2015: Liki parmi les entreprises de e-commerce à surveiller de près

Lindustrie du web et les médias soulignent de plus en plus le travail accompli par les fondateurs de Likisoft, ainsi que la qualité de la solution quils proposent. Des blogueurs constamment à laffut des tendances classent Liki parmi les entreprises de e-commerce à surveiller en 2015. 

Sylvain Carle, lors de la conférence le 2 octobre au eCom du CQCD, mentionne Likisoft comme
l’une des 20 entreprises à suivre au Canada en matière de commerce électronique. https://fr.slideshare.net/secret/8vrCfjgDyxA2xS – (p.51)

Kim Auclair, sur le blogue d’Achat brillant, révèle Liki comme
une des 3 plates-formes québécoises pour héberger votre boutique en ligne.

En ce début de 2015, l’équipe de Likisoft toute entière a le vent dans les voiles.

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2014 fut une année de révision stratégique et dexpansion.

Les ventes ont progressé grandement: plus de 200 boutiques en ligne ont désormais adopté la solution de commerce électronique simplifiée proposée par Liki.

La nouvelle stratégie de vente de la solution Liki en marque blanche aura porté fruits. Grâce aux nouveaux marchés désormais à la portée de Likisoft, la réponse des bailleurs de fonds et des clients est très enthousiaste et se traduit déjà par des projets pilotes en cours avec des joueurs majeurs et de nouvelles formes de partenariat avec des clients.

Larrivée de nouveaux membres dans l’équipe tel que Ray Chery à titre de partenaire stratégique au développement (pour ne nommer que lui) ny sont pas étrangers. Leurs expertises complémentaires permettent daligner les efforts pour maximiser lintérêt des « venture capital » et raffiner loffre à linternational.

« Le plan de commercialisation est désormais recentré sur les revendeurs de notre solution. Nos objectifs sont titanesques (1M$) pour la prochaine année! » mentionne Frédéric René, co-fondateur de Likisoft.

4 résolutions « internes » à suivre

« On a tellement travaillé cette année, il y a plein de choses quon na pas eu le temps de réaliser comme on le souhaitait et qui doivent être « mises à niveau » à linterne. On a toujours tendance à prioriser les clients et à mettre les activités administratives de côté. Dans loptique dune bonne gestion de la croissance,  il faut aussi porter attention aux outils internes essentiels au développement de lentreprise et à lefficacité des opérations, on en est bien conscients! Mais cest vraiment un défi au quotidien! » précise Frédéric.

Les résolutions 2015 seront donc:

1- Terminer le développement dune API qui nous permettra de connecter plusieurs systèmes externes à notre plateforme interne.  On vise aussi l’amélioration de nos outils de monitoring et de prise dappels pour le service clientèle.

2- Livrer plus souvent, absolument: on compte raccourcir la durée des itérations pour livrer plus souvent de nouveaux « blocs de codes ».

3- Etre toujours à jour dans nos activités administratives: non seulement cest important au plan comptable, mais ça permet de négocier avec les chiffres budgétaires les plus récents en tête, et ça permet dajuster les stratégies marketing à la lumière des statistiques de rendement les plus pertinentes (performances des ventes et du web).

4- Faciliter le travail de tous les membres de l’équipe en maximisant l’utilisation de notre nouvelle charte d’éthique corporative et guide à la prise de décisions. Cette charte permettra à tout le monde de valider ses décisions en les arrimant aux objectifs de Liki et à les prioriser afin de mieux gérer l’énergie déployée et de justifier les choix effectués. 

Et, sur le plan personnel, Frédéric veut se remettre à la méditation.

« Jen faisais avant, puis ça me faisait le plus grand bien. Comme jai peu de temps pour moi, cette activité « condensée » me plait beaucoup! » ajoute-t-il.

Après des vacances de Noël passées avec bonheur en famille, Liki passe « en 5e », comme on dit! Lan 2014 a été une année de pivot, durant laquelle toutes les recommandations reçues et les possibilités ont été évaluées. Par contre, le plan de match est désormais « béton » et cest lautoroute qui sera désormais empruntée

Le blogue Le feu sacré sera aux premières loges pour en rendre compte, toute au long de 2015. À suivre!

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À ne pas manquer mardi prochain:

Isabelle Moïse en entrevue sur son baptême des affaires et ses résolutions, comme consultante à son compte.

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

2015: les produits fins Marclan sur toutes les lèvres (et dans la bouche idéalement! )

En période de démarrage d’entreprise, chaque étape franchie est cruciale, car les assises sont récentes. Faut pas trop se tromper, si possible. Même dans la prise de nos « résolutions »…

Le thème de janvier du Feu sacré abordera la question des bilans et des résolutions d’affaires de 2015 des trois jeunes entrepreneurs en vedette dans ce blogue.

Fait amusant, en début d’entrevue, ils m’ont tous les trois déclaré qu’ils ne prenaient habituellement pas de résolutions. Question de vocabulaire, je présume…  En ce qui me concerne, que l’on préfère utiliser les termes « plan de match », « souhaits », « priorités », « éléments cruciaux à venir » ou « incontournables » pour en discuter ne change rien: on parle de ce qui s’en vient cette année !

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Le démarrage d’une ligne de produits d’épicerie fine, c’est comment?

Parlez-lui en! L’année 2014 n’aura pas été de tout repos pour Andry Lant Rakoto, fondatrice et présidente des produits Marclan! Depuis un an, c’est en bonne « lionne » qu’elle a « attaqué » le marché des épiceries fines au Québec et a commencé à établir son « territoire ». Le bilan est positif.

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Andry a « consolidé sa chaîne de valeurs » et s’est assuré que l’approvisionnement de ses produits allait pouvoir répondre à la demande des clients. Marclan possède désormais une unité de production, dans les normes internationales, à Madagascar.

Elle a développé 4 nouvelles gammes de produits fins, authentiques de Madagascar : breuvages chauds, chocolats épicés, coffrets cadeaux et produits vanillés gourmets.

Elle a mis en ligne 2 sites web qui lui ont amené plus de 10 000 visiteurs (marclan.ca et arts-pierres.ca). 

Elle a apprivoisé la chaîne de distribution et s’est grandement familiarisée avec le marché des épiceries fines au Québec.

Elle a rayonné dans diverses associations et a établi des contacts pour grossir son réseau en notre belle terre d’accueil !

Et finalement, entre la famille et les obligations du quotidien, notons de plus qu’elle a obtenu un nouveau titre comptable: celui de CPA, CMA.

C’est tout un exploit qu’elle a réalisé cette année. 

« Je suis très fière de ce que j’ai accompli. Jamais je n’ai regretté une seule seconde d’être partie en affaires. » dit-elle, avec les papillons au coeur.

Sur le plan personnel, l’année 2014 aura été grisante et valorisante et lui aura permis d’acquérir plus de confiance en elle.

Mais, malgré ce bilan extraordinaire, Andry est loin de se « péter les bretelles » et de s’asseoir sur ses lauriers.

Le niveau d’énergie a beaucoup varié au cours de l’année. La résistance du marché à ses produits a entraîné des doutes en cours de route et quelques phases de découragement.

Il y a encore beaucoup à faire pour consolider son réseau de distribution dans les épiceries fines. Puis, les ventes en ligne sont bien loin d’être au niveau souhaité. Elle est déçue de la faible percée de ses produits chez les détaillants, et les ventes devront augmenter sérieusement et rapidement, dans les prochains mois, pour pouvoir rester dans la course.

Reposée après des vacances des Fêtes bien méritées, Andry s’affaire déjà dans cette 2e année de démarrage.

Qu’est-ce qui se trame en 2015?

La liste des projets en cours, notamment la refonte de son site web, l’élargissement de son réseau d’affaires et le financement participatif, est très prometteuse.

En 2015, elle vise à ce que les produits fins Marclan soient sur toutes les lèvres et dans la bouche idéalement!

Des idées germent pour relancer certaines stratégies de commercialisation qui furent abandonnées en cours de route en 2014. Elle a la conviction d’être sur la bonne voie. Certains experts de l’industrie lui ont confirmé la pertinence de ses idées.

La patience sera son meilleur allié. 

4 bonnes résolutions pour 2015

On dit que pour être en mesure de réaliser ses « résolutions », il faut en faire moins de 4, car « si on veut réussir à faire embraser un feu, il faut débuter par enflammer quelques brins d’herbe! »

Voici celles d’Andry:

1- Tabler sur les acquis, les mettre en valeur et maximiser les investissements de 2014 en temps et argent. 

2- Se trouver un partenaire d’affaires: après les efforts déployés pour structurer la « chaîne de valeurs en amont » (la production des produits), c’est la mise en marché de ces derniers, en aval, qui fera l’objet d’une attention accrue cette année et qui nécessitera autant d’investissements en 2015. De belles opportunités d’affaires s’offrent donc dans le cadre du plan de commercialisation et c’est avec confiance qu’Andry ouvre la porte aux investisseurs intéressés.

3- S’entourer davantage: trouver son mentor, consolider son comité aviseur, poursuivre les travaux de « focus group » avec les spécialistes de son industrie. Andry prend très au sérieux les conseils de son entourage pour l’aider à prendre du recul et la guider dans les défis de gestion rencontrés en tant qu’entrepreneur, mère de famille, et immigrante au Québec.

4- Prendre soin d’elle (santé & bien-être): un classique, mais combien nécessaire à l’équilibre mental et physique!

A suivre mardi prochain:

Likisoft passera en 5e vitesse cette année! Voyez pourquoi, avec Frédéric René, co-fondateur de la boîte, en entrevue.

Donc à la semaine prochaine,

Karina Brousseau, éditrice du blogue

Les défis du web à (très, très) bas prix

En 2014, la nécessité pour une entreprise en démarrage d’avoir un site web n’est pas à débattre. Les entrepreneurs suivis dans ce blogue sont tous présentement en train de travailler sur une nouvelle campagne ou une nouvelle approche en ligne. Leur niveau de familiarité avec les différentes étapes de développement d’un site ou d’une tactique promotionnelle web est très différent l’un de l’autre. Un point commun par contre: un budget infinimum, comme dirait Richard DesjardinsLe thème des défis du web à bas prix au cours du mois de novembre s’imposait de lui-même en terme de timing. Ainsi soit-il!

Nom: Andry Lant Rakoto
Niveau de confort avec le web: 3 sur 10
Budget: 1 sur 10
Démarche initiale : engager un développeur à son compte
Site: http://www.marclan.ca
Catégorie: vente en ligne de produits fins d’origine malgache

 

 

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Comme un million de gens…

Comme des millions d’autres, Andry Lant Rakoto n’est pas très familière avec les différentes étapes, les bonnes pratiques web, et peine à évaluer la pertinence des offres de services qu’on lui fait. Elle lit, se renseigne, mais clairement, ce n’est pas sa tasse de thé, elle s’en confesse. Mais elle vise comme tout le monde un site efficace, arrimé à l’image de sa gamme de produits. Elle aspire à un design axé sur ses objectifs de conversion. Elle est bien consciente que son site n’est pas parfait.

Occupée à d’autres dossiers cruciaux, elle a d’abord engagé un développeur indépendant qui lui promettait de lui programmer un beau site internet pour pas cher. C’est lui qui a réalisé toutes les étapes de développement, d’intégration et de tests. Il a géré la mise en ligne. Elle lui a fait confiance et s’est laissée guider.

Elle n’a malheureusement pas assez réservé de budget pour la maintenance du site (la mesure des résultats, la mise à jour du site, et l’évolution de l’architecture et du design en fonction de l’évolution de ses gammes de produits). La promotion du site via des campagnes de mots clés et l’optimisation de contenu en fonction des moteurs de recherche sont, toujours pour des questions d’argent, restées inadéquates.

Après désormais 8 mois en ligne, elle est déçue du site qui lui apparaît peu ergonomique, peu axé sur la vente en ligne et peu performant. Elle n’est pas capable de le mettre à jour à sa guise pour ajouter de nouvelles gammes de produits à la liste. Elle comprend mal son outil de gestion de contenu et n’est pas maître du « code source » programmé par le développeur.

