Mentorat: développer son savoir-être entrepreneurial

Le blogue Le feu sacré se consacre, tout au long du mois de juin, au mentorat et au coaching d’affaires en démarrage d’entreprise. Les 3 entrepreneurs suivis dans ce blogue se confient sur le type de support extérieur dont ils profitent pour les aider dans leurs démarches en affaires. Cette semaine, je m’entretiens avec Andry Lant Rakoto, jeune entrepreneure d’origine malgache et CEO des produits fins Marclan. Elle en est encore à sa première année de démarrage d’entreprise. Elle vient d’effectuer un pivot majeur dans la stratégie de son développement des affaires en prenant un virage B2B et en offrant aux professionnels du secteur alimentaire québécois et canadien ses produits de chocolat, vanille et épices fines de Madagascar. J’aborde avec elle le rôle important que joue son mentor d’affaires dans le succès de ce virage à 90 degrés.


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Au Québec depuis moins de 5 ans, Andry Lant Rakoto n’a pas perdu de temps pour s’intégrer chez nous et se lancer en affaires. En plus de mettre les bouchées doubles dans la mise en oeuvre de son projet, elle a su se bâtir un réseau enviable dans les différentes communautés liées à ses activités. Parmi la multitude de ressources offertes dans le milieu entrepreneurial (coaching technique, coaching de vie personnelle et professionnelle, consultants, conseillers, mentorat), c’est vers le mentorat d’affaires qu’elle a toujours penché. Coach d’affaires elle-même au Centre d’Entrepreneurship HEC-POLY-UdeM, elle connaît bien l’importance de développer son « savoir-être » entrepreneurial avec un mentor, qu’elle estime crucial pour réussir dans les premières années de vie d’entrepreneur.

Tout vient à point à qui sait attendre

La rencontre d’un mentor d’affaires avec qui ça clique est un véritable cadeau. Grâce au REPAF (le Réseau des entrepreneurs et professionnels africains), elle profite maintenant d’une aide précieuse de son mentor attitréLe timing de cette rencontre ne pouvait pas être plus parfait.

« J’ai eu le bonheur de pouvoir compter sur un mentor spécialisé en développement des affaires, au moment-même où je changeais ma stratégie de mise en marché. Je venais tout juste de m’inscrire au SIAL Canada, un des plus gros salons alimentaires du pays, où tous les exposants et les participants sont issus du secteur agroalimentaire. Il m’a aidé à penser à tout en me posant les bonnes questions et a sanctionné plusieurs de mes intuitions et analyses. Il ne m’a jamais dit quoi faire; il m’a permis d’approfondir mes réflexions. Je suis arrivée au SIAL en plein possession de mes moyens, confiante et préparée à pouvoir livrer mes services peu importe la quantité de commandes générées suite au congrès. Depuis, on apprend à se connaître, on découvre nos affinités, la confiance grandit. Sans mon mentor, la transition vers ce nouveau marché serait beaucoup plus ardue… », explique Andry.

La relation « mentor-mentoré »

Voilà déjà 2 mois qu’Andry est mentorée. Elle est très satisfaite jusqu’à présent et le programme répond en tous points à ses attentes. Les facteurs primordiaux de succès sont respectés:

« Les mentors d’affaires se doivent d’être expérimentés dans leur secteur, impartiaux et bénévoles. Il y a un code d’éthique à respecter dans n’importe quel programme de mentorat. Les échanges doivent aussi rester confidentiels et il ne doit y avoir aucun risque de conflits d’intérêts entre le mentor et le mentoré. Ensuite, la qualité de la relation est beaucoup liée au respect mutuel qui s’installe. Les mentorés doivent faire leurs devoirs en amont pour maximiser le temps précieux dont ils disposent avec leur mentor. Établir des objectifs clairs avant chacune des rencontres est essentiel et les exprimer clairement l’est tout autant! Par exemple, je prépare toujours mes documents à l’avance et arrive systématiquement aux entretiens avec un ordre du jour», précise-t-elle.

