notoriété internationale dans le même secteur d’activités (le e-commerce).

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Une joute de tous les instants avec Google 

Taper, juste pour voir, les mots « commerce » et « électronique » dans votre moteur de recherche. Pour arriver en tête de liste suite à la recherche de ces 2 mots conjugués, les compagnies peuvent dépenser plus de 10$ (par recherche d’internaute) dans les « enchères d’Adwords » . Vous l’aurez compris, se positionner sur la toile dans ce secteur n’est pas chose simple! On doit redoubler d’ingéniosité, mais surtout de rigueur à l’occasion de campagnes de mots clés. Pas question de s’asseoir sur son « steak » après avoir dressé une liste d’expressions pour Google Adwords et laisser aller la campagne.

Tous les jours, Frédéric et son équipe s’assurent que les mots ciblés au début de l’idéation de leur campagne rapportent concrètement des précieux clics, ne coûtent pas trop cher par rapport à leur efficacité (donc qu’ils entraînent des achats), et permettent réellement de se hisser dans le haut des résultats de recherche. Son petit budget (50$ par jour) demande une supervision accrue, car les dollars quotidiens pourraient s’épuiser beaucoup trop vite si on laissait des mots onéreux mener le bal.

Pour faire durer une campagne de mots clés, il faut régulièrement jouer de contorsions, faire des tests A-B, comprendre comment les clients visés effectuent leurs recherches, quels secteurs de produits sont peu représentés pour profiter du champ lexical laissé pour compte par les compétiteurs. Bref, un exercice exigeant de temps souvent minimisé par les agences, selon lui.

Frédéric se paye présentement une campagne exploratoire. A 50$ par jour, il compte donc tenir 3 mois, pour en bout de ligne vraiment savoir quels mots lui auront été les plus profitables. Ensuite, fort de sa meilleure compréhension sur les mécanismes de recherche de ses visiteurs, il établira une campagne plus élargie. Frédéric devra donc mesurer les retombées de chacun des 4500$ investis stratégiquement dans l’opération.

Un blogue: tabler sur les acquis

En plus de sa campagne de mots clés, Liki maximise son référencement organique grâce à la tenue d’un blogue spécialisé en e-commerce. Depuis le début, cette tribune permet à son frère et lui de se positionner comme experts en e-commerce, ainsi qu’en tant que leaders d’opinion. Leurs articles servent à vulgariser certains concepts en lien avec l’industrie et donnent beaucoup de crédibilité à Liki auprès de la presse, des pairs et des clients. Leur blogue faisait carrément partie de la stratégie communicationnelle au départ, et le ton adopté cadrait avec leur image de marque. Typiquement, les textes étaient publiés sur une base hebdomadaire. Le contenu généré au cours de la première année (plus de 52 articles) est donc substantiel. En pleine crise de croissance, le rythme de publication s’est ralenti, priorités obligent. Ses collègues et lui ajoutent toujours des nouveaux articles le plus souvent possible, mais quand le temps manque, ils mettent à jour des articles d’archives, leur ajoutent des nuances, des statistiques et bonifient le contenu. Les sujets abordés dans le blogue sont appelés à s’inspirer des questions les plus fréquemment posées par les clients.

À la vitesse grand V depuis 1 mois

Pas de répit pour Frédéric ces temps-ci, puisque les efforts soutenus des derniers mois portent enfin fruits. Beau problème, il s’en réjouit!

Les vendeurs sont plus « rodés », et performent bien en étant payés à la commission. Deux vendeurs additionnels viennent de se joindre à l’équipe. Les ventes augmentent de façon exponentielle. De nouvelles stratégies tarifaires sont explorées et seraient bientôt profitables pour des membres de certains regroupements.

Un acteur majeur vient de s’enquérir officiellement de sa solution en marque blanche. Plus de 60 000 clients de ce revendeur seront donc sujets à utiliser leur plateforme de commerce en ligne simplifiée. La structure technique de la solution devra irrémédiablement être à la hauteur. La marge de manoeuvre est de zéro. Si tout se passe bien, ce partenariat en attirera assurément d’autres.

