Avec les lunettes de mon mentor d’affaires…

Frédéric René, co-fondateur et CEO chez LikiSoft, est en affaires avec son frère Jean-François René et la boîte de commerce électronique, qu’ils bâtissent ensembles depuis déjà 2 ans, a le vent en poupe. L’entreprise s’apprête à changer de phase de développement. J’aborde avec lui la question du mentorat. Accompagné depuis ses débuts en affaires par un mentor de confiance, c’est avec enthousiasme qu’il a répondu à mon invitation à se confier sur cette relation précieuse, pour le bonheur des lecteurs du blogue Le feu sacré!


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Quand la lassitude nous guette

Quand on démarre son entreprise, il faut s’armer de patience, c’est bien connu!

Selon la longueur de nos cycles de ventes, les efforts de commercialisation peuvent prendre plusieurs mois à se concrétiser en argent sonnant. Il faut laisser le temps aux partenaires de prendre leurs décisions et, plus les partenaires sont importants, plus les équipes décisionnelles sont imposantes. Les séances de négociation se prolongent, les délais de rencontres avec les intervenants impliqués sont généralement plus longs et les préliminaires pour arriver à signer une entente en bonne et due forme sont plus nombreux.

« C’est trippant, mais c’est essoufflant à la longue! Il y a une « mécanique » dans le processus de vente et dans le processus des rondes de financement. On prépare nos documents personnalisés, on tient régulièrement nos contacts informés de l’évolution de l’entreprise, on prend des rendez-vous, on présente la compagnie, on se justifie sur notre stratégie: on est en mode séduction. Cette mécanique est nécessaire, mais certaines tâches peuvent parfois sembler « redondantes ». Quand les démarches aboutissent, c’est un rush d’adrénaline incroyable, très porteur, très dynamisant pour les vendeurs, mais aussi pour toute l’équipe. Ça confirme à tout le monde qu’on a raison de croire au produit et en la compagnie! Mais quand c’est long, qu’il y a des périodes d’incertitudes, les tâches redondantes faisant partie du processus obligatoire nous irritent davantage. Je me sens las, à l’occasion. Mon mentor m’apporte un support crucial dans ces moments-là! » avoue Frédéric.

Savoir s’abreuver « ailleurs », élargir notre « définition de succès », voir les progrès dans tous les départements deviennent alors essentiels. Pour continuer sans relâche, il faut s’encourager avec toutes les victoires et les progrès concrets, qu’ils soient les nôtres directement ou ceux de chaque membre de l’équipe.

« C’est là où la notion d’esprit d’équipe prend tout son sens!» renchérit-il.

De la phase d’introduction à la phase de croissance de l’entreprise

Un démarrage d’entreprise peut être plus ou moins long selon les entreprises, selon leurs secteurs d’activités, selon la présence de la compétition, etc. Souvent, au démarrage, l’entreprise profite de l’effet de la nouveauté, d’un buzz médiatique, d’un engouement de l’industrie et de la curiosité des clients. Les premiers clients servent de levier promotionnel pour aller en chercher d’autres. La courbe de croissance est intéressante, mais elle peut ralentir après quelques mois et devenir plus linéaire. C’est ce qu’on appelle la phase d’introduction.

Pour passer de la phase d’introduction à la phase de croissance comme telle, il faut beaucoup d’énergie. Il faut stabiliser les acquis et raffiner nos stratégies pour booster le développement des affaires. Ces nouveaux défis de gestion sont exigeants et l’aide extérieure d’un mentor aguerri, expérimenté en entrepreneuriat, qui pose un regard impartial sur l’état des lieux, peut s’avérer cruciale dans cette période charnière.

« Ce qui est génial avec mon mentor, c’est qu’il a été entrepreneur dans un autre secteur que celui des technos. Il voit les choses d’un oeil différent et me fait regarder par d’autres genres de lunettes. Il m’aide à analyser chaque situation d’un autre angle. Il m’aiguille dans les activités de gestion plus génériques, communes à tous les secteurs, telles que les ressources humaines, les finances, la comptabilité. La confiance est établie, donc on aborde aussi sans problème le côté plus personnel également. Il ne prend jamais position de toute façon. Il est très respectueux et adroit, verbalement. Quand on se rencontre, je suis 100% réceptif à ses propos. Je ne me sens jamais jugé par lui…», explique Frédéric.

Pour un mentorat d’affaires gagnant

Frédéric en convient: l’humilité, l’ouverture, la curiosité de l’autre, la facilité à communiquer avec son mentor, à verbaliser l’état des lieux de notre entreprise ou nos émotions et nos doutes sont des facteurs facilitant pour retirer le maximum d’une relation mentor-mentoré.

« C’est certain qu’il faut au départ vouloir se remettre en question, vouloir se questionner et reconnaître que notre vérité n’est pas la seule vérité. Si les fondements de nos décisions sont remis en cause par notre mentor, il faut être capable d’entendre ses solutions alternatives et peut-être, éventuellement, écarter nos premières analyses. Cela sous-entend bien entendu avoir suffisamment confiance en soi pour ne pas se diminuer suite aux critiques constructives et avoir également suffisamment confiance en soi pour savoir qu’on saura bien évaluer et choisir parmi les options présentées par un mentor, si applicable. Si on est fermé à d’autres visions, qu’on se sent toujours incompris ou qu’on occulte les meilleures pratiques présentées (par orgueil, par fierté, ou pour d’autres raisons), on passe à côté de l’essence-même du mentorat! » rappelle-t-il.


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Mon entrevue avec Andry Lant Rakoto, jeune entrepreneure montréalaise d’origine malgache, qui nous parle de mentorat en cette période de pivot de Marclan. Son entreprise s’oriente, depuis quelques mois, vers le marché B2B de l’alimentation.

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Isabelle Moïse, consultante à son compte, nous explique pourquoi elle n’a pas, pour sa part, recours aux services d’un mentor. 

Donc, c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice

Mentorat: développer son savoir-être entrepreneurial

Le blogue Le feu sacré se consacre, tout au long du mois de juin, au mentorat et au coaching d’affaires en démarrage d’entreprise. Les 3 entrepreneurs suivis dans ce blogue se confient sur le type de support extérieur dont ils profitent pour les aider dans leurs démarches en affaires. Cette semaine, je m’entretiens avec Andry Lant Rakoto, jeune entrepreneure d’origine malgache et CEO des produits fins Marclan. Elle en est encore à sa première année de démarrage d’entreprise. Elle vient d’effectuer un pivot majeur dans la stratégie de son développement des affaires en prenant un virage B2B et en offrant aux professionnels du secteur alimentaire québécois et canadien ses produits de chocolat, vanille et épices fines de Madagascar. J’aborde avec elle le rôle important que joue son mentor d’affaires dans le succès de ce virage à 90 degrés.


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Au Québec depuis moins de 5 ans, Andry Lant Rakoto n’a pas perdu de temps pour s’intégrer chez nous et se lancer en affaires. En plus de mettre les bouchées doubles dans la mise en oeuvre de son projet, elle a su se bâtir un réseau enviable dans les différentes communautés liées à ses activités. Parmi la multitude de ressources offertes dans le milieu entrepreneurial (coaching technique, coaching de vie personnelle et professionnelle, consultants, conseillers, mentorat), c’est vers le mentorat d’affaires qu’elle a toujours penché. Coach d’affaires elle-même au Centre d’Entrepreneurship HEC-POLY-UdeM, elle connaît bien l’importance de développer son « savoir-être » entrepreneurial avec un mentor, qu’elle estime crucial pour réussir dans les premières années de vie d’entrepreneur.

Tout vient à point à qui sait attendre

La rencontre d’un mentor d’affaires avec qui ça clique est un véritable cadeau. Grâce au REPAF (le Réseau des entrepreneurs et professionnels africains), elle profite maintenant d’une aide précieuse de son mentor attitréLe timing de cette rencontre ne pouvait pas être plus parfait.

« J’ai eu le bonheur de pouvoir compter sur un mentor spécialisé en développement des affaires, au moment-même où je changeais ma stratégie de mise en marché. Je venais tout juste de m’inscrire au SIAL Canada, un des plus gros salons alimentaires du pays, où tous les exposants et les participants sont issus du secteur agroalimentaire. Il m’a aidé à penser à tout en me posant les bonnes questions et a sanctionné plusieurs de mes intuitions et analyses. Il ne m’a jamais dit quoi faire; il m’a permis d’approfondir mes réflexions. Je suis arrivée au SIAL en plein possession de mes moyens, confiante et préparée à pouvoir livrer mes services peu importe la quantité de commandes générées suite au congrès. Depuis, on apprend à se connaître, on découvre nos affinités, la confiance grandit. Sans mon mentor, la transition vers ce nouveau marché serait beaucoup plus ardue… », explique Andry.

La relation « mentor-mentoré »

Voilà déjà 2 mois qu’Andry est mentorée. Elle est très satisfaite jusqu’à présent et le programme répond en tous points à ses attentes. Les facteurs primordiaux de succès sont respectés:

« Les mentors d’affaires se doivent d’être expérimentés dans leur secteur, impartiaux et bénévoles. Il y a un code d’éthique à respecter dans n’importe quel programme de mentorat. Les échanges doivent aussi rester confidentiels et il ne doit y avoir aucun risque de conflits d’intérêts entre le mentor et le mentoré. Ensuite, la qualité de la relation est beaucoup liée au respect mutuel qui s’installe. Les mentorés doivent faire leurs devoirs en amont pour maximiser le temps précieux dont ils disposent avec leur mentor. Établir des objectifs clairs avant chacune des rencontres est essentiel et les exprimer clairement l’est tout autant! Par exemple, je prépare toujours mes documents à l’avance et arrive systématiquement aux entretiens avec un ordre du jour», précise-t-elle.

Une relation mentor-mentoré, comme n’importe quelle relation, se bâtit et se bonifie avec le temps. Après la période d’observation mutuelle des débuts, la confiance s’établit, les personnalités se révèlent. Un langage commun et une complicité s’installent. Le mentor gagne de plus en plus en crédibilité en partageant ses expériences concrètes et peut de mieux en mieux anticiper les impacts des décisions de son mentoré. Il fait preuve de doigté selon la sensibilité du mentoré à la critique.

Objectif: savoir-être entrepreneurial

Pour sa part, au fil de la relation mentor-mentoré, le mentoré devient de plus en plus transparent dans le dévoilement de ses visions pour son entreprise et il précise davantage le détail de son modèle d’affaires. Il est aussi plus expressif quant à ses états d’âmes.

« Plus les deux sont à l’aise, plus les effets sont palpables. Etre en « représentation », cacher ou maquiller des éléments à son mentor ne mène nulle part! Il est évident que même si la relation porte a priori sur les affaires, les spectres social et émotif entrent souvent dans l’équation et contribuent à notre niveau d’énergie dans notre entreprise. Il faut donc pouvoir en parler librement si nécessaire avec notre mentor, tout en mettant des limites. Aussi, il faut comprendre que l’aide à la prise à la décision, la gestion du temps, la gestion du stress, démêler les priorités, c’est bien beau en théorie, mais en pratique c’est une autre paire de manches! Mon mentor m’aide à évaluer toutes les avenues possibles, grâce à son expérience, et surtout, m’aide à développer un savoir-être et à adopter des comportements facilitant la prise de décision et à gérer les imprévus en affaires », explique Andry.


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La dictature du bonheur en affaires: Mon entrevue avec Marie-Claude Élie-Morin, journaliste et auteur du livre La dictature du bonheur. Elle nous donne de son point de vue face aux coachs de vie et l’approche parfois utopique de certains gourous de la croissance personnelle et professionnelle ou encore, celle des « motivateurs ». Une mise en garde avisée pour les jeunes entrepreneurs en quête de support.

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Frédéric René, de LikiSoft, nous parle de l’apport de son mentor. Il joue présentement un rôle primordial à l’heure où il passe de la phase d’introduction de son entreprise à la phase de croissance. On aborde aussi l’état d’esprit essentiel dans lequel être pour bien profiter d’une relation de mentorat, selon son expérience.

Donc, c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice

Alimenter le feu sacré de l’entrepreneuriat

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Mettre de l’avant et valoriser le parcours entrepreneurial et non pas que sa finalité a toujours été pour moi quelque chose d’essentiel pour alimenter la fibre entrepreneuriale des bâtisseurs du Québec.

Je vous invite à découvrir le nouveau blogue Prospérité Québec, une initiative du Conseil du patronat du Québec. J’y publie aujourd’hui un premier billet fortement inspiré par mes valeurs profondes et mes observations sur le terrain.

En parallèle avec mes activités comme conseillère en marketing, je m’engage bénévolement, entre autres, depuis plus de six ans à la Fondation Montréal Inc. à titre de jurée de plans d’affaires et coach en marketing numérique auprès de jeunes entrepreneurs.

De plus, mon blogue Le feu sacré, dans lequel je suis trois entrepreneurs de Montréal dans les aléas du démarrage de leur entreprise, me permet d’entretenir un contact privilégié avec ces derniers, au gré des différentes thématiques mensuelles abordées.

Je suis très fière qu’on m’ait invitée à participer à ce nouveau blogue prestigieux et essentiel.

Merci pour vos commentaires et n’hésitez pas à partager!

La dictature du bonheur en affaires

L’importance de l’apport du mentorat, du coaching et des conseillers en affaires semble faire l’unanimité: tous s’entendent pour dire que l’obtention d’aide extérieure est essentielle dans le parcours entrepreneurial. Les chances de survie et la longévité d’un entrepreneur dans l’arène des affaires seraient multipliées grâce à la consultation d’un expert impartial. Encore faut-il bien identifier nos objectifs pour aller chercher le bon « input » et savoir distinguer les types d’intervenants appropriés pour nos démarches (mentor, coach, consultant & conseiller).
Comme
 nouvelle thématique du blogue Le feu sacré et pour faire le pont avec notre dossier spécial du mois de mai qui portait sur les émotions en démarrage d’entreprise, j’aborde en juin la question du mentorat d’affaires et du coaching de vie personnelle et professionnelle.  

Cette semaine, je vous présente mon entrevue avec Marie-Claude Élie-Morin, qu’on a pu voir dans les médias en avril 2015 à l’occasion de la sortie de son premier essai, La dictature du bonheur, paru aux Éditions VLB.


Marie-Claude Élie-Morin

Crédits photo: Mathieu Rivard

Tantôt journaliste-pigiste, scénariste documentaire, auteure ou chroniqueuse, Marie-Claude Élie-Morin comprend très bien les aléas émotionnels que vivent les entrepreneurs, étant elle-même à son compte depuis ses débuts médiatiques.

Ayant vécu des moments très difficiles suite aux deuils simultanés de son père et de sa relation amoureuse à la fin 2012, elle a été confrontée à ses limites et est allée chercher de l’aide extérieure pour y voir plus clair dans sa vie. Avec tous ces bouleversements, elle souhaitait mieux cerner ses priorités et les valeurs sur lesquelles elle allait désormais se concentrer pour redonner un sens à son parcours personnel et professionnel.

« Toutes les ressources ne sont pas toujours en nous » et il est parfois utile d’aller chercher une aide ou une écoute extérieure. Il existe toutefois une immense pression sociale, constate-t-elle, pour « performer » et afficher un bonheur épanoui. Les réseaux sociaux amplifient ce phénomène, car nous avons l’impression qu’il faut toujours se présenter sous son meilleur jour : pas beaucoup de place pour l’imperfection ! Il faut faire attention à ce « piège du bonheur », nous dit Marie-Claude. 

Elle en témoigne dans son ouvrage: « L’industrie des coachs de vie, du développement personnel et du self-help est plus florissante que jamais. Le bonheur est devenu un impératif, au même titre que la minceur et le succès professionnel. Santé physique, équilibre mental, vie de couple, finances : on met constamment en avant la nécessité d’avoir toujours une attitude volontaire et « positive », parfois au mépris de la réalité. En se faisant constamment répéter que nous sommes les seuls artisans de notre bonheur, il en découle que nous nous sentons aussi coupables de ne pas être « assez » heureux ou de vivre des émotions difficiles. C’est pernicieux et culpabilisant. »

La croissance personnelle, en popularité… croissante!

Tout le monde sait que les aléas en démarrage d’entreprise sont nombreux. Des émotions de joie et de fierté intenses peuvent s’enchaîner avec des déceptions immenses. Le stress et les peurs inconscientes que vivent les entrepreneurs peuvent avoir des répercussions sur leur santé mentale et physique, sur le succès de leur business et toucher leur famille en entier. Quand vient le temps de se relever d’un échec, plusieurs entrepreneurs se remettent en question, commencent à douter d’eux-mêmes. Or, la confiance en soi est un moteur essentiel tout au long du parcours entrepreneurial. Celle-ci est souvent mise à l’épreuve; l’instabilité de l’économie, des marchés, de l’emploi et les défis de gestion ne sont pas étrangers à ces hauts et ces bas émotionnels.

Pas étonnant que le marché de la croissance personnelle soit si lucratif! Selon The Observer (28 décembre 2013), et tel que relaté dans La dictature du bonheur, les ventes d’ouvrages de self-help auraient bondi de 96%, entre 1991 et 1996. Les ventes mondiales de 2014 dépassaient 10 milliards $ en librairie dans la catégorie « croissance personnelle ».

« Aux États-Unis, selon la firme américaine Marketdata, le marché du développement personnel, incluant les livres, DVD et CD de motivation, les ateliers, le coaching personnel, la formation dans des instituts spécialisés et les programmes de gestion du stress représentait près de 10 milliards $ en 2011, ayant presque doublé depuis 2000. Dans ce contexte, la Loi de l’attraction, ou l’idée selon laquelle nous pouvons créer notre propre réalité et attirer le succès par nos pensées, s’est frayée un chemin entre les murs des cubicules de l’Amérique du Nord. Les entreprises elles-mêmes contribuent au phénomène en achetant des lots de livres de motivation pour leurs équipes et en embauchant des conférenciers pour venir transmettre l’évangile à leurs employés », rappelle Marie-Claude.

Gare aux charlatans!

Les ateliers de croissance personnelle, les conférences de développement de soi et les coachs de vie peuvent permettre de briser l’isolement des entrepreneurs et peuvent contribuer à une conscientisation améliorée de leurs émotions. Sans dénigrer l’ensemble des intervenants proposant des services d’accompagnement dans le cheminement personnel et entrepreneurial, Marie-Claude Élie-Morin met cependant en garde les entrepreneurs contre les intrus de l’industrie du coaching de vie.

À cause de l’état parfois vulnérable des gens au moment où ils vont chercher un support extérieur, il lui apparaît pour le moins prudent de se renseigner en profondeur, en amont, sur les différentes approches préconisées par les motivateurs et les coachs sollicités telle que la programmation neuro-linguistique aussi appelée PNL, d’établir ses limites quand au pouvoir qu’on souhaitera laisser à ces derniers dans l’éventualité d’un coaching, et d’avoir des attentes réalistes sur les retombées de notre démarche.

« Il y a beaucoup de charlatans dans ce domaine, notamment une puissante tendance vers la « pensée positive » et « la loi de l’attraction », ce qui me donne de l’urticaire. Les coachs peuvent nous aider à clarifier nos objectifs en établissant un plan d’action réaliste avec nous, mais je me tiendrais loin de quiconque promet de transformer votre vie ou de vous rendre millionnaire avec une formule magique. Il ne suffit pas de visualiser le succès pour créer une entreprise ou mener un projet à bien; il faut identifier les obstacles qui se dressent devant nous de manière réaliste et se préparer à y faire face. C’est normal d’éprouver des moments d’insécurité, de doute et de découragement lorsqu’on développe un projet. J’en sais quelque chose! Un bon coach ou un bon mentor saura entendre nos fragilités et nous faire voir nos forces sans tenir un discours « positif à tout prix ». Parfois, ce qui est le plus rassurant, c’est de découvrir que tout le monde passe par les même émotions désagréables ou difficiles quand ils essaient de se lancer en affaires…Pour moi, le fait d’apprendre que c’était possible de me mettre en action ou de prendre des décisions tout en me sentant vulnérable a été incroyablement bienfaisant », avise-t-elle.cover la dictature du bonheur

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À ne pas manquer la semaine prochaine:

Mon entrevue avec Andry Lant Rakoto, CEO des produits fins Marclan. Elle collabore depuis peu avec un mentor d’affaires qui l’aide à trier tous les aspects prioritaires de son développement de marché et lui apporte un support essentiel pour un meilleur « savoir-être » en affaires.

Donc, c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice

 

Des émotions qui propulsent les affaires

J’adore l’analogie du marathon pour décrire le parcours entrepreneurial et le cheminement personnel. Les entrepreneurs sont effectivement des coureurs de fond. Et, les affaires, c’est aussi une question d’endurance. Que ce soit en tailleur et cravate ou en tenue sportive, les « coureurs » doivent bien se préparer et s’entraîner, se commettre à 100%, partir du bon pied, en confiance, et surtout, gérer leurs énergies pour durer tout au long de la route. Comme pour un marathonien, la préparation émotive et psychologique de chacun est cruciale en démarrage d’entreprise. Les « couleurs émotives » et les prédispositions mentales teinteront la prise de décisions.
Cette semaine, je vous présente mon entrevue avec Isabelle Moïse, consultante en marketing événementiel et communications. 
J’aborde avec elle la gamme des émotions ressenties depuis le début de sa « course », depuis qu’elle est à son compte, sous iMoïse Conseil.


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Courser quand on est fin prêt!

Isabelle Moïse l’admet d’entrée de jeu: elle n’aurait certainement pas pu partir à son compte il y a 10 ans. Désormais plus expressive, moins naïve, plus assumée, elle se considère plus tempérée dans ses réactions, plus mesurée. Elle écoute davantage avant de donner son opinion. Diverses expériences de vie personnelles, le marché du travail, des voyages autour du monde aussi, auront su nourrir sa confiance en elle et sa maturité.

Respecter son rythme, prendre régulièrement son pouls

Pour Isabelle, la question des émotions en affaires est d’autant plus pertinente qu’elle offre ses services de consultante. Comme elle est en quelque sorte son propre produit, son stress ou ses humeurs se reflètent automatiquement dans la mise en oeuvre de ses mandats. Elle y est donc très sensible.

Travaillant souvent de chez elle, seule, elle n’a plus à maquiller autant ses états d’âme au quotidien pour des collègues. Elle est plus connectée à ses émotions et se laisse imprégner davantage de ces dernières, pour son plus grand bien-être.

« En entreprise, même si on est habituellement invité de bonne foi par nos patrons à verbaliser nos sentiments, il est tout de même de mise de contrôler davantage ses élans émotifs et de gérer les perceptions de nos collègues quant à nos vulnérabilités. C’est aussi une question de civisme et de respect envers les autres. Ces derniers n’ont pas à subir tous nos aléas émotionnels. Chez soi, on peut plus se laisser aller, on est moins « dans le contrôle ».  On peut voir cela comme un des avantages à travailler de la maison!», plaisante-t-elle.

Gérer ses émotions, gérer ses énergies, écouter son corps… et son esprit

Depuis qu’elle s’est lancée en affaires il y a un an, l’émotion qui l’a le plus surprise est sans conteste l’angoisse, la peur de l’échec et par ricochet, celle de décevoir les autres.

Cette peur entraîne parfois chez Isabelle des comportements perfectionnistes. Isabelle reconnaît qu’elle veut plaire et vise à livrer en tout temps ses mandats à la hauteur des attentes de ses clients.  Elle travaille donc sans compter ses heures de travail et met les bouchées doubles si nécessaires. La fatigue la guette. Heureusement, elle en est bien consciente.

« J’ai eu une grosse grippe au début de l’année et je fais régulièrement de l’insomnie. Ça ne m’arrivait jamais avant. Je réalise qu’il faut faire attention », mentionne-t-elle.

Des émotions qui ralentissent la course

Certaines personnes de nature très confiante peuvent, à la suite de succès, développer un sentiment de toute-puissance. L’enthousiasme des pairs à l’égard de leur offre et l’obtention d’une soudaine reconnaissance publique peuvent entraîner un ego trip chez les entrepreneurs aux tendances narcissiques. Des projets mégalomanes voient alors parfois le jour et peuvent les mener à leur perte.

À l’inverse, les émotions négatives peuvent également dégénérer selon la personnalité des entrepreneurs.

« Quand on est seul, on peut avoir tendance à manquer de perspective, à douter, à « empirer » les faits, à déformer la réalité. L’entourage et la famille sont alors précieux pour nous aider à ramener les choses à leurs proportions réelles. Il ne faut pas donner prise à nos tendances paranoïaques, exacerbées par les moments de fatigue. Ventiler et prendre le point de vue des gens de confiance autour de nous aident énormément en ce sens », explique Isabelle.

Savoir se relever et visualiser les prochaines étapes

L’expérience du deuil aide à s’outiller pour faire face à d’éventuels échecs en affaires. 

« Quand on vit un échec en affaires, on passe sensiblement par les mêmes phases que lorsqu’on vit un deuil: le choc et le déni, la douleur et la culpabilité, la colère, le marchandage, la dépression, la reconstruction et l’acceptation. Quand on a déjà vécu un deuil – dans mon cas, c’était celui d’une relation – on est déjà un peu plus familier avec nos mécanismes de défense à travers les étapes de deuil. On comprend mieux ce qui nous bloque et on visualise plus facilement les portes de sortie. On a des attentes plus réalistes aussi par rapport au temps que l’on s’alloue pour passer à autre chose », confie-t-elle.

Faire de nos peurs notre moteur et être indulgent envers soi

Seule maître à bord chez iMoïse Conseil, tout repose sur ses épaules. Cette pression constante lui pèse toujours, mais elle la gère de mieux en mieux chaque jour.

« La peur de l’échec et la peur du jugement sont devenues pour moi des moteurs. Ces peurs m’obligent à toujours être en mode solution. J’ajouterais même que mon récent célibat a également alimenté cette approche. Je suis « à cheval » entre la route des affaires et mon cheminement personnel. Mes émotions positives me propulsent à tous les niveaux. Le fait de ne pas avoir trop d’attentes précises en termes de résultats m’aide à ne pas être trop déçue ou d’avoir un sentiment d’échec si des « étapes » sont franchies avec moins d’éclat que d’autres. C’est un « flou artistique » qui me dessert bien présentement étant donné que je n’en suis qu’à ma première année en affaires. Ça me rend plus indulgente face à moi-même», ajoute-t-elle.


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Le corps, ce partenaire d’affaires capricieux:  Le corps est aux premières loges des démarrages d’entreprises. Mon entrevue avec Frédéric René, co-fondateur de Likisoft. Il se confie sur la question de la somatisation et de la gestion du stress en affaires. 

À ne pas manquer mardi prochain:

Collaboration spéciale: Mélanie Heyberger, entrepreneure et co-fondatrice chez Le coffret de Rachel. Elle témoignera de son expérience dans « l’ascenceur émotionnel » dans lequel l’a entraînée le démarrage de sa compagnie, il y a à peine 8 mois!

Aussi, le point de vue d’une mentor chevronnée, Solange Côté, ASC, qui nous partagera ses observations sur la question des émotions en affaires.

Donc, c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice 

 

Le corps, ce partenaire d’affaires capricieux

Se lancer en affaires comporte son lot de moments d’émotions intenses. Le corps est souvent aux premières loges des démarrages et témoigne des efforts psychologiques et physiques fournis par les entrepreneurs pour s’adapter à leur réalité.  J’aborde avec Frédéric René, co-fondateur de la startup de e-commerce LikiSoft, la question de la somatisation et des défis de gestion du stress dans le cadre du dossier spécial sur le spectre des émotions en démarrage d’entreprise, sur le blogue Le feu sacré.


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Tout en contrôle, comme un canard sur l’eau…

Depuis 2 ans, Frédéric René doit porter, la nuit, un appareil dentaire conçu pour l’empêcher de grincer des dents et l’aider à relâcher sa mâchoire. Sans qu’il ne le ressente le jour durant, son corps lui envoie des signes de tensions corporelles. De type mince, au métabolisme « nerveux », il avoue se sentir beaucoup plus stressé qu’avant, alors qu’il enseignait la physiothérapie à l’Université d’Ottawa. Il sent aussi que sa personnalité a un peu changé dans les dernières années: il est beaucoup moins prompt à lâcher son fou et à faire des blagues.

Pourtant, de l’extérieur, rien n’y paraît: il est comme « un canard sur l’eau ».

Flegmatique, réfléchi, tempéré, toujours avenant et souriant, il inspire confiance à tous ceux qu’il rencontre. Il exerce un rôle de leader très attentif à ses acolytes, une figure presque paternelle.

Cependant, paraître calme en surface malgré le fait qu’on pédale comme un forcené sous l’eau pour avancer n’est pas toujours facile.

Il s’en confesse: « Mon corps me parle! Depuis que je suis en affaires, je suis enthousiaste et passionné par l’évolution de l’entreprise, mais je suis également plus préoccupé. Je suis plus sollicité, la charge de travail est vraiment prenante, et les moments d’insécurité financière, entre autres, me drainent parfois mon énergie. »

Un cercle vicieux

Pour Frédéric, ce qui est le plus difficile à gérer c’est la fatigue, puisqu’elle amplifie les émotions négatives comme le découragement.

« C’est un cercle vicieux! Au début, tu te refuses à toi-même un moment d’arrêt car tu es débordé et tu sais que la pile de dossiers va continuer de grossir pendant ton absence. Tes réflexions s’embrouillent peu à peu. Puis, tu continues à travailler et tu commences à douter de toi quand vient le temps de prendre des décisions, car tu te fais moins confiance d’avoir sous-peser l’ensemble des facteurs influents. En parallèle, tu deviens mauvais juge de tes émotions et ta perception de la réalité peut être déformée. Le risque est réel, surtout si tu n’es pas entouré de gens en qui tu as confiance et qui savent comment te garder les pieds sur terre. C’est un classique! Mais le corps est témoin de tous ces efforts et, tôt ou tard, il nous ramène à l’ordre! Heureusement, mon frère et partenaire d’affaires Jean-François et moi on s’épaule beaucoup en ce sens-là.» admet-il.

Surprise!

Si se présenter comme un entrepreneur en contrôle est nécessaire pour rassurer les employés, les investisseurs, les partenaires, les clients, l’exercice est un effort constant pour Frédéric. D’autant plus que l’émotion la plus régulièrement ressentie par Frédéric, au jour le jour, est sans contredit la surprise, dans les aléas lors du démarrage en affaires!

« Tu ne sais jamais ce qui te pend au bout du nez, quel défi se présentera dans la semaine et tout au long de la croissance de l’entreprise, au gré des nouveaux mandats. La clé, c’est d’apprendre à la vitesse grand V! C’est carrément une question de survie pour l’entreprise. » avise -t-il.

Gérer les attentes

Quand on démarre, que notre entreprise prend son envol, on est confronté à des défis de gestion toujours plus grands. On veut bien s’entourer, s’assurer de maîtriser les outils techniques et administratifs pour parvenir à nos fins à chaque nouvelle étape. Mais on ne sait pas tout (!) et on réajuste perpétuellement nos priorités.

Frédéric est bien placé pour en témoigner: « On le sait tous en théorie: il faut gérer les attentes des autres et les nôtres puis reconnaître nos limites. On sait aussi que c’est normal de ressentir de l’impuissance à l’occasion et que l’on doit pratiquer le détachement. Cependant, ce n’est pas facile à accepter. On voudrait être invincible et tout réussir du premier coup. Mais quand on se rend compte que l’on fait des erreurs et qu’on se sent ébranlé, il faut s’organiser pour retomber rapidement sur nos pieds et faire face au défi suivant.”

Volcan tranquille

« Une fois, je l’avoue, j’ai déjà pété ma coche! C’était à l’époque de notre première startup Les enchères Bidou. Lors d’une réunion d’actionnaires, j’ai même crié! Cette fois-là, je m’étais moi-même surpris, puis m’en étais un peu voulu. D’habitude, j’ai plutôt tendance à contenir mes émotions. » avoue Frédéric.

“Je reste aussi plus stoïque face aux bonnes nouvelles. J’attends de voir l’évolution des choses, j’observe, je ne vends pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Je me protège contre la déception”, poursuit-il.

Il se décrit lui-même comme un perfectionniste et un idéaliste. S’il ne se donne généralement pas beaucoup droit à l’erreur, il se pardonne plus facilement quand les revers sont dus à des éléments hors de son contrôle. Et il se fait un devoir d’en tirer des leçons.

«  Mon mentor d’affaires est également entrepreneur. Il m’a dit un jour qu’il fallait toujours tenter de retirer quelque chose de positif même dans les situations difficiles. Je tente d’appliquer ce principe aux émotions également. J’essaie de saisir les opportunités de grandir, de cheminer pour devenir sans cesse une meilleure personne, un meilleur entrepreneur. »


Vous pourriez aussi aimer:

Un démarrage d’entreprise haut en émotions:
Mon entrevue avec Andry Lant Rakoto des produits fins Marclan, qui se confie elle aussi, entre autres, sur l’importance de son mentor d’affaires. Il lui donne un support émotif crucial et l’aide à travailler son « discours intérieur » pour préserver sa confiance en elle dans les périodes difficiles de son démarrage d’entreprise.

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Mon entrevue avec Isabelle Moïse, d’iMoïse Conseil, consultante en marketing événementiel à son compte depuis 1 an. Comme elle est personnellement, en quelque sorte, son propre « produit », on abordera entre autres la question de la gestion des émotions et des énergies pour pouvoir durer tout au long du « marathon » sur la route des affaires.

Donc, c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

Un démarrage d’entreprise haut en émotions

Les émotions sont-elles un frein à la performance ou sont-elles plutôt un levier incroyable à la créativité? Des émotions, positives ou négatives, jalonnent tout le parcours entrepreneurial. Sur le blogue Le feu sacré, tout au long du mois de mai, j’aborderai la question du spectre des émotions ressenties par les entrepreneurs en démarrage d’entreprise. Cette semaine, c’est Andry Lant Rakoto, CEO des produits fins Marclan, qui se confie sur la délicate question. Pour cette jeune entrepreneure, le support émotif est tout aussi nécessaire que le support technique pour réussir en affaires.



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Des sentiments surprenants

Il y a à peine 5 ans, elle quittait Madagascar pour immigrer au Québec.
Depuis qu’elle a démarré son entreprise
Marclan en 2014, Andry Lant Rakoto a connu des hauts et des bas.
Elle a « pivoté » quelques fois, elle a connu des périodes de « vaches maigres », elle s’est engagée dans plusieurs nouvelles relations d’affaires, etc. Les défis de réseautage et de développement de marchés ne manquent pas. 

Les choses sont désormais stabilisées. Elle affronte l’avenir avec confiance, très fière du chemin parcouru jusqu’à présent. Épouse engagée et mère de 2 enfants en bas âge, elle a par ailleurs appris à ne rien prendre pour acquis et à gérer ses émotions en privé.

« Il faut beaucoup d’humilité quand on démarre en affaires. Cela affecte l’évaluation de notre propre travail dans le cadre du développement de notre entreprise, de son évolution ou de l’état d’esprit avec lequel on l’exécute », explique Andry. 

« Mon impatience, c’est ce que j’ai le plus de difficulté à gérer au quotidien. Il faut apprendre à laisser le temps faire son oeuvre. Et, le sentiment d’impuissance, c’est peut-être l’émotion qui m’a le plus surprise jusqu’à présent. C’est d’autant plus difficile à vivre dans les débuts, quand on vit de la solitude et qu’il faut s’encourager soi-même. C’est connu, les gens de l’extérieur attendent les résultats avant de nous donner des « tapes » dans le dos… » poursuit-elle.

Dans l’oeil du dragon, à côté des émotions

Le financement de notre projet d’entreprise fait partie de ces « tapes » dans le dos. Le cautionnement de notre stratégie par des investisseurs reconnus a un effet très motivant. Les émissions de télévision portant sur le financement de startups telles que Dans l’oeil du dragon connaissent actuellement une popularité incontestable auprès du grand public et nourrissent une image très positive des fondateurs d’entreprises. Démarrer en affaires n’aura jamais été aussi « glamour »! 

Ces émissions ont le mérite de vulgariser les processus de démarrage d’entreprise, de démystifier les différents modèles d’affaires et de mettre sur la sellette des entrepreneurs audacieux.

Cependant, le format de ces programmes peut toutefois minimiser l’impact des blessures entrepreneuriales.

« Ces émissions n’abordent pas le côté émotif des entrepreneurs. Qu’en est-il de l’état psychologique et émotif des entrepreneurs suite à l’abandon du projet par les investisseurs ou suite au refus « public » du financement de leur projet? L’émission n’en témoigne pas… La façon dont les entrepreneurs gèrent leurs émotions suite à des échecs aura pourtant des répercussions importantes sur la poursuite ou l’abandon de leur parcours entrepreneurial», déplore Andry.

Travailler son discours intérieur

On dit qu’il est impossible de prédire un succès d’affaires car chaque situation est unique et complexe. Cependant, on part toujours du principe qu’on va réussir, surtout si on a toujours réussi avant. Ce sentiment de confiance évolue parfois en un sentiment de toute-puissance. En contre-partie, quand on se sent ainsi, on tombe de plus haut!
Tout est une question d’attentes. L’intensité des émotions ressenties par les entrepreneurs est toujours proportionnellement reliée au niveau d’atteinte de leurs objectifs.

Pour Andry, la prudence « émotive » est donc de mise. De plus, elle revendique haut et fort le droit à l’erreur. 

« Je tente de préserver mon égo et de nourrir ma confiance en moi. Les mots que l’on s’adresse ont leur importance. Par exemple, se dire « j’ai essayé » n’a pas la même résonance sur le moral que de se dire « je me suis trompée ». Mon mentor d’affaires m’apporte une aide cruciale pour travailler mon discours intérieur», confie-t-elle.

Mettre les bons mots sur les émotions ressenties n’est vraiment pas facile. Pourtant, verbaliser pour mieux se comprendre et mieux communiquer est essentiel afin de pouvoir diriger nos énergies au bon endroit.

« …un peu comme des panneaux indicateurs sur le bord de la route! », illustre Andry.

L’entrepreneur et son cercle affectif

Que ce soit dans notre noyau familial ou avec nos partenaires d’affaires (le « cercle affectif » de l’entrepreneur), l’énergie et la confiance qui se dégagent de nous ont un impact important sur les proches. Il est donc capital d’adopter une discipline de vie propice au bien-être, où les règles et les impératifs rattachés à notre entreprise et les sentiments harmonieux sont en équilibre.

Elle s’explique:

« Le cercle affectif est crucial dans l’équilibre mental de l’entrepreneur. En période de doute, on a généralement moins d’assurance et ça nous ralentit. Et l’assurance, c’est le liant entre les 2 moitiés du cercle affectif. Nos problèmes personnels et notre fatigue ne devraient pas affecter notre business. À l’inverse, les problèmes de l’entreprise ne devraient pas être ramenés à la maison. La force de l’entrepreneur est de savoir faire la part des choses, de créer une séparation entre la vie personnelle et l’entreprise, et de pratiquer un certain détachement pour atteindre un meilleur équilibre. Ce n’est pas toujours possible, bien entendu, mais c’est un idéal à atteindre, selon moi.»


À ne pas manquer la semaine prochaine:

Frédéric René, co-fondateur de Likisoft, nous parle de somatisation: comment son corps trahit parfois son état d’esprit et le fait mentir sur sa capacité à toujours bien gérer son stress!

Donc, c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice du blogue  

Dossier auto-promotion : avoir le sens du punch et les réflexes de publier

L’auto-promotion revêt une couleur particulière selon, entre autres, la personnalité des entrepreneurs. Pour certains, l’auto-promotion représente plutôt un mal nécessaire, un exercice obligatoire, alors que pour d’autres, c’est l’opportunité de briller, d’étendre ses horizons et… la portée de son micro! C’est le cas d’Isabelle Moïse, consultante à son compte depuis 1 an. On aborde ensemble la question du branding personnel à travers son utilisation massive des réseaux sociaux et les réflexes communicationnels qu’ils sous-entendent pour y être remarqué.    


Des réseaux et des perceptions

Isabelle Moïse a les communications dans le sang. Enfant, elle jouait même à la journaliste, interviewait ses voisins, écrivait ses « articles » pour ensuite « publier » à ses amis ses textes copiés à la main. Il y a belle lurette qu’elle a adopté les réseaux sociaux et ils sont devenus, depuis, pratiquement des extensions d’elle-même, des plateformes désormais presque vitales pour s’exprimer.

Isabelle s’active depuis longtemps sur LinkedIn via des groupes de discussion, sur Facebook (page personnelle et page d’entreprise) et, par-dessus tout, sur Twitter, où elle tweete plusieurs fois par jour, autant sur les sujets qui la passionnent personnellement (la politique, les arts et la culture, la santé et le cinéma) que sur les sujets qui passionnent ses clients et ses abonnés (les sujets se recoupant, par la force des choses).

Isabelle Moïse

Isabelle Moïse

Pour elle, LinkedIn n’est pas un outil convivial pour échanger. C’est encore comme un « gros annuaire ». Malgré le fait qu’elle fasse partie de plusieurs groupes de discussions, elle se sert de cette plateforme surtout pour afficher son background, ses recommandations de compétences et pour créer des contacts. Elle n’y commente pas l’actualité et se contente, jusqu’ici, de partager des articles et des liens.

En revanche, pour ce qui est de Facebook, elle utilise la plateforme quotidiennement pour connecter avec ses abonnés et amis proches. Sur Facebook, elle a l’habitude de partager ses impressions, son opinion, les articles qui l’ont touchée. Cela dit, elle reste toujours de bon ton voulant beaucoup plus faire réfléchir ses lecteurs que les faire réagir. C’est également pour elle l’occasion de témoigner son intérêt envers leurs activités, de s’intéresser à son réseau amical, comme on le faisait, dans le « bon vieux temps », téléphone à la main.

Les abonnés à sa page Facebook d’entreprise sont d’ailleurs des amis relativement proches également. Sa page d’entreprise n’a pas encore généré un bassin d’abonnés reliés véritablement à ses activités d’affaires. Sa communauté est pratiquement la même que sur sa page personnelle, juste moins imposante. Elle envisage toutefois une recrudescence d’abonnés lorsque son site web sera en ligne.  Aussi, Isabelle l’admet:

« Facebook compense présentement pour l’absence de mon site web qui comprendra éventuellement un volet blogue. C’est la plateforme la plus accessible et permissive pour élaborer, étoffer et nuancer mes propos, quelqu’en soit le sujet, puisqu’on n’est pas limité dans le nombre de caractères, entre autres.»

Par ailleurs, Twitter a pris une ampleur inespérée pour Isabelle, particulièrement depuis qu’elle l’utilise systématiquement pour suivre et commenter les grands événements médiatisés. Les campagnes électorales tant locales qu’internationales, les débats médiatiques, les soirées culturelles comme les Jutra, les manifestations diverses et tutti quanti, Isabelle est de ceux qui bouffent du hashtag au petit-déjeuner tout en lisant les actualités. 

« Pour moi, Twitter, c’est LA plateforme pour suivre les tendances, s’informer de l’actualité et des mouvements d’opinions, donner son avis, même rigoler et échanger avec des gens partout sur la planète avec qui je n’aurais peut-être jamais pu échanger en d’autre temps et lieu. La démocratisation des relations permises par cet outil est extraordinaire, on sent vraiment qu’on fait partie du village global. Pour établir son branding personnel lié aux activités d’affaires, c’est vraiment efficace », argumente-t-elle.

Avoir le sens du punch et les réflexes de « publier »

En quelques mois à peine, Isabelle intéresse déjà plus de 1200 abonnés sur Twitter.

« Moindrement qu’on a le sens du punch, de la formule efficace et qu’on sait synthétiser notre pensée, on peut intéresser les gens et se bâtir rapidement une réputation, afficher nos valeurs, nos positions et attirer une communauté intéressante et intéressée. Je n’hésite pas à me mouiller, être plus affirmée que sur Facebook. C’est dans ma nature de toute façon: j’ai toujours été assez engagée, politisée, incisive », mentionne-t-elle.

Cette discipline peut être fastidieuse et rébarbative pour ceux qui ne manient peut-être pas les mots aisément.

« Pour ma part, j’adore écrire, depuis toujours et les communications, c’est mon métier. J’ai développé le réflexe de « contribuer » à Twitter, de publier en ligne, de me servir de mon téléphone pour réagir en toutes circonstances… », avance-t-elle.

Sortir de chez soi et avoir quelque chose à dire

Nouvellement célibataire, Isabelle s’explique sur la fréquence de ses publications dans les réseaux sociaux :

« Depuis que j’ai plus de temps pour moi, je sors plus. Je n’ai jamais été particulièrement casanière et je préfère quand ça bouge, être dans le feu de l’action. J’adore participer à des événements culturels, rencontrer des gens, participer à des conférences, suivre des formations,  garder le contact avec des clients ou amis. J’ai aussi plus de temps pour participer à des causes qui me rejoignent telles que Lueur d’espoir et Impulsion-Travail. Mes publications dans les réseaux sociaux se sont multipliées… J’ai plus de choses à raconter! »

Des sujets éparses et un branding de généraliste

Pas de stratégie de contenu dans les réseaux sociaux ni de calendrier de diffusion pour Isabelle Moïse! Les publications de ses billets se font de façon intuitive et spontanée. Comme dans la vie de tous les jours, les thèmes abordés par Isabelle sont aussi variés que ses intérêts. Cette « diversité de contenu » peut sous-entendre en contrepartie qu’elle n’a pas d’abonnés très nichés.  Elle se qualifie elle-même de généraliste. Des abonnés de tout acabit et de tout horizon la suivent.

Certains abonnés qui la suivent pour un sujet précis abordé dans le passé pourraient parfois penser qu’elle n’est pas focalisée, tweetant autant sur la politique que sur le cinéma, à titre d’exemple. Mais Isabelle endosse totalement cette perception, car justement elle souhaite tabler sur la diversité de ses intérêts.

« Je suis contente de mon image, de ma e-réputation. Elle est représentative de qui je suis, personnellement et professionnellement. Mes pages de profil, quels qu’en soient les réseaux, sont de belles cartes de visites. Je crois que j’ai atteint un bel équilibre présentement par rapport au temps que j’y investis et aux retombées de ces efforts sur mon image », confie-t-elle.


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Mon entrevue avec l’entrepreneure aux 1000 chapeaux et bonze des réseaux sociaux Kim Auclair.

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Nouvelle thématique: le spectre des émotions vécues lors d’un démarrage d’entreprise.
Les 3 entrepreneurs suivis dans le blogue Le Feu sacré en ont tous très long à raconter à ce sujet. Les entrevues dévoileront entre autres à quel point le fait de démarrer son entreprise peut nous confronter à nos limites psychologiques. A lire absolument!

Merci de nous suivre et merci pour vos commentaires!

Karina Brousseau, éditrice du blogue

PS: Vous aimeriez participer comme commentateur à l’occasion d’une thématique qui vous interpelle? N’hésitez pas à me contacter!

Auto-promotion en affaires: à quel point faut-il dévoiler notre background personnel?

Dans le cadre du dossier spécial sur l’auto-promotion en affaires du blogue Le feu sacré, j’interviewe des personnalités publiques et des jeunes entrepreneurs en démarrage d’entreprise. Cette semaine, je m’entretiens avec Frédéric René, co-fondateur des boutiques en ligne LikiSoft, une des startups de e-commerce les plus en vue au Québec.
Pour ce communicateur-né, l’auto-promotion est un exercice essentiel auquel il aimerait consacrer encore plus de temps. Je l’interroge aujourd’hui sur l’importance de son background personnel, de son look et de la gestion des perceptions négatives dans sa façon de s’auto-promouvoir. On aborde aussi la question du partage de visibilité avec son frère et co-fondateur Jean-François René ainsi qu’avec l’ensemble de son équipe.


Frédéric René

Frédéric René

Un background … personnel

Jusqu’à quel point notre background et nos expériences de vie extra-professionnelles intéressent nos partenaires ou clients?

Il est toujours étonnant de voir à quel point les conversations personnelles arrivent au second plan, en Amérique du Nord, lors de l’établissement de contacts, comparativement à lorsque les contacts s’établissent ailleurs dans le monde.

Père de trois enfants, bientôt quatre, grand voyageur, entrepreneur autodidacte, Frédéric est ricaneur de nature, quelqu’un de profondément curieux. Il s’intéresse aussi aux facettes de l’Humain, ses sensibilités, ses travers et ses possibilités spirituelles. Les sujets de discussion ne manquent pas avec lui. Cependant, ce ne sont pas ces aspects de sa personnalité qu’il choisit de mettre de l’avant dans son auto-promotion.

Frédéric le reconnaît: il a peu tablé ou mis en valeur ses expériences passées datant d’avant son démarrage en affaires et a peu entremêlé sa vie privée avec sa vie professionnelle jusqu’à présent. Non seulement ressent-il peu le besoin de parler de lui sur une base générale, mais il vit même une certaine pudeur, lorsque les propos deviennent plus personnels, dans un contexte d’affaires.

« J’ai toujours eu l’impression que ce qui intéresse mes relations et mes pairs, c’est les affaires. Que j’aie fait du théâtre, que j’aie voyagé pendant des mois sur les cinq continents ou que j’aie écrit un livre (un carnet magnifique de récits de voyages en Asie, avec photos – voir Le petit gitan frisé), n’est pas important. J’ai l’impression que les gens s’en foutent, dans mon réseau professionnel! » clame Frédéric, résilient.

Retenue, crédibilité et look de l’emploi

Quand on rencontre Frédéric, ce qui frappe le plus est sans contredit son flegme imperturbable. Dynamique mais réservé, tout en contrôle, il apparaît comme quelqu’un de posé, en qui on peut avoir confiance. Comme une figure paternelle, comme un bon professeur (celui qu’il a d’ailleurs été pendant des années, alors qu’il enseignait la physiothérapie à l’Université d’Ottawa).

Par ailleurs, quand on le questionne sur son image de lui-même et ses faiblesses, il avoue se sentir à l’occasion victime de préjugés négatifs, liés à son apparence, son look très jeune.

« Malgré le fait que j’en sois à ma troisième entreprise, les gens ont souvent une première impression d’inexpérience. La maturité de mon discours les surprend toujours énormément », dit-il en riant!

« C’est peut-être pour cela que j’évite les familiarités et que je tente d’être toujours très sérieux. Je fais tout ce que je peux pour leur faire oublier ma « baby-face », pour être le plus rapidement crédible à leurs yeux. C’est vraiment une question de perception qui peut avoir un impact important dans le développement des négociations et des rapports de force, malgré nous », confie Frédéric.

Gérer les perceptions en période de mauvaise presse

L’expérience de sa précédente startup, Les enchères Bidou, a permis à Frédéric de prendre beaucoup d’expérience en termes de relations publiques et d’auto-promotion. 

« À l’époque, les sites d’enchères comme Bidou.ca étaient perçus comme une arnaque. Les gens avaient l’impression qu’on faisait beaucoup, beaucoup d’argent, que les enchères étaient truquées par des algorithmes; ils étaient déçus de n’avoir pu se procurer les objets convoités. On a même été contacté à des fins d’enquête par des émissions télé comme La facture. On n’a jamais fermé la porte aux journalistes: on n’avait rien à cacher. On leur a expliqué le fonctionnement et ça a permis d’atténuer les mauvaises impressions. Il a fallu qu’on mette de l’avant des clients satisfaits, qu’on gère la crise, car ça devenait insoutenable. Il en allait de notre réputation. Et même, au début de Liki, quand les gens nous questionnaient sur nos précédentes expériences d’affaires et qu’on parlait de Bidou, on appréhendait d’être mal perçus, que cela ait entaché notre image. Heureusement maintenant, les perceptions sont redevenues positives, les intervenants applaudissent le leg technologique qu’on a laissé avec Bidou et respectent beaucoup l’innovation dont on a fait preuve à l’époque », explique Frédéric.

Se positionner soi-même et positionner ses associés

Jean-François et Frédéric René sont à l’aube de présenter une conférence et à en assurer la promotion dans le cadre de divers événements. Cette conférence leur servira d’outil pour consolider leur image en tant qu’experts dans le domaine du commerce électronique et pour faire bien entendu connaître leur solution de boutiques en ligne.

À cause du rôle qu’il occupe chez LikiSoft et parce qu’il est un abile vulgarisateur, il est souvent en vedette dans les communications, en avant-plan auprès des clients et la personne-ressource pour les partenaires.

« Bizarrement, je me sens parfois davantage comme le « porte-parole de mon frère, Jean-François », co-fondateur, président, initiateur et concepteur de la plate-forme autour de laquelle s’articule notre startup LikiSoft. Même s’il est de mise de reconnaître mon apport à l’entreprise, il reste que c’est Jean-François et sa vision technologique de la solution qui font que Liki en est là où elle en est. C’est important pour moi d’en faire mention, chaque fois que je prends la parole au nom de l’entreprise. Je ne veux pas avoir l’air de prendre le crédit, de profiter seul d’une visibilité, d’une reconnaissance qui doit se partager avec toute l’équipe.»


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Isabelle Moïse, avide utilisatrice des réseaux sociaux, nous parle entre autres des réseaux sociaux qui la desservent le mieux pour son auto-promotion comme consultante en marketing événementiel et communications.

Entrevue exclusive: Kim Auclair, une entrepreneure qui sait utiliser le Web pour s’auto-promouvoir efficacement

Pour quiconque s’intéresse à l’entrepreneuriat et détient un compte Twitter, Kim Auclair se passe de présentation, avec près de 65 000 tweets à son actif et plus de 21 000 abonnés à son fil Twitter. Blogueuse prolifique, entrepreneure qui a su se démarquer avec l’utilisation du Web, conférencière en demande, c’est avec générosité, qu’elle a accepté mon invitation à parler d’auto-promotion en affaires, le thème du mois,  sur le blogue Le feu sacré.


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Kim Auclair

Très active depuis plus de 10 ans sur le web, Kim Auclair est reconnue au Québec comme une des pionnières de l’animation de communautés en ligne dans le monde des affaires. Elle fait, entre autres, de la création de contenus pour les moyennes et grandes entreprises et fait profiter de son expertise en affaires à ses abonnés sur son blogue personnel. Elle donne aussi des conférences et formations pour aider les entrepreneurs à mieux utiliser le Web pour se démarquer dans leur secteur d’activité.

Une stratégie multi chapeaux et multi canaux!

Maximiser sa visibilité, telle est sa devise. Avec la multitude d’informations disponibles sur le web, sortir du lot n’est pas une sinécure. Que ce soit dans les locaux de formation, sur la scène en conférence, sur le web pour le compte de ses clients ou pour elle-même via son blogue, toutes les occasions sont bonnes pour tisser sa toile et étoffer son réseau.

De surcroît, les « apparitions » publiques ou numériques sont entre elles des leviers de promotion stratégiques.

Ses publications sur tous les réseaux sociaux tels que Facebook, LinkedIn, Twitter, Youtube, Google +, etc. lui amènent des milliers de fans (des « followers », des lecteurs, …) qui ne tarissent pas d’éloges, publiquement, à son égard, partagent ses contenus et interagissent avec elle.

La taille de sa propre communauté ou de celles qu’elle a bâties jusqu’ici (par exemple la communauté Mac Québec qui est toujours en popularité croissante avec maintenant plus de 600 000 visiteurs par an) témoignent de son expertise et lui font nécessairement une carte de visite exceptionnelle quand vient le temps de vendre ses services comme gestionnaire de communautés pour sa boîte-conseils Niviti.

Aussi, les commentaires et interactions en ligne avec les différentes communautés créées la nourrissent certainement sur les éléments d’intérêt quand vient le temps de créer des formations ciblées pour les différentes clientèles ou concevoir des conférences.

Les prestations ainsi très adaptées aux besoins ne peuvent que se vendre encore mieux et se promouvoir, par le fait même, via un réseau élargi et engagé!

Force est d’admettre, c’est l’oeuf et la poule, comme on dit.

Se faire respecter, monétiser son travail et gagner en crédibilité

Malgré ce qu’on peut penser en constatant la portée et la fréquence de ses interventions en ligne, c’est relativement récent qu’elle récolte davantage le fruit de son travail.

Elle l’admet humblement: « Ce n’est que depuis environ 2 ans et demi que je peux dire que je vis bien de mes activités.  Et, ce sont mes articles et les formations qui représentent la plus grosse part de mes revenus. C’est à partir du moment où j’ai commencé à dire « non » à des participations bénévoles, ou à écrire pour d’autres qui visaient à se servir de moi pour augmenter leur visibilité, que j’ai senti qu’on m’octroyait plus de crédibilité, et qu’on accordait plus de respect à mon travail. Comme si le fait de donner du temps (particulièrement en période de démarrage, alors qu’on est plus insécure) le dévaluait, justement. J’aurais aimé comprendre ceci et le mettre en pratique plus rapidement dans mon parcours, c’est certain… C’est le métier qui rentrait! »

Différents types d’approche en ligne: le respect de son créneau

Kim constate la variété des possibilités d’approche en ligne. Maintenant que sa réputation est établie, Kim prend de plus en plus conscience qu’elle touche les gens. Elle ne sent pas pour autant que ça lui donne du pouvoir ou un aval particulier, mais ce qu’elle écrit a tout de même un impact. Ça devient donc de plus en plus délicat de donner son opinion. Elle ne le fait donc que sur des sujets qu’elle maîtrise totalement et qui touchent le support des entrepreneurs dans l’optimisation du web comme outil de développement des affaires.

« Je ne suis pas là pour brasser la cage, confronter les gens, provoquer, semer la controverse, ce n’est pas mon style. Rester intègre m’a toujours payée en ce sens. » nuance-t-elle.

Elle ajoute: « Bien sûr, les motivations pour écrire sont très variées selon les blogueurs. Il y a des blogueurs qui sont plus à l’aise que d’autres pour parler de leur vie privée. Ce n’est pas mon cas… Quand j’étais plus jeune, il m’est arrivé à l’occasion de dévoiler des choses plus personnelles, mais ça m’a joué des tours. L’expérience m’a appris que cela peut nuire à notre crédibilité. Désormais, je pige mes anecdotes dans ma vie professionnelle uniquement, et je m’assure que je suis en mesure de débattre et défendre ce que j’avance, si les internautes me « challengent » sur le sujet de mes articles.  Il faut respecter son créneau aussi et rester  focalisé. Ne pas trop s’éparpiller dans les sujets abordés pour le compte d’une communauté. Par exemple, je ne parlerais pas de mode ou de décoration.».

Son mojo: afficher sa personnalité en parlant de ce qu’on connaît bien!

C’est le fait d’avoir été fidèle à sa ligne éditoriale bien personnelle, et d’avoir tablé sur sa « valeur ajoutée », soit l’intégration, dans ses articles, d’exemples réels puisés de son expérience entrepreneuriale, qui lui a permis de bâtir un auditoire aussi imposant.

Elle explique: « Pour moi, il est clair que l’application seule d’une stratégie de mots clés pour augmenter son trafic est insuffisante. Bien sûr, les tactiques de référencement sont essentielles (titres punchés, utilisation de mots clés populaires, hiérarchie et priorité des éléments du texte publié, etc.), mais si on ne se fie qu’à ça pour créer ses contenus, on tombe rapidement dans des articles trop techniques, pour lesquels le lecteur aura un sentiment de « déjà lu ». Pour éviter que cela ne se produise, il faut se distinguer. On gagne à afficher sa personnalité qui fait aussi partie de notre « valeur ajoutée » et donne une couleur authentique à ce qu’on publie. »

Le web, sans frontière…?

…si ce n’est que celle de la langue! Pour faire un travail de modération adéquat, pour répondre à questions de clients avec précision, traiter des commentaires déplacés, calmer des discussions houleuses ou même gérer des crises le cas échéant, il faut beaucoup de doigté et de nuances dans nos propos.

Le contact avec le client ou le lecteur affectera nécessairement sa perception de l’entreprise pour laquelle il a joint une communauté. La maîtrise parfaite de la langue est essentielle à l’exécution d’un travail de qualité. Il en va de l’image et de la crédibilité de la communauté en ligne, de l’entreprise.

« La seule raison pour laquelle je n’ai pas encore déployé d’efforts particuliers pour la promotion de mes services à l’étranger, c’est que je ne maîtrise pas l’anglais à mon goût pour l’instant. Un jour… » dit-elle.

Mentorat et partage d’expertise: pay it forward!

Diplômée du Cégep de Rivière-du-Loup en graphisme, elle s’intéresse particulièrement aux arts et aux ordinateurs. Par contre, quand elle arrive sur le marché du travail, les emplois intéressants se font rares. Heureusement, elle rencontre un « cybermentor » qui lui fait découvrir les différentes facettes du métier d’infographiste. Elle réalise aussi qu’elle avait des atouts d’entrepreneure et décide de se lancer le plus rapidement possible en affaires.

Son mentor de l’époque a été déterminant dans son cheminement de carrière. Reconnaissante, elle a à coeur d’aider à son tour les jeunes entrepreneurs. Généreuse de conseils, elle n’hésite jamais à supporter les gens qui osent et qui foncent.

D’ailleurs en terminant, à cet effet, elle avance un conseil aux entrepreneurs suivis dans le blogue Le feu sacré, valide pour tous les entrepreneurs en démarrage également:

« Montrez l’exemple avant tout. Votre passion pour votre métier / travail doit être mise de l’avant sur le Web que ce soit par une baladodiffusion, des vidéos, des articles, des images, etc. »


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Mon entrevue avec l’auteure, animatrice et blogueuse Sophie Bérubé. Pour elle, la proximité avec les membres de ses différentes communautés web est un élément clé dans le succès de son auto-promotion et le maintien de son employabilité dans le milieu compétitif des médias.

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Les mécanismes d’autopromotion selon Frédéric René, co-fondateur de LikiSoft, une jeune startup de commerce électronique bien en vue au Québec. 

Karina Brousseau, éditrice du blogue Le feu sacré