Une relation mentor-mentoré, comme n’importe quelle relation, se bâtit et se bonifie avec le temps. Après la période d’observation mutuelle des débuts, la confiance s’établit, les personnalités se révèlent. Un langage commun et une complicité s’installent. Le mentor gagne de plus en plus en crédibilité en partageant ses expériences concrètes et peut de mieux en mieux anticiper les impacts des décisions de son mentoré. Il fait preuve de doigté selon la sensibilité du mentoré à la critique.

Objectif: savoir-être entrepreneurial

Pour sa part, au fil de la relation mentor-mentoré, le mentoré devient de plus en plus transparent dans le dévoilement de ses visions pour son entreprise et il précise davantage le détail de son modèle d’affaires. Il est aussi plus expressif quant à ses états d’âmes.

« Plus les deux sont à l’aise, plus les effets sont palpables. Etre en « représentation », cacher ou maquiller des éléments à son mentor ne mène nulle part! Il est évident que même si la relation porte a priori sur les affaires, les spectres social et émotif entrent souvent dans l’équation et contribuent à notre niveau d’énergie dans notre entreprise. Il faut donc pouvoir en parler librement si nécessaire avec notre mentor, tout en mettant des limites. Aussi, il faut comprendre que l’aide à la prise à la décision, la gestion du temps, la gestion du stress, démêler les priorités, c’est bien beau en théorie, mais en pratique c’est une autre paire de manches! Mon mentor m’aide à évaluer toutes les avenues possibles, grâce à son expérience, et surtout, m’aide à développer un savoir-être et à adopter des comportements facilitant la prise de décision et à gérer les imprévus en affaires », explique Andry.


Vous pourriez aussi aimer:

La dictature du bonheur en affaires: Mon entrevue avec Marie-Claude Élie-Morin, journaliste et auteur du livre La dictature du bonheur. Elle nous donne de son point de vue face aux coachs de vie et l’approche parfois utopique de certains gourous de la croissance personnelle et professionnelle ou encore, celle des « motivateurs ». Une mise en garde avisée pour les jeunes entrepreneurs en quête de support.

À ne pas manquer la semaine prochaine:

Frédéric René, de LikiSoft, nous parle de l’apport de son mentor. Il joue présentement un rôle primordial à l’heure où il passe de la phase d’introduction de son entreprise à la phase de croissance. On aborde aussi l’état d’esprit essentiel dans lequel être pour bien profiter d’une relation de mentorat, selon son expérience.

Donc, c’est un rendez-vous!

Karina Brousseau, éditrice

2015: Pas de résolution, et puis après?!

Croyez-vous en l’astrologie? Moi non, mais ça m’amuse beaucoup.

Et, force est d’admettre que pour Isabelle Moïse, consultante à son compte depuis exactement 14 mois, les prédictions de l’horoscope chinois tombent pile!

« Côté professionnel, l’année du Cheval (2014) vous a stabilisée et les résultats sont rassurants. Vous démarrez donc d’un très bon pied cette année de la Chèvre, chèvre qui s’assume et s’émancipe à la fois. » (tiré du site du magazine Marie-Claire

Bilan 2014

Comme le prédisaient les astres, l’année 2014 a effectivement été pour Isabelle une année de stabilisation.

Lorsqu’elle s’est officiellement lancée en affaires en novembre 2013, elle repartait littéralement à zéro dans toutes les facettes de sa vie. Et, quand on vient de « naître », on observe, on y va parfois à tâtons, c’est un apprentissage.

Franchement, elle confie: « … compte tenu des circonstances, je n’avais pas au départ de très grandes ambitions pour ma première année à mon compte. Je ne me mettais pas de pression pour l’atteinte d’un chiffre d’affaires particulier. J’y allais humblement, en « mode éponge ». J’voulais semer des graines, me positionner, faire des contrats en quantité suffisante pour en vivre, mais surtout valider que j’allais vraiment aimer ça, travailler à mon compte! Parce que la théorie, et le terrain, c’est deux mondes! »

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Une expérience grisante

Le constat, au terme de ces derniers mois en activité, est qu’elle ne regrette pas d’être partie à son compte et elle a réalisé les objectifs qu’elle s’était fixés. Elle a su dompter (en partie du moins!) ses appréhensions et son anxiété rattachée à l’arrivée constante de nouveaux contrats. Elle apprécie la liberté que lui a offert cette année d’autonomie.

« Le challenge intellectuel, le fait d’être constamment sur le qui-vive, de définir ta propre éthique de travail, de décider des tangentes empruntées et d’être le maître-d’oeuvre de A à Z, ça apporte beaucoup de pression, certes, mais aussi un très grand sentiment d’accomplissement, de fierté. C’est très grisant, et ça m’a sortie du confort parfois ressenti en entreprise, à certains stades d’ancienneté. C’est une aventure très enrichissante au plan personnel, vraiment!»

Bien sûr, le niveau d’énergie aura beaucoup fluctué au cours de cette année de baptême d’affaires, mais ça l’aura obligée à pratiquer le « lâcher-prise », à devenir plus résiliante. À faire (de plus en plus…) confiance. Et surtout, à exercer sa patience!

Un engagement lié à nos priorités de vie

Elle l’avoue: « Je n’en suis pas encore à l’expansion de mon entreprise: je suis toujours en phase d’observation. Je prends le temps de bien faire les choses. J’ai encore quelques incertitudes à clarifier. J’n’ai pas de doute quant à mes capacités à mener ma barque, mais plutôt certaines interrogations liées au stade où j’en suis dans ma vie personnelle. Etre à son compte demande énormément d’énergie, exige de travailler de longues heures qui grugent nécessairement beaucoup de temps sur notre vie personnelle. La question des priorités de vie, en général, me fait réfléchir. »

En affaires comme en amour…

Un des constats cette année, c’est qu’une série de similitudes peuvent être établies entre l’apprentissage du travail autonome et le célibat.

Dans les deux cas, on s’affranchit du regard de l’autre (du conjoint ou de l’équipe).

On ne doit plus dépendre « d’approbation » dans sa prise de décisions pour avancer, on doit faire ses choix par soi-même, s’assumer en pleine confiance. Autrement dit, on doit se ré-approprier sa liberté et devenir autonome, au sens propre comme au sens figuré.

Et la plus belle leçon qu’Isabelle aura tirée cette année: l’importance d’assumer son indépendance et se faire confiance!

Qu’est-ce qui se trame en 2015?

Pas de résolution particulière en 2015 pour Isabelle, mais des projets plein la tête!

C’est avec passion qu’elle s’attaque entre autres aujourd’hui à l’organisation du 6e congrès mondial du SIDIIEF (qui a lieu tous les 3 ans). Plus de 1500 infirmières de la francophonie mondiale et autres professionnels de la santé seront à Montréal pour des panels, des formations et conférences diverses portant sur la prévention des maladies chroniques et les défis y étant rattachés. Un mandat à haute visibilité pour elle et dont elle « accouchera » avec l’équipe du SIDIIEF cet été. À surveiller!

Sinon en 2015, Isabelle envisage l’établissement d’un éventuel partenariat avec un autre organisateur d’événements. « Un partage des tâches serait bénéfique et permettrait d’opérer un réel développement des affaires. Ce serait aussi plus stimulant de travailler en équipe, facette qui me manque beaucoup actuellement. » mentionne-t-elle.

L’élargissement de son réseau fera, comme toujours, l’objet d’une attention particulière et elle poursuivra son implication bénévole comme présidente du comité Lueur d’Espoir, de la Fondation CHU Sainte-Justine. De plus, elle vient d’être élue au conseil d’administration de l’organisme Impulsion-Travail. Un nouveau défi intéressant pour elle!

Elle prévoit ajouter également une certification PMP du PMI à son curriculum vitae.

Sondage de la semaine:

À suivre mardi la semaine prochaine:

Exclusif: 13 « rockstars du milieu des affaires » à Montréal se prononceront sur les résolutions trop souvent négligées par les entrepreneurs en démarrage!

Blogueurs émérites, entrepreneurs à succès, coachs et mentors ont répondu à l’invitation que je leur ai lancée. Leurs commentaires concluront avec pertinence notre thématique de janvier!

Donc, à la semaine prochaine!

Karina Brousseau, éditrice du blogue