Certes, le site répond à son besoin d’être présente sur le Web, lui sert bien de carte d’affaires au quotidien, et a permis à quelques milliers de visiteurs de découvrir ses produits. Mais les transactions en ligne doivent augmenter en priorité. C’est son objectif de conversion no 1. Elle ne croit pas qu’elle y parviendra avec le site actuel.

Pourtant, elle a toujours su, particulièrement dans le secteur du commerce au détail, que l’image et le design d’un site sont cruciaux. Mais la distribution des dollars pour l’ensemble de l’oeuvre a été mal répartie: trop d’argent investi sur le site comme tel, et pas assez sur les éléments qui font qu’on le consulte, qu’on le réfère, qu’on y accède, qu’on l’utilise, qu’on le partage et qu’on y revient. Comme si l’on avait construit un palais dans le désert, mais sans route pour s’y rendre.

Un diagnostique révélateur

Telle qu’elle nous en parlait il y a un mois, Andry a fait analyser le site et le référencement organique qui lui génère présentement du trafic afin de connaître l’état des lieux. Verdict, sans surprise:

  • ajustement des textes nécessaire pour améliorer la performance de mots-clés et leur référencement organique
  • changement de plate-forme d’édition pour avoir la souplesse d’ajuster l’architecture du site en fonction de l’évolution de ses gammes de produits, selon les marchés visés
  • modification des fonctionnalités et du design pour maximiser les ventes.

Par contre, le budget n’a pas changé: environ 1000$ seront disponibles pour l’année à venir. 

C’est là qu’on est rendu! Maintenant, il s’agit d’appliquer les recommandations précédentes.

Déterminée, elle envisage d’utiliser un gabarit pour faciliter l’édition, minimiser les coûts d’intégration et de développement. Elle gardera la majeure partie de son budget pour la promotion du futur site. Des firmes soumissionneront pour la mise en oeuvre des étapes subséquentes.

Qu’en pensez-vous?

 

Sinon quoi d’autres?

Bonne nouvelle: la sortie des produits de breuvages exotiques s’est déroulée comme prévu! Thé, chocolat chaud de luxe et café sont désormais offerts en ligne pour les amateurs. Des petites douceurs pour soi ou pour offrir en cadeau, c’est toujours apprécié!

Au Québec depuis seulement 4 ans, Andry est en train de bâtir son réseau de contacts, entre autres avec ses pairs entrepreneurs. Elle multiplie ses activités de réseautage. Elle tiendra d’ailleurs un kiosque au Salon des Jeunes Entrepreneurs Immigrants ce samedi 8 novembre au marché Bonsecours.  Venez la rencontrer!

Par ailleurs, Andry est actuellement à la recherche d’un mentor, car elle a besoin de parler de son entreprise, mais également de briser l’isolement. Elle cherche donc un mentor qui saura non seulement l’aiguiller dans l’orientation stratégique de Marclan, la challenger sur ses décisions, se faire l’avocat du diable et lui donner l’heure juste, mais aussi l’aider à mettre en perspective ses doutes, ses états d’esprits comme entrepreneure.

Aussi, elle mènera des recherches en ce qui a trait au support à l’exportation dans les prochaines semaines. À suivre!

A surveiller, sur le même thème, mardi prochain:

David se mesure à Goliath: le témoignage d’un habitué du web, Frédéric René de Likisoft!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

 

 

 

L’art de pivoter: de Peter Thiel à Miles Davis!

Nous en sommes désormais à l’heure de la rétrospective de la thématique du mois d’octobre, l’art de pivoter, abordée avec Andry Lant Rakoto (Marclan), Frédéric René (Likisoft), et Isabelle Moïse (iMoïse Conseil).

On l’a vu dans les dernières semaines, nos trois entrepreneurs enflammés pratiquent l’art de pivoter, à différents degrés. Ils le font pour des raisons diverses, de la survie budgétaire au feedback des clients sur leurs produits, de la nécessité d’ajuster leur stratégie communicationnelle au changement de leurs aspirations de départ.

La philosophie lean a fait couler beaucoup  d’encre depuis qu’Eric Ries a développé l’idée en 2008. Les entreprises de tous horizons ont départagé, depuis le temps, ce qu’elles pouvaient retirer de positif ou non de cette méthodologie, selon leurs secteurs d’activités, et selon leurs tailles. Elles se sont approprié le concept à leur manière.

Les principes de Peter 

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CRÉDITS PHOTOS: Forbes

Je viens de lire un livre d’exception, Zero to one, de Peter Thiel. Pour ceux qui ne connaissent pas l’auteur, c’est un investisseur des débuts de Facebook. Il est aussi co-fondateur de Palantir Technologies, co-fondateur de PayPal et investisseur en série dans de nombreuses compagnies telles qu’Airb&b et  LinkedIn. Sa fortune est estimée à plus de 2.2 milliards de dollars. En matière de risque et de management, on peut sans hésitation lui accorder une certaine crédibilité ; )

Zero to one ne parle pas que de la philosophie lean, mais en fait mention à plusieurs reprises.

Selon Thiel, 4 grandes leçons ont été retenues par l’industrie suite à l’explosion de la bulle techno au début des années 2000, et ces apprentissages sont devenus un genre de dogme dans le monde de « la startup ». Ces principes, les voici (traduits du livre):

1-Faire des petits pas: c’est la seule façon d’avancer avec assurance (quand on prétend changer le monde, c’est toujours suspect, et ça manque d’humilité!)

2-Toutes les compagnies devraient rester « lean », soit flexibles, et travailler en itération. Voir l’entrepreneuriat comme une expérience agnostique, évolutive, jamais coulée dans « le béton ».

3- Au début surtout, imiter « en mieux » la compétition, en n’essayant pas de créer un nouveau marché prématurément.

4- Focaliser sur les produits, pas les ventes.

Cependant, Thiel prévient que les principes opposés à ceux-ci ont, jusqu’ici, tout aussi bien tenu la route, et sont probablement même plus adaptés à l’entreprise en démarrage aujourd’hui. Je pourrais les traduire par:

1- Quitte à prendre des risques, faites-le pour la peine, pas pour des pacotilles.

2- Un mauvais plan, c’est toujours mieux qu’aucun plan!

3- Les marchés compétitifs minimisent les marges de profits.

4- Les ventes sont tout aussi importantes que les produits.

Comme dans n’importe quoi, la vérité n’est jamais toute noire ou toute blanche. Il n’y a pas que des avantages à l’approche lean. Il y a toujours des coûts rattachés aux changements de cap en entreprise, entre autres. Les investisseurs sont parfois frileux à l’approche par itération, selon le degré d’adhérence des entreprises. Plusieurs préfèrent minimiser les déviations au plan initial pour ne pas perdre la vision fédératrice initiale. Changer de route peut aussi être épuisant pour ceux qui sont touchés, tant physiquement qu’émotivement. Dans certains cas, cela peut même contribuer à une baisse de l’intérêt des troupes.

Le caractère des entrepreneurs et le style de gestion qu’ils préconisent influent beaucoup sur leur choix d’adopter une approche « lean », de pivoter ou non en affaires, et d’appliquer la théorie avec plus ou moins de rigueur le cas échéant.

So what?

Tout réside finalement dans la capacité d’adaptation des entrepreneurs, leur capacité d’improviser. Pas dans le sens de faire n’importe quoi, sans réfléchir. Dans le sens de suivre la « musique », et même la devancer. Du moins, c’est ce que moi, ça m’inspire.

 

CRÉDITS PHOTOS: http://www.theguardian.com/music/2011/jun/17/miles-davis-improvises-soundtrack

 

A l’instar du trompettiste jazz célèbre Miles Davis, leur talent pour suivre une partition « architecturale »(non-écrite), dans laquelle seulement les accords de transitions sont prévus dans la portée est requis. Leur capacité de jouer la prochaine ligne musicale, à créer spontanément la suite de l’oeuvre avec la complicité des autres collègues musiciens tout en gardant l’attention du « public » va déterminer leurs chances de succès dans l’application des principes lean.

Cela sous-entend être à l’écoute, rester fondamentalement ouvert et perméable à son environnement.  Ne pas avoir peur des fausses notes, mettre son égo de côté, et recommencer quand il le faut, malgré ses détracteurs. Se faire suffisamment confiance que le prochain « son » qui sortira de notre « instrument » cadrera bien avec la mélodie, sera innovant, authentique, mais restera sur la charpente de base, en lien avec l’idée de départ.

Le jazz prend beaucoup de temps à maîtriser, tous les musiciens vous le confirmeront. Je parle ici en connaissance de cause. Mais le jazz, c’est d’abord et avant tout un état d’esprit. Et je crois que c’est dans cet état d’esprit que les entrepreneurs doivent être pour maîtriser l’art de pivoter… Qu’en dites-vous?

Laissez-nous vos commentaires sur la question, ça permettra d’alimenter les réflexions de tous les participants au blogue, j’en suis certaine, mais également celles des lecteurs du blogue Le feu sacré!

Je vous laisse avec une de mes pièces favorites de Miles Davis, de circonstance en cette fin d’octobre: Automn Leaves .

Bonne écoute et à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

P.-S.: J’aurais souhaité clôturer sur le sujet en vous présentant un article d’un véritable expert sur l’art de pivoter, la philosophie lean, etc., comme c’est mon intention de le faire à chaque fin de mois, pour chaque thématique. Cela n’a pas été possible pour différentes raisons, qu’à cela ne tienne!  Je réitère à tous l’invitation: chaque mois, en 4e semaine, la porte est ouverte pour l’ajout d’un article de spécialiste du thème en cours! Contactez-moi si l’exercice vous interpelle, dès que le thème est annoncé !

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A surveiller mardi prochain:

Des nouvelles d’Andry Lant Rakoto et ses expériences en lien avec la thématique de novembre: Les défis du web à bas prix!

C’est un rendez-vous!

L’art de pivoter: Le luxe de pivoter seule!

Le fantasme d’être son propre patron, de faire ses horaires, de faire ses suivis téléphoniques en pyj sur son balcon au chalet, en buvant un grand latte fait maison, tout relax, avec la barbe de trois jours ou sans maquillage si possible, habite plusieurs d’entre nous.

Même si tout le monde sait bien que la réalité d’un travailleur autonome est dans les faits tout autre, l’idéal persiste. Isabelle Moïse, à son compte depuis 1 an, vous en parlerait pendant des heures.

Cet idéal dessert bien les clients, cela dit: ils savent bien que la « shop » ne ferme jamais vraiment! Certes, l’espace temps est plus souple, mais la plage horaire où les blocs de travail s’exécutent, elle, est beaucoup plus large! Et, pour une jeune consultante en événementiel et marketing, service-clientèle et compétition obligent à être disponible en tout temps. Surtout en démarrage, tout repose sur ses épaules. Dur, dur, de prendre des vacances ou de débrancher le téléphone.

Très expérimentée et appuyée d’un réseau impressionnant à la fois de clients, de fournisseurs, de mentors, d’amis issus de nombreux secteurs et de partout dans le monde, Isabelle carbure aux nouveaux projets. Beau problème, on en conviendra tous, les contrats viennent à elle et sont nombreux, donc elle peine un peu à balancer la réalisation de ses mandats avec son développement des affaires.  Le temps requis pour réellement se pencher en profondeur sur sa stratégie de marketing et sa stratégie financière manque cruellement.

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Poussée par le vent, à la croisée des chemins

C’est dans une boîte spécialisée en organisation d’événements corporatifs de tous acabits, Opus 3, qu’elle a pris du galon. Pendant 10 ans, elle a gravi tous les échelons, d’abord comme coordonnatrice de projets, puis comme directrice de comptes, pour finalement assurer la direction générale en 2012. Mais, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel, Isabelle a eu besoin, en 2013, d’un temps de réflexion, pour se retrouver, se reconnecter avec ses envies, ses ambitions.

En prenant le pouls à gauche et à droite, plusieurs de ses amis ou ex-clients l’encourageaient à se lancer en affaires. Les gens la rassuraient sur la valeur de son nom, sa réputation, et souhaitaient continuer de faire affaire avec elle. Elle se retrouvait donc devant un choix à faire: continuer en tant qu’employée dans une (autre) entreprise, ou se lancer, et si oui, comment ?!

Un an d’étude empirique

Candidement, elle en convient, c’est sans plan réellement précis qu’elle décida de faire le saut. C’est beaucoup plus son besoin de réalisation, de découverte, et de changement à tous les niveaux qui l’a poussée dans l’arène. Elle connaissait ses forces et les a simplement mises de l’avant dans son offre de service. That’s it!

Mais, prudente, elle s’est toujours dit qu’elle observerait pendant 12 mois comment ça se passe sur le terrain, conviendrait de certaines éphémérides, vérifierait si le portefeuille est toujours minimalement garni dans les périodes plus creuses pour mieux les planifier dans le futur. Elle a donc mené une étude de marché, dont elle-même faisait l’objet, qui la questionnait dans sa propre position, et lui permettait de raffiner sa niche. Normal, elle incarne sa propre marque! Son produit (c’est elle) et son bagage de 10 ans comme directrice-conseil dans la même sphère chez son ancien employeur lui permettent de tabler sur sa connaissance du marché et de la compétition.

Cela dit, à l’écoute de ses émotions et ses envies personnelles, elle embrasse certains partenariats, choisit ses mandats et les trie subséquemment.  Que ce soit parce que le secteur d’activités de son client l’intéresse, ou que la bonne cause l’interpelle, ce n’est pas a priori pour l’argent qu’elle fait ce métier. Idéaliste? Certainement! De façon assumée de surcroît. Mais sans pour autant ne pas avoir de visées ambitieuses. Seulement, à ce stade-ci de sa vie, c’est avec le désir profond d’aider en mettant son expertise au profit des autres, d’être connectée avec ses réelles envies et ses valeurs qu’elle avance. Son offre de services et son message ont, à titre d’exemple, été ajustés au cours de l’année pour positionner plus fortement ses services comme stratège, ce qu’elle souhaite faire, pour aller au-delà des services logistiques (son étiquette naturelle de toujours).

Pivoter et gérer ses propres attentes

Quand on aborde la question du pivotement, elle hésite. «  L’art de pivoter, pour moi, c’est s’adapter et réagir au bon moment pour ré-enligner les flûtes, tout au long de son évolution. Comme je suis seule pour l’instant, que cela fait 1 an seulement que je suis enregistrée, et que mon plan d’affaires n’est pas encore à proprement dit arrêté (j’y travaille, cela dit!), mon plus grand défi d’adaptation est celui de gérer mes propres attentes, et surtout de mesurer l’importance de certains aspects dans mon bonheur professionnel. Faire des choix d’affaires conséquents à mes valeurs intrinsèques.» 

C’est automatique: c’est quand on perd quelque chose, qu’on découvre à quel point on l’appréciait. Comme Isabelle est une véritable « bibitte sociale », la cohésion avec un groupe au quotidien et le travail d’équipe, entre autres, lui manquent parfois. L’auto-discipline et le courage de ses idées, en tout temps, lui sont d’autant plus essentiels depuis qu’elle est à son compte.

« C’est toute une aventure humaine, en tout cas, je me découvre énormément…», confie-t-elle.

Qu’est-ce qui se trame?

Dans les prochaines semaines, Isabelle s’occupera de créer son site web officiel, pour complémenter ses efforts d’auto-promotion via les réseaux sociaux.

Elle poursuivra en parallèle sa réflexion sur sa structure budgétaire, les fonds de roulement disponibles, le calendrier à venir pour clarifier les secteurs d’affaires à prioriser et les « indicateurs de succès » à mesurer. 

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À ne pas manquer la semaine prochaine:

Une métaphore intéressante à l’art de pivoter et une critique du livre « Zero to one » de Peter Thiel.

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue