Une culture de l’excellence est-elle nécessaire à la prospérité du Québec?

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Au bout de notre art

La question de la culture de l’excellence me vient à l’esprit suite au visionnement de l’excellent film américain Whiplash, dans lequel un jeune étudiant virtuose, un batteur jazz, est poussé psychologiquement, et même physiquement, au bout de son art par un professeur de musique renommé, à la fois tyrannique et manipulateur. Le musicien met tout en oeuvre pour se démarquer du reste des étudiants. Il laisse même tomber sa copine pour être certain de se concentrer sur l’atteinte de son but: devenir le prochain Buddy Rich, l’un des plus grands batteurs au monde, toutes catégories musicales confondues.

 

Deux concepts principaux sont abordés par le réalisateur: l’abus de pouvoir par la figure d’autorité, bien sûr, mais surtout, l’ambition et l’excellence, le dépassement de soi pour s’illustrer et réussir à vivre de son art.

Devenir les « plus » prospères

Je me suis demandé, à l’instar du personnage principal du film, si l’idée de devenir « les plus prospères » pouvait ou devrait nous habiter, collectivement?

  •             La « culture de l’excellence » ne serait-elle pas nécessaire à notre prospérité? Est-elle suffisamment présente, suffisamment véhiculée via les institutions d’enseignement ou via l’ensemble de toutes les institutions porteuses de valeurs communes au Québec? 
  •             Qu’est-ce qui affecte le niveau d’intérêt que l’on porte à cette valeur ou qui en ralentit la propagation?
  •             Est-ce maladroit ou non de dresser un parallèle entre l’ambition et la recherche de l’excellence sur le plan individuel avec l’atteinte d’une prospérité collective maximale?
  •             Est-ce que l’excellence est actuellement considérée un luxe au plan sociétal ?
  •             Quels sont, en 2016, les meilleurs modèles de sociétés, ceux qui équilibrent le mieux leurs ressources ou ceux qui excellent dans le plus grand nombre de secteurs?
  •             Ces visions nobles sur l’excellence, si elles nous définissent, sont-elles transmises à tous les groupes composant la société? Sont-elles maximisées par toutes les communautés? Font-elles consensus ?

Prospérité et immigration

Pour ma part, une chose m’apparaît évidente : l’accroissement de la prospérité du Québec passe nécessairement par l’adhésion du plus grand nombre de Québécois à l’idée d’exceller, de se dépasser à la fois sur le plan collectif et non seulement sur le plan individuel.

Par conséquent, il est urgent d’exceller dans notre façon d’inclure l’apport des communautés immigrantes dans nos efforts de prospérité collective. En effet,

 « (…) parmi les personnes immigrantes admises au Québec de 2003 à 2012, seulement 75,7 % étaient encore établies au Québec en 2014 et ce taux atteint 30,1 % dans la catégorie des gens d’affaires[1]. »

Le taux de chômage élevé chez les immigrants, la faiblesse du taux de rétention des immigrants, les complications liées à la reconnaissance de compétences et à l’équivalence des diplômes des immigrants ainsi que leur intégration aux ordres professionnels ne sont pas étrangers à ces chiffres désolants.

L’entrepreneuriat, la productivité, la création de richesse et le développement durable sont les conditions nécessaires à l’accroissement du niveau de vie de l’ensemble de la population. (Source: https://www.cpq.qc.ca/wp-content/uploads/2015/01/memoire290115b.pdf)

En ce sens, le support accru des initiatives entrepreneuriales des immigrants est nécessaire.

Il faut les aider davantage à forger leur réseau de contacts, à briser leur isolement, à les supporter dans leur apprentissage des codes et dynamiques des relations d’affaires, des valeurs particulières des marchés locaux qu’ils investiront.  Il faut conjuguer nos efforts plus concrètement pour maximiser nos chances d’atteindre de nouveaux sommets d’excellence en terme de prospérité collective.

Et vous, qu’en pensez-vous?

Beaucoup de questions pourraient s’ajouter à cette liste et beaucoup de réponses seraient évidemment valides et discutables pour chacune d’entre elles. J’ai hâte de vous lire… ; )

Karina Brousseau

 

[1] Gouvernement du Québec. Recueil de statistiques sur l’immigration et la diversité au Québec. 2014.

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