Des récents contacts ont été établis en Amérique du Sud, et certains marchés émergents présentent un potentiel inouï pour Likisoft. Dans cette optique, les questions fiscales, financières et légales devront faire l’objet d’un coaching d’affaires le plus rapidement possible. Du mentorat entourant la négociation tactique sera également requis. Boursiers de la Fondation Montréal inc., les frères René pourront donc compter sur un réseau impressionnant d’experts en ce sens.

En terminant, un petit sondage éclair:

À surveiller la semaine prochaine:

Les défis du web à bas prix: Isabelle Moïse nous parle de son plan de match en ligne!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

 

 

Les défis du web à (très, très) bas prix

En 2014, la nécessité pour une entreprise en démarrage d’avoir un site web n’est pas à débattre. Les entrepreneurs suivis dans ce blogue sont tous présentement en train de travailler sur une nouvelle campagne ou une nouvelle approche en ligne. Leur niveau de familiarité avec les différentes étapes de développement d’un site ou d’une tactique promotionnelle web est très différent l’un de l’autre. Un point commun par contre: un budget infinimum, comme dirait Richard DesjardinsLe thème des défis du web à bas prix au cours du mois de novembre s’imposait de lui-même en terme de timing. Ainsi soit-il!

Nom: Andry Lant Rakoto
Niveau de confort avec le web: 3 sur 10
Budget: 1 sur 10
Démarche initiale : engager un développeur à son compte
Site: http://www.marclan.ca
Catégorie: vente en ligne de produits fins d’origine malgache

 

 

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Comme un million de gens…

Comme des millions d’autres, Andry Lant Rakoto n’est pas très familière avec les différentes étapes, les bonnes pratiques web, et peine à évaluer la pertinence des offres de services qu’on lui fait. Elle lit, se renseigne, mais clairement, ce n’est pas sa tasse de thé, elle s’en confesse. Mais elle vise comme tout le monde un site efficace, arrimé à l’image de sa gamme de produits. Elle aspire à un design axé sur ses objectifs de conversion. Elle est bien consciente que son site n’est pas parfait.

Occupée à d’autres dossiers cruciaux, elle a d’abord engagé un développeur indépendant qui lui promettait de lui programmer un beau site internet pour pas cher. C’est lui qui a réalisé toutes les étapes de développement, d’intégration et de tests. Il a géré la mise en ligne. Elle lui a fait confiance et s’est laissée guider.

Elle n’a malheureusement pas assez réservé de budget pour la maintenance du site (la mesure des résultats, la mise à jour du site, et l’évolution de l’architecture et du design en fonction de l’évolution de ses gammes de produits). La promotion du site via des campagnes de mots clés et l’optimisation de contenu en fonction des moteurs de recherche sont, toujours pour des questions d’argent, restées inadéquates.

Après désormais 8 mois en ligne, elle est déçue du site qui lui apparaît peu ergonomique, peu axé sur la vente en ligne et peu performant. Elle n’est pas capable de le mettre à jour à sa guise pour ajouter de nouvelles gammes de produits à la liste. Elle comprend mal son outil de gestion de contenu et n’est pas maître du « code source » programmé par le développeur.

Certes, le site répond à son besoin d’être présente sur le Web, lui sert bien de carte d’affaires au quotidien, et a permis à quelques milliers de visiteurs de découvrir ses produits. Mais les transactions en ligne doivent augmenter en priorité. C’est son objectif de conversion no 1. Elle ne croit pas qu’elle y parviendra avec le site actuel.

Pourtant, elle a toujours su, particulièrement dans le secteur du commerce au détail, que l’image et le design d’un site sont cruciaux. Mais la distribution des dollars pour l’ensemble de l’oeuvre a été mal répartie: trop d’argent investi sur le site comme tel, et pas assez sur les éléments qui font qu’on le consulte, qu’on le réfère, qu’on y accède, qu’on l’utilise, qu’on le partage et qu’on y revient. Comme si l’on avait construit un palais dans le désert, mais sans route pour s’y rendre.

Un diagnostique révélateur

Telle qu’elle nous en parlait il y a un mois, Andry a fait analyser le site et le référencement organique qui lui génère présentement du trafic afin de connaître l’état des lieux. Verdict, sans surprise:

  • ajustement des textes nécessaire pour améliorer la performance de mots-clés et leur référencement organique
  • changement de plate-forme d’édition pour avoir la souplesse d’ajuster l’architecture du site en fonction de l’évolution de ses gammes de produits, selon les marchés visés
  • modification des fonctionnalités et du design pour maximiser les ventes.

Par contre, le budget n’a pas changé: environ 1000$ seront disponibles pour l’année à venir. 

C’est là qu’on est rendu! Maintenant, il s’agit d’appliquer les recommandations précédentes.

Déterminée, elle envisage d’utiliser un gabarit pour faciliter l’édition, minimiser les coûts d’intégration et de développement. Elle gardera la majeure partie de son budget pour la promotion du futur site. Des firmes soumissionneront pour la mise en oeuvre des étapes subséquentes.

Qu’en pensez-vous?

 

Sinon quoi d’autres?

Bonne nouvelle: la sortie des produits de breuvages exotiques s’est déroulée comme prévu! Thé, chocolat chaud de luxe et café sont désormais offerts en ligne pour les amateurs. Des petites douceurs pour soi ou pour offrir en cadeau, c’est toujours apprécié!

Au Québec depuis seulement 4 ans, Andry est en train de bâtir son réseau de contacts, entre autres avec ses pairs entrepreneurs. Elle multiplie ses activités de réseautage. Elle tiendra d’ailleurs un kiosque au Salon des Jeunes Entrepreneurs Immigrants ce samedi 8 novembre au marché Bonsecours.  Venez la rencontrer!

Par ailleurs, Andry est actuellement à la recherche d’un mentor, car elle a besoin de parler de son entreprise, mais également de briser l’isolement. Elle cherche donc un mentor qui saura non seulement l’aiguiller dans l’orientation stratégique de Marclan, la challenger sur ses décisions, se faire l’avocat du diable et lui donner l’heure juste, mais aussi l’aider à mettre en perspective ses doutes, ses états d’esprits comme entrepreneure.

Aussi, elle mènera des recherches en ce qui a trait au support à l’exportation dans les prochaines semaines. À suivre!

A surveiller, sur le même thème, mardi prochain:

David se mesure à Goliath: le témoignage d’un habitué du web, Frédéric René de Likisoft!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

 

 

 

L’art de pivoter: Le luxe de pivoter seule!

Le fantasme d’être son propre patron, de faire ses horaires, de faire ses suivis téléphoniques en pyj sur son balcon au chalet, en buvant un grand latte fait maison, tout relax, avec la barbe de trois jours ou sans maquillage si possible, habite plusieurs d’entre nous.

Même si tout le monde sait bien que la réalité d’un travailleur autonome est dans les faits tout autre, l’idéal persiste. Isabelle Moïse, à son compte depuis 1 an, vous en parlerait pendant des heures.

Cet idéal dessert bien les clients, cela dit: ils savent bien que la « shop » ne ferme jamais vraiment! Certes, l’espace temps est plus souple, mais la plage horaire où les blocs de travail s’exécutent, elle, est beaucoup plus large! Et, pour une jeune consultante en événementiel et marketing, service-clientèle et compétition obligent à être disponible en tout temps. Surtout en démarrage, tout repose sur ses épaules. Dur, dur, de prendre des vacances ou de débrancher le téléphone.

Très expérimentée et appuyée d’un réseau impressionnant à la fois de clients, de fournisseurs, de mentors, d’amis issus de nombreux secteurs et de partout dans le monde, Isabelle carbure aux nouveaux projets. Beau problème, on en conviendra tous, les contrats viennent à elle et sont nombreux, donc elle peine un peu à balancer la réalisation de ses mandats avec son développement des affaires.  Le temps requis pour réellement se pencher en profondeur sur sa stratégie de marketing et sa stratégie financière manque cruellement.

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Poussée par le vent, à la croisée des chemins

C’est dans une boîte spécialisée en organisation d’événements corporatifs de tous acabits, Opus 3, qu’elle a pris du galon. Pendant 10 ans, elle a gravi tous les échelons, d’abord comme coordonnatrice de projets, puis comme directrice de comptes, pour finalement assurer la direction générale en 2012. Mais, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel, Isabelle a eu besoin, en 2013, d’un temps de réflexion, pour se retrouver, se reconnecter avec ses envies, ses ambitions.

En prenant le pouls à gauche et à droite, plusieurs de ses amis ou ex-clients l’encourageaient à se lancer en affaires. Les gens la rassuraient sur la valeur de son nom, sa réputation, et souhaitaient continuer de faire affaire avec elle. Elle se retrouvait donc devant un choix à faire: continuer en tant qu’employée dans une (autre) entreprise, ou se lancer, et si oui, comment ?!

Un an d’étude empirique

Candidement, elle en convient, c’est sans plan réellement précis qu’elle décida de faire le saut. C’est beaucoup plus son besoin de réalisation, de découverte, et de changement à tous les niveaux qui l’a poussée dans l’arène. Elle connaissait ses forces et les a simplement mises de l’avant dans son offre de service. That’s it!

Mais, prudente, elle s’est toujours dit qu’elle observerait pendant 12 mois comment ça se passe sur le terrain, conviendrait de certaines éphémérides, vérifierait si le portefeuille est toujours minimalement garni dans les périodes plus creuses pour mieux les planifier dans le futur. Elle a donc mené une étude de marché, dont elle-même faisait l’objet, qui la questionnait dans sa propre position, et lui permettait de raffiner sa niche. Normal, elle incarne sa propre marque! Son produit (c’est elle) et son bagage de 10 ans comme directrice-conseil dans la même sphère chez son ancien employeur lui permettent de tabler sur sa connaissance du marché et de la compétition.

Cela dit, à l’écoute de ses émotions et ses envies personnelles, elle embrasse certains partenariats, choisit ses mandats et les trie subséquemment.  Que ce soit parce que le secteur d’activités de son client l’intéresse, ou que la bonne cause l’interpelle, ce n’est pas a priori pour l’argent qu’elle fait ce métier. Idéaliste? Certainement! De façon assumée de surcroît. Mais sans pour autant ne pas avoir de visées ambitieuses. Seulement, à ce stade-ci de sa vie, c’est avec le désir profond d’aider en mettant son expertise au profit des autres, d’être connectée avec ses réelles envies et ses valeurs qu’elle avance. Son offre de services et son message ont, à titre d’exemple, été ajustés au cours de l’année pour positionner plus fortement ses services comme stratège, ce qu’elle souhaite faire, pour aller au-delà des services logistiques (son étiquette naturelle de toujours).

Pivoter et gérer ses propres attentes

Quand on aborde la question du pivotement, elle hésite. «  L’art de pivoter, pour moi, c’est s’adapter et réagir au bon moment pour ré-enligner les flûtes, tout au long de son évolution. Comme je suis seule pour l’instant, que cela fait 1 an seulement que je suis enregistrée, et que mon plan d’affaires n’est pas encore à proprement dit arrêté (j’y travaille, cela dit!), mon plus grand défi d’adaptation est celui de gérer mes propres attentes, et surtout de mesurer l’importance de certains aspects dans mon bonheur professionnel. Faire des choix d’affaires conséquents à mes valeurs intrinsèques.» 

C’est automatique: c’est quand on perd quelque chose, qu’on découvre à quel point on l’appréciait. Comme Isabelle est une véritable « bibitte sociale », la cohésion avec un groupe au quotidien et le travail d’équipe, entre autres, lui manquent parfois. L’auto-discipline et le courage de ses idées, en tout temps, lui sont d’autant plus essentiels depuis qu’elle est à son compte.

« C’est toute une aventure humaine, en tout cas, je me découvre énormément…», confie-t-elle.

Qu’est-ce qui se trame?

Dans les prochaines semaines, Isabelle s’occupera de créer son site web officiel, pour complémenter ses efforts d’auto-promotion via les réseaux sociaux.

Elle poursuivra en parallèle sa réflexion sur sa structure budgétaire, les fonds de roulement disponibles, le calendrier à venir pour clarifier les secteurs d’affaires à prioriser et les « indicateurs de succès » à mesurer. 

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À ne pas manquer la semaine prochaine:

Une métaphore intéressante à l’art de pivoter et une critique du livre « Zero to one » de Peter Thiel.

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

L’art de pivoter

Certains voient des signes partout…

Puis, d’autres disent qu’il s’agit de chercher des signes pour en trouver, pertinents ou non…

Disons que, pour ma part, je suis fascinée par les timings! La chanson préférée de mon amoureux qui joue en sourdine à l’épicerie au moment-même où j’oubliais d’acheter le pain qu’il m’avait demandé. Ce genre de coïncidences rigolotes et inoffensives nous font profiter des clins d’oeil de la vie!

Pour la première thématique, celle du mois d’octobre, il me semblait évident qu’il fallait trouver un sujet qui serve à la fois à intéresser le lectorat, mais aussi lui présenter d’emblée le chemin parcouru par les entrepreneurs sous notre loupe!

Le sujet du pivotement, ou l’art de naviguer suite aux disparités entre le plan initial et la réalité concrète, me semblait idéal en ce sens. La notion des changements qui les obligèrent souvent à modifier leur trajectoire ou même parfois à faire des compromis sur leur vision avec tout ce que cela entraîne en termes de stratégie, financement, dotation, etc.

C’est forcé: les feuilles d’automne qui changent de couleurs y ont sûrement été pour quelque chose dans le choix de la thématique, non?  ; )

Cette semaine, je me suis entretenue avec Andry Lant Rakoto (Marclan et Arts&Pierres), spécialisée dans les produits fins et gourmets de Madagascar.

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Malgache elle-même, Andry a une feuille de route impressionnante. C’est avec tout un bagage d’expériences que le Québec l’a accueillie il y a déjà 4 ans. Entrepreneure dans l’âme, elle a démarré ses deux premières entreprises à l’âge de 20 ans, et a été l’instigatrice de plusieurs projets internationaux d’aide aux entrepreneurs dans près d’une dizaine de pays dans le cadre de ses fonctions au sein de deux grandes organisations internationales, la Francophonie et le Groupe de la Banque Mondiale. Son parcours académique en entrepreneuriat, en relations internationales et en comptabilité, doublé de sa passion pour le mentorat, lui ont permis d’aider d’autres entrepreneurs en démarrage au Québec. Elle savait donc pertinemment ce qui l’attendait en lançant, en janvier 2014, son entreprise Produits Fins Marclan.

À la question du mois, elle répond simplement : tout ou à peu près tout du plan de match a été re-visité depuis son démarrage d’entreprise. Heureusement, son modèle d’affaires prévoyait une marge de flexibilité dès le départ. Les prévisions financières dues à un optimisme débordant, les variations du marché des épiceries fines très lié à l’économie, et le manque d’expérience en commerce de détail, sont les principales raisons qui l’ont amenée à revoir sa stratégie de produits et sa stratégie de commercialisation.

Des prévisions de ventes trop optimistes (un classique!)

Au départ, ses ventes de produits (s’avérant surévaluées par la suite) devaient assurer le fond de roulement de l’entreprise. Elle avoue être tombée dans le piège de l’optimisme.

Après avoir fait des études de marché se révélant extrêmement positives en comparaison avec les produits similaires en termes de « packaging », de qualité des produits, et de distribution, elle croyait bien pouvoir compter sur un succès rapide de notoriété, et des ventes substantielles. Au-delà de la rétroaction positive sur ses produits, ses études de marchés ne lui ont pas permis par contre de mesurer suffisamment la résistance des gens au fait de faire affaire avec une nouvelle entreprise sans historique de succès.

En plus, sa stratégie de prix était potentiellement mal adaptée. Autrement dit, elle était tiraillée entre le prix de pénétration et le prix d’écrémage souhaité à maturité éventuelle. Elle craignait qu’un prix trop bas n’entraîne une remontée trop lente pour rattraper le prix du marché dans la catégorie de produits concernés (les épices fines de Madagascar comme la vanille, la cannelle, le poivre rose, le poivre noir et les clous de girofle).

En conséquence, premier pivotement : la consignation ! Les détaillants ont pris ses produits en consignation au lieu de procéder à des commandes fermes, et par ricochet, beaucoup de temps a été investi dans le suivi que cette distribution sous-entend pour le suivi des inventaires en étalage chez des consignataires, de façon régulière (aux 2 ou 4 semaines).

Et puis, surtout, ce sont les ventes qui n’étaient pas assez importantes.

Diversification et commercialisation en ligne

Andry a rapidement ajusté le tir et revu sa stratégie de commercialisation : deuxième pivotement ! Elle en est venue à désormais considérer deux canaux de distribution. Les épiceries fines demeuraient toujours une voie incontournable, mais le web devait désormais faire partie de l’équation. En plus de permettre une plus grande disponibilité des produits, cette stratégie sur Internet permettrait d’accéder à de nouveaux fonds.

Ainsi, elle a reçu de nouvelles sommes d’argent des programmes d’aide au développement du commerce électronique, et les a investies dans l’élargissement de sa gamme de produits, et dans la mise sur pied de sa plate-forme de boutique en ligne.

En plus des épices, elle ajoute rapidement des produits corporatifs pour bonifier son offre. Coffrets de thé de Madagascar, sirop d’érable à la vanille de Madagascar, et chocolats fins au poivre rose sont désormais disponibles aux internautes. Une autre gamme de produits est en train de voir le jour en ce moment-même, celle des breuvages. Le café grand cru (depuis le mois d’août 2014) et bientôt le thé noir, ainsi qu’un mélange de chocolat chaud de luxe aux effluves de l’île-vedette verront le jour sous peu. Tout s’enchaîne à vive allure. C’est en moyenne un nouveau produit par mois qui s’additionne à la gamme de produits.

Un financement en multiples phases

Elle résume ses démarches en disant : «J’avais les moyens de démarrer, mais pas tous les moyens pour pivoter». Sa recherche de financement en différentes étapes était la conséquence de son besoin d’ajuster son modèle daffaires. Elle admet que cest difficile de trouver les justificatifs de financement supplémentaire, quand les ventes ne sont pas encore au rendez-vous. 

Les premiers mois en affaires au Québec d’Andry lui ont donc permis de pratiquer « l’art de pivoter ». C’est par ailleurs toujours en gardant sa vision initiale qu’elle a jazzé son plan d’action. 

Le mot de la fin:

Conseil d’Andry:  » Toujours partir dun modèle daffaires comportant plusieurs scénarios, et avoir les moyens minimum pour les réaliser sans que le financement de ces derniers ne  dépende des ventes ! ».    

Qu’est-ce qui se trame?

Pour Andry, le prochain mois sera focalisé sur ses défis de commercialisation en ligne. Elle devra faire soumissionner différentes agences spécialisées en web pour dresser un portrait détaillé de la situation et maximiser l’efficacité de son site.

Plusieurs actions seront nécessaires pour maximiser son référencement et booster son trafic, mais surtout, augmenter ses ventes en ligne (son taux de conversion).

Bien consciente de ses limites en la matière, elle prévoit déjà se renseigner davantage sur les meilleures pratiques à suivre, et démystifier le jargon utilisé dans le milieu. Le SEO, les campagnes Adwords, le PPC, le UX autant d’acronymes à décortiquer, pour être mieux outillée et négocier avec les soumissionnaires, et juger de leurs offres de services.  Elle poursuivra également ses réflexions entourant la pertinence d’avoir pignon sur rue.

(À noter: Une éventuelle thématique du blogue Le feu sacré portera d’ailleurs sur les meilleurs pratiques web. À suivre!)

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À surveiller la semaine prochaine, sous le même thème:

Frédéric René (Likisoft) sera sous les feux de la rampe. On abordera entre autres les défis du développement d’une solution de commerce en ligne, et les délais dus aux imprévus de programmation dans le calendrier de commercialisation .

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue